Faut vraiment qu’on se reparle de Juraj Slafkovsky

Jean-Charles Lajoie
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Suivant quelques réactions vindicatives à la suite du Billet de saison d’hier, ce soir il faut à nouveau qu’on parle de Juraj Slafkovsky. En partant, jamais je n’ai soutenu que Slaf pouvait devenir un «bust» ou un «flop», pas plus que je n’ai soutenu que c’était un mauvais choix de Kent Hughes et Jeff Gorton au tout premier échelon du repêchage en 2022.
Lorsque j’avançais hier que sa sélection ne faisait pas l’unanimité, fallait être présent dans le Centre Bell pour le constater le soir du repêchage. Les murmures résonnaient de partout...
C’est vrai, toutefois, que certaines listes le plaçaient au premier échelon et que Mathias Brunet, qui est mon ami, scandait que le CH allait choisir Slafkovsky. C’est aussi vrai que ces commentaires et autres prédictions suivaient le fameux long voyage de Kent Hughes et Jeff Gorton, partis épier principalement Slafkovsky pendant près d’un mois en Europe au printemps 2022. Mathias a eu du flair et il est renseigné.
Cela dit, sur le fond je me répète, mais Slafkovsky est une sélection qui se défend très bien, il n’est pas un «flop». Il aura une belle carrière et je l’aime beaucoup. Si ceux qui ont passé la soirée à me ramasser sur les réseaux sociaux au lieu de savourer un grand match du CH et de Patrik Laine avaient fait l’effort de lire mon texte à ce sujet, ils l’auraient su. Évidemment, c’est plus facile de juste déverser sa rage sur mon dos en disant des âneries non vérifiées.
Maintenant, je veux revenir sur le fond de la question, qui lui ne concerne même pas Juraj Slafkovsky. Il y a deux philosophies distinctes lors du repêchage amateur : sélectionner en fonction des besoins d’une organisation ou prendre le meilleur joueur disponible, peu importe sa position.
Par exemple, si en 2022 le Canadien était arrivé au repêchage avec le tout premier choix et une ligne de centre en devenir parmi les meilleures de la Ligue nationale, mais que Connor McDavid avait été disponible à l’encan, y’a pas de débat, le CH prend McDavid et verra à échanger un de ses bons jeunes centres plus tard.
Hélas, ce n’était pas le cas en 2022. Non seulement il n’y avait pas de McDavid de disponible, mais en plus le CH arrivait à ce repêchage avec une ligne de centre dégarnie.
Mon point se précise ici. Si le Canadien n’acquiert pas Kirby Dach dans une transaction avec Chicago, compte tenu de l’absence de joueur générationnel parmi les disponibilités à réclamer, est-ce que Montréal jette son dévolu sur Logan Cooley afin de combler son besoin criant au centre?
La réponse à cette question est probablement oui, et plusieurs hommes de hockey consultés me disent qu’ils seraient allés en ce sens. Par contre, ici je vous demande de comprendre la nuance, ce que les mécréants spin doctors sur la toile ne veulent pas faire l’effort de comprendre. Ce que je vous raconte n’est absolument rien contre Juraj Slafkovsky, mais bien tout en faveur de l’organisation du Canadien et de ses besoins.
Ce qui amène la vraie question : est-ce que Hughes et Gorton ont mal évalué le potentiel de Kirby Dach? Pour mieux réfléchir à cette question, pourquoi est-ce que les Blackhawks de Chicago ont démissionné sur un Dach de seulement 21 ans, en pleine reconstruction?
Maintenant, si les ténors du CH vont chercher Dach en pensant régler leur problème au centre du deuxième trio, alors ils ont bien fait de réclamer Slafkovsky. Sauf que la faillite de Dach, du moins à ce jour, les fait mal paraître, ça et la sélection de David Reinbacher à la place de Matvei Michkov. Imaginez un peu le top 6 du Canadien l’automne prochain : Suzuki-Caufield-Demidov ainsi que Cooley-Laine-Michkov.
Encore là, rien contre Slafkovsky, je me permets d’insister à nouveau. Tout à voir avec des décisions d’organisation basées sur son plan et des évaluations par le personnel en place.
Espérant avoir remis le tout dans un ordre plus compréhensible. Vous aimez Juraj, j’aime Juraj itou. Je veux voir la suite fascinante qui se profile et pour la voir il doit montrer de la régularité. Pour moi, la guigne de la deuxième année ne peut pas se transformer en guigne de la troisième année.