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Faudrait y aller mollo avec le respect dans le hockey, on n’est pas rendu là

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Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2024-05-20T16:00:00Z

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Brad Marchand l’a dit avec justesse. En série, une partie du jeu, c’est de blesser les joueurs adverses. Mais si tu traites un joueur de poule mouillée, tu es suspendu cinq matchs.

Tu peux lui donner des coups de poing dans la face, tu auras cinq minutes de punition.

Tu peux lui casser ton bâton dans le dos avec un double échec devant le but. Même pas certain que tu seras puni.

Mais si tu le traites de poule mouillée, tu es suspendu cinq matchs.

Je vous explique. Cette suspension est survenue il y a une dizaine de jours dans la ligue junior de l’Ontario (OHL). Une ligue assez «tough» qui n’a pas sévi contre les bagarres, contrairement au hockey junior québécois.

Ça concerne l’attaquant de 19 ans Landon Sim. Il joue avec les Knights de London en séries.

Les informations viennent du chroniqueur de Hockey News, Ken Campbell, qui a écrit un long texte sur le sujet.

Menace

Blessé à l’épaule, Sim était tout de même de la formation le 3 mai pour le match numéro cinq de la demi-finale de la ligue. Un adversaire est allé le voir et lui aurait dit qu’il allait lui «briser l’épaule».

Et Sim lui aurait répondu qu’il n’allait jamais réussir à faire ça. Qu’il était trop «pussy» pour le faire. Autrement dit: une poule mouillée, une mauviette, une fiotte, une fillette, un trouillard, un peureux. Un arbitre a entendu ça et boum.

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La ligue a décidé que ça valait cinq matchs de suspension en lien avec sa (prenez une grande respiration) politique de protection et prévention d’abus, d’intimidation et de harcèlement de son code de conduite.

Bien oui! Une ligue où on peut se casser la gueule à coups de poing a une politique avec un nom aussi long que ça pour avoir l’air d’être aussi angélique qu’Amnesty International.

Et aucune contestation de cette suspension n’est possible. Le joueur ne peut pas non plus se faire entendre auprès de la ligue. Et aucun rapport écrit n’a été produit pour justifier la décision. C’est ça et c’est tout.

Que c'est charmant

Je trouve tout ça à la fois hilarant et charmant.

Charmant, parce que c’est adorable de voir des dirigeants de hockey essayer de comprendre aussi malhabilement comment redorer publiquement l’image de leur sport qui a été mise à mal les dernières années.

Hilarant, parce qu’il n’y a aucune logique à suspendre un joueur cinq matchs pour ça, mais d’en suspendre un autre pour autant de matchs s’il essaie de tuer un adversaire en visant la tête avec son coude.

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

On s’entend, c’est un cas isolé dans la ligue junior de l’Ontario. Un tel commentaire n’aurait jamais été puni dans la LNH. Si on pouvait entendre tout ce que les joueurs se disent, le fameux code de conduite au nom trop long de la OHL prendrait une méchante débarque.

Si on veut dépolluer le hockey, le plus beau sport au monde, ce n’est pas en s’attaquant d’abord à ce genre de choses que ça va marcher. On n’est pas rendu là. On en est très loin, en fait. Notre culture du hockey n’est pas prête à gober ça.

C’est comme penser pouvoir essayer de guérir un cancer avec une Tylenol.

C’est comme jeter son recyclage dans la poubelle car on est trop lâche pour changer le sac, mais composter de temps en temps par bonne conscience environnementale.

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