Tous les résultats
Publicité

Face à l'IA générative, exigeons un financement public qui soutient l'illustration d'ici

Photo Adobe Stock

Collectif de signataires

2026-05-25T04:00:00Z

Partager

Campagnes publicitaires gouvernementales, affiches de grands festivals, évènements culturels, séries télévisuelles et couvertures de livres : le recours à la génération d’images par l’intelligence artificielle générative (IAG) s’accélère au Québec sans aucun encadrement. Cette technologie bafoue les droits d’auteur des artistes et met en péril leur rémunération, la valeur de leur travail de création ainsi que leurs conditions de travail. Les illustrateurs figurent parmi les premiers touchés.

llustration Québec représente plus de 300 illustrateurs. Selon un sondage récent réalisé auprès de ses membres, 58 % d’entre eux perçoivent des pertes de revenus liées à l’IAG, principalement dans les milieux de l’édition et de la publicité. Ils et elles prévoient que ces pertes iront en s’accentuant.

Plus de 60 % de nos membres nous disent réfléchir à une réorientation de carrière à court ou moyen terme. Il y a urgence d’agir.

Éthique

Plusieurs organismes culturels qui reçoivent un financement public du gouvernement du Québec ont eu recours à l’IAG dans les dernières années. Au moins un ministère québécois y a eu recours via une agence publicitaire. Il s’agit d’argent public, destiné à soutenir la culture québécoise, qui alimente plutôt le développement d’outils d’IAG conçus par des entreprises étrangères. Ces outils ont été entraînés sur des œuvres artistiques sans consentement et sans rémunération.

Publicité

Questionné sur le sujet jeudi lors de l’étude des crédits, le ministre de la Culture Mathieu Lacombe a répondu qu’il serait complexe d’encadrer l’IAG en culture, affirmant que plusieurs artistes l’utilisent dans leur démarche.

Nous voulons porter à l’attention du ministre que, parmi nos membres, 80 % affirment que, par principe, ils n’utiliseront jamais l’IAG. Pour Illustration Québec, l’usage de l’IAG ne peut pas se faire de façon éthique dans un contexte créatif tant que cette technologie ne respecte pas le droit d’auteur, principe à la base de la rémunération et de la protection du patrimoine artistique des illustrateurs.

Protection des droits d’auteur

À une époque où la précarisation des artistes s’accentue et où les productions culturelles québécoises peinent à percer les algorithmes des grandes plateformes, le recours à l’IAG en culture représente une menace pour les conditions de travail des illustrateurs d’ici, mais aussi pour l’unicité et la vitalité de la culture visuelle québécoise. L’IAG produit un amalgame d’images tirées de partout sur le web, sans égard pour les particularités des cultures locales.

Le ministre a souligné l’importance d’avoir une conversation avec le milieu culturel sur l’IAG et s’est même montré ouvert à envisager une législation québécoise pour mieux protéger le droit d’auteur. Nos membres n’attendent que de participer à cette conversation publique et d’explorer les solutions, mais le temps presse : nous demandons au ministre d’intégrer dès maintenant des critères d’exclusion de la génération d’images par IAG lors d’octroi de subventions publiques en culture, notamment en édition et pour les grands évènements culturels.

Nous lui demandons aussi de travailler avec ses homologues canadiens pour que tout usage de l’IAG soit transparent et déclaré. Pour ce faire, Illustration Québec se rend disponible pour participer à cette conversation et pour porter la voix de nos membres, qui sont extrêmement préoccupés par la place grandissante qui est donnée à l’IAG dans des contextes où la prérogative devrait être de soutenir la culture d’ici.

Illustration Québec

Charlotte Parent, co-présidente

Charles-Étienne Brochu, co-président

Karim Talbi, directeur général

Martin PM, administrateur

Nadine Bariteau, administratrice

Mathilde Cinq-Mars, administratrice

Simon Dupuis, administrateur

Valéry Goulet, administratrice

Constance Harvey, administratrice

Valentin Leclerc, administrateur

Publicité
Publicité