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Face au Lightning: la première étoile du Canadien n’était pas sur la glace

Photo portrait de Antoine Roussel

Antoine Roussel

2026-05-05T04:00:00Z

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Mon joueur par excellence de la série contre le Lightning de Tampa Bay n’est pas un joueur. C’est Martin St-Louis. Le coach a coaché, en bon français.

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Contre Tampa, St-Louis s’est métamorphosé. Comme la chenille qui devient une chrysalide, avant de se transformer en papillon.

L’entraîneur-chef du Canadien, je l’ai souvent qualifié d’ultraconservateur. Jusqu’à ce printemps, St-Louis était au courant de tout. Il connaissait la situation de chacun de ses joueurs. Mais il ne bougeait pas beaucoup ses trios.

Si le Canadien a réussi à battre le Lightning, c’est parce que Martin St-Louis est passé à la vitesse supérieure.

Ce ne sont pas tous les entraîneurs qui y parviennent. Et ce n’est pas parce que tu as été un joueur si bon que tu as été intronisé au Temple de la renommée que tu vas faire de même une fois derrière le banc d’une équipe de la LNH.

Le flair de l’entraîneur

Mais St-Louis, il a du flair. Il l’a prouvé maintes fois durant cette série, et même avant, quand il a donné du millage à Arber Xhekaj dans la dernière ligne droite de la saison régulière.

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Xhekaj, même s’il n’a pas joué le septième match contre le Lightning, a été partie prenante dans cette première ronde. Il a été impliqué, discipliné. Qu’il ait pu obtenir du temps de glace de qualité avant d’affronter Tampa, ç’a fait en sorte que le Canadien a pu faire rouler sa défensive pendant six matchs, même sans Noah Dobson.

Après, sa décision d’avoir placé Kirby Dach au centre, lors du troisième match, a été spectaculaire. Tout comme la façon dont il l’a défendu à la suite du revirement et du dégagement refusé qui ont mené au but gagnant du Lightning, dans la deuxième rencontre. 

Mais c’est surtout lors du cinquième match qu’on a vu St-Louis éclore. On l’a vu changer ses trios sur le vif, s’assurer de placer ses joueurs sur la mise en jeu au bon endroit au bon moment, pour ne pas donner de momentum au Lightning. Que dire aussi de sa décision de ramener Brendan Gallagher dans la formation ? C’était juste au bon moment ! 

Il a parfois placé Josh Anderson sur le premier trio, il a permis à Phillip Danault de s’activer. Danault ne produit pas beaucoup offensivement, mais on est-tu content de l’avoir en séries, avec sa capacité à gagner des mises au jeu, avec son jeu défensif ?

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Son rôle a-t-il été clarifié à l’interne, dans les dernières semaines ? De l’extérieur, il semble clair que oui.

La prochaine étape, maintenant

La prochaine étape pour St-Louis sera d’activer Cole Caufield. Par chance, le Canadien n’en a pas eu trop besoin en première ronde. La bonne nouvelle, c’est que Montréal a eu minimum quatre autres à jouer. On oublie ce qui s’est passé au premier tour, les compteurs retombent à zéro.

Il faudra aussi réanimer l’avantage numérique. Parce que les Sabres de Buffalo ont sûrement pris des notes sur la façon dont le Lightning a mis de la pression sur l’attaque à cinq du CH.

Et si Caufield peut obtenir des touches en avantage numérique, tout cela pourrait débloquer en même temps.

L’humilité avant l’arrogance 

Bref, chapeau à St-Louis. Être entraîneur-chef, c’est exigeant. Ce sont de longs moments loin de la maison. Mais lorsqu’il est venu en entrevue à TVA Sports dimanche, une chose transpirait chez lui : sa passion.

Martin St-Louis est investi émotionnellement envers son club et pas seulement lorsqu’il est derrière le banc. Vous l’avez-vu, dans le vestiaire, recréer une séquence du film Le Loup de Wall Street (à voir en vidéo principale) ? Ou marcher à travers les fans dans les rues de Montréal, sac à dos sur les épaules, peu après le revers dans le sixième match ?

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Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD
Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD

Son humilité m’a frappé durant cette série. Elle contrastait avec l’arrogance dont a parfois fait preuve Jon Cooper.

Il y avait une différence entre le discours de St-Louis et le geste de Cooper, qui montre son index à la foule, à la fin du sixième match, pour indiquer aux fans montréalais que Tampa n’a plus qu’un match à gagner pour remporter la série.

Capture d'écran tirée du compte X @BR_OpenIce
Capture d'écran tirée du compte X @BR_OpenIce

Le sport, c’est parfois une guerre d’ego, c’est parfois une guerre mentale, et c’est bien correct. Mais même si j’ai du respect pour Cooper, j’en ai encore plus pour la manière dont St-Louis a géré la série.

Maintenant, le Canadien s’entraînera à Tampa, mardi, avant de prendre la direction de Buffalo. Et ça, c’est une autre excellente décision. Il n’y a aucune presse à quitter la Floride, où il fait 30 degrés, où les joueurs peuvent aller faire un tour sur le bord de la piscine. Ça fait du bien à des gars de Montréal, qui ont passé une grande partie de l’hiver dans le froid ! 

C’est comme une thérapie supplémentaire. St-Louis a utilisé les deux jours de pause avant le début de la deuxième ronde à bon escient.

– Propos recueillis par Jessica Lapinski

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