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Face à Trump: quand les bottines ne suivent pas les babines

Photo d’archives AFP
Photo portrait de Christian Rioux

Christian Rioux

2026-02-13T05:00:00Z
2026-02-13T05:05:00Z

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Plus d’un milliard de dollars! Voilà ce qu’a dépensé le Canada en armement américain depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025, nous apprenait cette semaine le Bureau d’enquête du Journal de Montréal. En tout, 1094 contrats d’une valeur totale de plus d’un milliard ont été accordés à des entreprises américaines, et personne n’imagine que cela changera demain matin. 

Bien sûr, une grande partie de ces contrats étaient prévus de longue date, mais cela devrait nous inciter à relativiser les vibrants appels à l’unité nationale dont notre premier ministre se fend depuis quelque temps.

Oubliez Davos 

Il faut beaucoup d’imagination pour croire qu’un pays où la mainmise économique américaine n’a fait que s’accentuer depuis 40 ans et qui vit paisiblement depuis toujours sous l’aile protectrice du NORAD et de l’OTAN pourrait demain prendre le leadership de l’opposition à l’Oncle Sam. Et cela malgré tous les beaux discours de Mark Carney à Davos.

L’histoire nous a montré que le nationalisme canadien n’est jamais aussi vigoureux que lorsqu’un référendum québécois se profile à l’horizon. Du parapluie américain, Ottawa s’est toujours bien accommodé.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

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D’ailleurs, l’Europe ne fait pas exception. Depuis 2020, ses importations d’armes américaines ont augmenté de 233%, faisant du Vieux Continent le premier client mondial des États-Unis sur le plan militaire. En juin dernier, alors que Trump menaçait l’Union européenne de droits de douane de 50%, la Belgique ne trouvait rien de mieux que de confirmer l’achat de 11 F-35, pour un total de 45, au coût de 18 milliards d’euros. Le Danemark et l’Italie s’apprêtent à faire de même, comme l’exigeait depuis longtemps Donald Trump.

Sadomaso?

Vous me direz que l’Europe a un petit côté sadomaso. C’est vrai: plus elle reçoit de coups de fouet, plus elle en redemande.

On sait que les composantes du F-35 permettent aux Américains de l’empêcher de décoller. Peu importent les discours sur l’«autonomie stratégique», si l’Europe ou le Canada s’aventuraient à tenter une mission qui déplaît à Washington, leurs appareils resteraient cloués au sol. Il n’y a guère que la France qui, avec seulement 20% d’équipement américain, fait cavalier seul et conserve une filière qui, bien que fragile, lui permet de fabriquer un avion de chasse du début à la fin.

Or, la France criblée de dettes et en pleine crise politique n’a jamais eu moins de poids qu’aujourd’hui dans une Europe où c’est l’Allemagne et l’Italie qui donnent le ton. Deux pays qui ne sont pas près de lâcher Washington. Surtout au moment où la Russie retrouve ses réflexes impériaux. Allez en parler aux pays de l’ancienne Europe de l’Est.

«Si quelqu’un pense que l’Union européenne peut se défendre sans les États-Unis, continuez à rêver», a déclaré le 28 janvier dernier le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.

Mark Carney n’a pas jugé bon de le contredire.

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