Fajardo tombe de haut


Marc de Foy
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À pareille date l’an dernier, Cody Fajardo célébrait la conquête de la Coupe Grey avec ses coéquipiers des Alouettes. Il avait mérité aussi le titre de joueur le plus utile à son équipe de la rencontre.
Rien ne laissait présager qu’il serait dépouillé du rôle de quart attitré de l’équipe un an plus tard et pourtant...
Ça ne lui enlève pas ses exploits, mais le coup doit être difficile à encaisser.
Danny Maciocia lui a parlé mardi dernier.
«Il comprend la situation et les raisons pour lesquelles on a pris cette décision, dit le DG des Alouettes.
«Le plus important dans tout ça c’est de savoir qu’on va faire ce qui est le mieux pour Cody Fajardo dans les prochains jours et les prochaines semaines parce que j’ai énormément de respect pour lui.
«Je lui serai toujours reconnaissant et c’est la raison pour laquelle je vais tout faire pour l’aider.»
On comprendra que les Alouettes ne pourront se payer deux quarts venant avec de gros salaires. À cet égard, il était d’ailleurs important pour Maciocia de mettre sous contrat Alexander dans les plus brefs délais.
«Ça nous permet de savoir ce qu’il restera sur notre masse salariale pour embaucher les autres joueurs que nous aimerions garder avec nous.»
Maciocia est convaincu d’avoir pris la bonne décision
Davis Alexander est le nouvel homme de confiance des Alouettes au poste de quart attitré. L’athlète de 26 ans succède à Cody Fajardo qui, doit-on le rappeler, a mené l’équipe à une première conquête de la Coupe Grey en 13 ans l’an dernier. Ce n’est pas une mince décision. Mais à écouter Danny Maciocia, ça allait de soi.
Le directeur général des Alouettes s’est expliqué durant de longues minutes en point de presse, hier matin, dans les catacombes du Stade olympique. Et après avec les journalistes qui voulaient en savoir plus long.
Son raisonnement se veut plein de sens.
«Les quarts établis dans la Ligue canadienne sont tous dans la trentaine, m’a-t-il expliqué.
«Zach Collaros [Winnipeg] et Bo Levi Mitchell [Hamilton] auront 34 ans l’an prochain. Vernon Adams [ancien des Alouettes qui vient d’être échangé aux Stampeders de Calgary par les Lions de la Colombie-Britannique] aura bientôt 32 ans. Cody [Fajardo] aura 33 ans.
«Davis Alexander n’a que 26 ans [il est né le 20 octobre 1998]. Il est de sept ans le cadet de Cody.»
Patience récompensée
L’athlète originaire de Gig Harbor, dans l’État de Washington, a suivi un long cheminement pour arriver au poste de quart numéro un des Alouettes. Il s’est joint à l’organisation à titre de joueur autonome après que Maciocia eut vu des films de quelques-uns de ses matchs avec l’Université Portland State. Débarqué à Montréal en 2022, il a partagé sa première saison entre l’équipe de pratique et la formation régulière. Il était troisième quart derrière le vétéran Trevor Harris et Dominique Davis.
En 2023, il a été de la formation dans le rôle de troisième quart pour les 18 rencontres de la saison régulière. Caleb Evans et lui ont été utilisés lors du dernier match, rencontre au cours de laquelle il a complété huit passes de ses 13 passes tentées pour des gains de 89 verges.
Des débuts bien modestes.
Maciocia l’a pris sous son aile en lui prodiguant maints conseils et encouragements.
«Je lui ai parlé à quelques reprises, raconte Maciocia.
«Parfois, je déléguais un assistant-entraîneur pour qu’il ne voie pas toujours la même face. Je l’encourageais à persévérer. Il travaillait fort dans les entraînements, il n’a jamais lâché. Il mérite bien ce qui lui arrive aujourd’hui.
«On va voir ce que l’avenir lui réserve, mais on va bien l’entourer.»
Une deuxième Coupe Grey n’aurait rien changé
Le déclic s’est fait lors de la dernière saison lorsque Alexander s’est amené en relève de Caleb Evans, promu au poste de quart partant en l’absence de Fajado, qui soignait une blessure au muscle ischio-jambier.
L’effet avait été immédiat.
À l’occasion d’un match contre les Roughriders de la Saskatchewan au stade Percival-Molson, il avait transformé un déficit de 13 points à la demie en une victoire de 20 à 16. On n’a jamais revu Evans qui, comble de malchance, a subi plus tard une blessure qui a mis fin à sa saison.
Alexander a continué sur sa lancée jusqu’au retour au jeu de Fajado, qui est venu bien près de mener les Alouettes à une deuxième participation consécutive au match de la Coupe Grey.
Et si ç’avait été le cas?
Et si les Alouettes avaient encore gagné?
Davis Alexander serait-il le quart numéro un des Alouettes pour les prochaines années?
La réponse de Maciocia n’est pas sans étonner, mais il répond que ça n’aurait rien changé au fait de remettre le ballon à Alexander pour les trois prochaines années.
«Ce n’était pas une décision facile à prendre, mais c’était la bonne pour l’organisation, affirme-t-il.
«Pas seulement pour le présent, mais également pour l’avenir. Ça va nous aider à long terme, c’est sûr et certain, mais je suis assez confiant pour dire qu’avec Davis Alexander comme quart partant, on peut gagner immédiatement.»
Échantillonnage suffisant
Maciocia est sûr de son coup.
«L’échantillonnage que nous a montré Davis est assez grand. Il faut tenir compte que ses performances n’ont pas été réalisées dans des matchs préparatoires. Nous n’étions pas assurés non plus du premier rang de notre division quand il a été appelé à jouer.
«Davis est un gamer, il est ultra-compétitif. Il est très respecté à l’interne, il est en santé et prêt à s’engager à long terme avec nous. Ça ne veut pas dire qu’on bâtit pour 2027, on pense plutôt qu’on peut être très compétitif en 2025, 2026, 2027 et les années suivantes.»
«Il y a toujours des risques, mais c’est un risque calculé.»
Alexander pourrait-il être un deuxième Calvillo?
Le membre du Panthéon du football canadien avait 26 ans, l’âge d’Alexander, lorsqu’il s’était amené chez les Alouettes, en 1998.
«Est-il le prochain Anthony Calvillo? Non, moi, je vois plutôt Davis Alexander comme le prochain Davis Alexander. Je veux qu’il soit lui-même. On adore l’individu, on adore le joueur et on adore le compétiteur. On ne veut pas qu’il change avec le poste qu’on lui confie aujourd’hui», répond Maciocia.