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Italie 2026: après une expérience difficile à Pékin à seulement 18 ans, Florence Brunelle patine maintenant parce qu'elle le veut

Elle a eu besoin d’une longue période pour se remettre sur pieds après ses premier Jeux en 2022

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2026-02-01T20:30:00Z

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À seulement 18 ans, Florence Brunelle a vécu l’allégresse de se qualifier pour les Jeux olympiques, mais l’expérience pékinoise a été très difficile et la patineuse de Trois-Rivières a eu besoin d’une longue période pour se remettre sur pieds.

«À Pékin, j’ai patiné parce que je devais patiner, mais je patine maintenant parce que je le veux, résume Brunelle, qui est devenue en 2022 la plus jeune patineuse de l’histoire canadienne à se qualifier pour les Jeux. J’aime ma vie d’athlète. C’est ma passion et mon choix.»

Triple championne mondiale junior en 2022, qualifiée pour les Jeux et sur la ligne de départ du mondial senior en 2021 à seulement 17 ans, Brunelle filait à la vitesse grand V. «Ma vie a changé en 12 mois, image-t-elle. Ce fut très spontané et personne ne s’y attendait. J’étais encore jeune et pas réfléchie. Lors de l’année olympique, j’étais encore une adolescente. J’ai fait de mon mieux et j’ai foncé. Je me considère maintenant comme une athlète professionnelle.»

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Habituée au succès dans les rangs juniors, Brunelle a frappé un mur en Chine. Une chute au 500 m, son épreuve de prédilection, et une quatrième place au relais 3000 m, où le Canada s’est fait devancer en fin de course par les Chinoises, l’ont ébranlée.

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«J’ai mêlé plusieurs choses. J’ai vécu des déceptions pour mon sport, moi-même et mon environnement. Mes résultats influençaient ma perception et mon estime de moi. Si je n’avais pas été en profondeur pour corriger la situation, j’aurais arrêté de patiner. Le problème n’était pas le patin, mais ma valorisation qui passait par mes résultats.»

«J’ai vécu une expérience incroyable qui m’a permis de grandir, d’ajouter Brunelle, dont le père, Jean-François, a remporté la Coupe Memorial avec les Prédateurs de Granby en 1996. Est-ce que j’aurais pu grandir d’une manière différente? J’ai fait une semi-dépression, mais le travail a été fait.»

Brunelle a pris une pause et a notamment fait l’impasse sur les sélections canadiennes à l’automne 2022. «C’était inévitable que je prenne une pause et cela a permis que je devienne la personne que je suis. J’avais besoin de prendre le temps et de voir où je voulais aller.»

Un entraîneur impressionné

Marc Gagnon est impressionné par les progrès de Brunelle. «C’est la personne qui a le plus progressé au cours du dernier cycle olympique, affirme l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne. Elle possède maintenant le contrôle sur ses émotions. Le chemin parcouru est incroyable.»

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Avec le recul, Gagnon estime que Brunelle n’était pas prête pour Pékin. «Elle a pleinement mérité sa place, mais elle est arrivée aux Jeux un peu vite. Elle a maintenant tous les outils pour bien réagir et rebondir si des situations difficiles surviennent.»

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Gagnon a été témoin une différence importante depuis 2024. «J’ai vu son éclosion il y a deux ans. Sa blessure au dos a retardé sa progression, mais ça lui a permis de continuer de progresser mentalement. Elle est meilleure qu’il y a deux ans. Elle est plus prête physiquement.»

Des comparaisons avec William Dandjinou

Le quintuple médaillé olympique trace un parallèle avec William Dandjinou, qui a vécu une grande déception lui aussi à Pékin en étant confiné à un rôle de réserviste.

«Ce sont deux très bons exemples de patineurs qui ont connu une mauvaise expérience en Chine et qui sont revenus plus forts. Florence travaille aussi fort que Will. Il pourrait y avoir des flashs à Milan reliés aux cicatrices de Pékin si jamais de mauvaises performances se produisent, mais Florence a fait un travail mental important qui la prépare bien.»

«C’est toujours un combat parce qu’il est facile de tomber dans une situation anxiogène en raison du stress de performance, de renchérir Brunelle. Le plus gros combat est de rester dans le moment présent.»

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