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Facebook et Twitter sur le qui-vive pour protéger les électeurs américains

AFP

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2020-11-03T17:58:11Z
2020-11-04T01:16:26Z

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Facebook, Twitter et leurs armées de modérateurs étaient mobilisés, mardi, pour contrôler le flot de désinformation et d’accusations sur les plateformes, dont ils craignent l’amplification pendant les heures ou les jours de décompte des votes. 

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Les réseaux sociaux ont déployé un arsenal de mesures sans précédent pour garantir l’intégrité du vote, mais les ONG et politiques fustigent de nombreuses failles.

Une vidéo tronquée et détournée de Joe Biden, où le candidat démocrate semble dire que l’administration de Barack Obama a mis en place un vaste système de fraude électorale, a par exemple été vue environ 17 millions de fois sur différents sites, selon l’ONG Avaaz.

«C’est un signal d’alarme majeur qui montre que les plateformes ne sont toujours pas prêtes», a averti l’association dans un communiqué mardi.

Avaaz dénonce en outre de nombreuses rumeurs, répandues par la droite, pour faire croire que «la gauche prépare un coup d’État si Trump est réélu» et qu’il va y avoir des «fraudes et ingérences à l’échelle nationale».

Donald Trump agite régulièrement, sans preuve, la menace d’une fraude électorale de masse lors du vote anticipé, très populaire cette année en raison de la pandémie. Lors de sa dernière réunion de campagne lundi soir dans le Michigan, il a de nouveau attaqué la légitimité du vote par correspondance.

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Intimidations

«Certains résultats électoraux ne seront pas disponibles avant des jours ou des semaines, cela signifie que tout se déroule comme prévu», a tenu à rassurer Facebook sous la vidéo de l’évènement diffusée sur la page du président américain.

Lundi soir aussi, Twitter a de nouveau masqué un message du candidat républicain, précisant qu’il était «susceptible d’être trompeur quant au mode de participation à une élection».

Des efforts insuffisants pour Shireen Mitchell, une des membres du Real Facebook Oversight Board (Véritable conseil de surveillance de Facebook), qui accuse la plateforme de ne pas lutter suffisamment contre les incitations à la haine et les tentatives de décourager les minorités de voter.

Mardi, elle suivait de près les fausses rumeurs de fraude sur Twitter. «Ils ciblent spécifiquement les électeurs noirs à Philadelphie, parce que la Pennsylvanie est un État-clé. Et les plateformes ne font rien, alors que nous leur avons signalé le problème. Elles prétendent qu’elles sont neutres», s’indigne-t-elle.

Aux conversations publiques s’ajoute le problème des échanges privés.

«Des messages disant aux gens d’aller voter sans masque se répandent sur les groupes Facebook. Un utilisateur va jusqu’à suggérer que ne pas porter de masque va "faire fuir les libéraux" des urnes», note Kayla Gogarty de l’ONG Media Matters dans un rapport publié mardi soir.

Garde-fou

Le géant des réseaux sociaux semble maîtriser la détection et le démantèlement des opérations de manipulation orchestrées depuis l’étranger, comme en 2016, mais craint surtout désormais les incitations à la violence et tous les messages qui pourraient mettre le feu aux poudres, y compris via les groupes radicalisés.

Début octobre, Facebook a ainsi supprimé les comptes liés à la mouvance conspirationniste QAnon, un mouvement d’extrême droite pro-Trump. Twitter et YouTube ont pris des mesures similaires.

«Je suis inquiet qu’il y ait un risque de troubles civils dans tout le pays», a déclaré jeudi Mark Zuckerberg, le patron du groupe californien.

Les plateformes ont prévu des garde-fous, si jamais des candidats annoncent leur victoire de façon prématurée.

Dans ce cas, «nous ajouterons des informations plus spécifiques dans les messages d’avertissement sous ses publications (...) et nous continuerons d’afficher les derniers résultats de votre Centre d’information sur les élections», a tweeté lundi soir le service de presse de Facebook.

Le réseau social a tenté d’encadrer plus strictement les publicités politiques pendant la dernière semaine de la campagne, avec quelques ratés. Il a décidé de les bannir complètement à la fermeture des bureaux de vote.

Donald Trump a assuré, mardi, qu’il ne déclarerait pas victoire avant l’annonce des résultats officiels, balayant les spéculations de plusieurs médias américains. Mais «dès que l’élection sera terminée, nos avocats seront prêts», avait-il dit par le passé.

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