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Face à l'AMA, les États-Unis relancent la bataille de l'antidopage

Laz'e-Pete - stock.adobe.com

AFP

2025-01-09T18:40:53Z

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En retenant leur contribution à l'Agence mondiale antidopage (AMA), les États-Unis ont relancé leur bataille avec l'instance de Montréal, au risque d'exaspérer le monde sportif qui s'était largement mobilisé sur ce sujet l'an dernier. 

Mercredi, le Bureau américain de la politique nationale de contrôle des drogues (ONDCP) a suspendu le versement des 3,6 millions $ dus à l'AMA au titre de 2024, a annoncé l'Agence américaine antidopage (Usada).

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Or, les États-Unis sont de très loin le premier pays contributeur au budget du gendarme mondial de l'antidopage, soit près de 53 millions $ pour 2024, financé pour moitié par les gouvernements et pour moitié par le Comité international olympique (CIO).

Pourquoi les États-Unis suspendent-ils leur paiement ?

Selon l'Usada, il s'agit de «protéger les droits des sportifs» que l'AMA aurait bafoués en ne commandant pas «un audit indépendant» de ses opérations après le scandale des 23 nageurs chinois contrôlés positifs en 2021 à une substance interdite mais non sanctionnés.

Cette affaire, révélée au printemps 2024 par le New York Times et la chaîne allemande ARD, avait immédiatement pris une tournure géopolitique, ravivant l'hostilité entre le patron de l'Usada Travis Tygart et l'AMA.

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Tygart, déjà un virulent critique du traitement par l'AMA des affaires de dopage russe révélées en 2015-2016, accuse depuis des mois l'organisation montréalaise d'avoir «permis à la Chine de glisser des cas positifs sous le tapis».

Le gendarme de l'antidopage martèle de son côté n'avoir commis aucune faute en acceptant la thèse de la «contamination alimentaire» avancée par les autorités chinoises, et juge le sujet clos depuis qu'un rapport du procureur suisse Eric Cottier, missionné par l'AMA, a jugé qu'elle avait travaillé «de manière autonome, indépendante et professionnelle».

Comment réagit le monde sportif ?

Sollicité par l'AFP, le Comité international olympique a estimé qu'il «s'agissait d'un sujet entre l'AMA et les autorités publiques en tant que parties prenantes» du système antidopage. De même, l'Association représentant les fédérations olympiques d'été (ASOIF) a décliné tout commentaire, et son homologue hivernale (WOF) n'a pas réagi.

Mais l'an dernier, les trois instances avaient fermement condamné le déclenchement par la justice américaine, début juillet, d'une enquête menée par le FBI sur la gestion par l'AMA du cas des 23 nageurs chinois.

Cette investigation s'appuie en effet sur le Rodchenkov Act, promulgué fin 2020 par le président américain élu Donald Trump lors de son premier mandat, par lequel les États-Unis se sont attribués une compétence extraterritoriale en matière de dopage.

Or, pour le monde sportif, le risque est de fragiliser l'AMA, créée en 1999 dans la foulée de l'affaire Festina dans le cyclisme, pour élaborer le Code mondial antidopage et permettre une lutte cohérente selon les sports et les pays.

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«Pouvez-vous imaginer ce que serait la réaction américaine si les forces de sécurité chinoises enquêtaient sur les athlètes américains ?», s'interroge auprès de l'AFP Michael Payne, l'ancien directeur du marketing du CIO.

Pour lui, les États-Unis «semblent délibérément essayer d'envenimer le problème», un nouvel exemple «de l'instrumentalisation politique croissante du sport».

Quelles conséquences pour le sport américain ?

Mercredi, l'Usada assurait que le non-paiement de la contribution américaine n'aurait «aucun impact sur les droits des sportifs américains à concourir aux États-Unis ou à travers le monde».

A minima, ce nouvel épisode devrait raviver les critiques sur le double standard américain en matière de dopage, puisque ni ses ligues professionnelles (basketball, hockey, football américain et baseball) ni son puissant sport universitaire n'appliquent le Code mondial antidopage.

«Et l'Usada n'a rien fait pour corriger cette situation», persiflait en juillet dernier Witold Banka, le patron de l'AMA, face aux membres du CIO réunis à Paris pour leur 142e session.

Mais surtout, le CIO lui-même avait mis une pression inédite lors de cette même session, en menaçant d'annuler l'attribution des Jeux de Salt Lake City en 2034 «au cas où l'autorité suprême de l'AMA (ne serait) pas pleinement respectée».

«Les États-Unis ne peuvent pas nettoyer le sport tous seuls», avait promis le gouverneur de l'Utah face à la presse, alors que les responsables de Salt Lake City 2034 et du comité olympique américain avaient multiplié les paroles d'apaisement.

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