Expansion : la candidature de Québec tient la route

Jean-Charles Lajoie
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Salt Lake City est passée en mode attaque dans son lobbying auprès des autorités de la Ligue nationale de hockey récemment.
Le groupe désireux d’installer une concession dans cette ville olympique de l’Utah a carrément sommé la LNH de lancer un processus d’expansion.
Voilà que l’ex-joueur de la LNH Anson Carter se fait le porte-parole d’un groupe très sérieux qui demande son tour à Gary Bettman et ses décideurs de lancer un processus d’expansion afin de doter Atlanta d’un club de hockey dans la meilleure ligue au monde pour un troisième essaie.
Après deux déménagements vers le Canada, celui des Flames vers Calgary et celui des Trashers vers Winnipeg, on croit cette fois pouvoir réussir le pari de la popularité d’un club de hockey dans cet état du sud des États-Unis reconnu pour son affection pour le basketball avant tout.
Je dis Atlanta, mais le projet de deux milliards proposé et incluant un building tout neuf de 18 000 sièges serait planté à Alpharetta, une ville d’à peine 70 000 habitants située à quelque 30 kilomètres de la ville centre du comté de Fulton, Atlanta.
Un peu comme Kanata pour Ottawa, ville dortoir ou se trouve le domicile moins fréquentable des sénateurs actuellement.
L’agglomération du comté de Fulton est d’autour de 1,1 million d’habitants.
À Salt Lake City et la région immédiate, c’est autour de 1,2 million d’habitants.
Voilà deux marchés qui ne sont pas à proprement dit petits, mais qui ne sont certainement pas de grands marchés non plus.
À Québec, l’agglomération totale, en excluant la pertinente Beauce-Amiante, le Saguenay–Lac-Saint-Jean et son parc routier élargi et refait à neuf et même Trois-Rivières qui ne se trouve qu’à une heure et quart de route, on trouve plus de 850,000 habitants. Si on ajoute la Beauce, le Saguenay et Trois-Rivières, on double la mise pour se retrouver avec plus de 1,6 million d’habitants.
Sur le quantitatif, Québec tient la route. Économiquement aussi malgré la faiblesse du dollar canadien par rapport au dollar américain.
Sur le qualitatif maintenant, il n’y a rien de scientifique dans ce que j’avance ici ce soir, mais ça crève les yeux que le marché de hockey le plus naturel entre Salt Lake City, Atlanta et Québec est celui de la Vieille Capitale.
Anson Carter a beau dire qu’Alpharetta compte le plus de jeunes inscrits au hockey mineur de toute la Géorgie, ça ne rivalisera jamais avec la passion vibrante en puissance et en nombre du grand Québec métropolitain...
Maintenant, que doivent faire les intéressés à faire revivre les Nordiques à Québec ? Après des initiatives publiques bruyantes comme la marche bleue, la pelle bleue, la mise en chantier et livraison d’un édifice exceptionnel, les tenants du retour de la LNH à Québec ont choisi de demeurer très discrets, sans doute en lien avec la volonté de Gary Bettman.
Je suis convaincu que leurs représentations se font néanmoins, mais à la fois pourquoi devraient-ils se gêner de crier haut et fort eux aussi leurs innombrables qualités ?
Je serais curieux de lancer une campagne de préabonnement de saison pour voir combien de gens signeraient une intention de devenir titulaire de droits de sièges advenant le retour des Nordiques.
Je n’ai aucun doute que la barre des 12 500 abonnements serait atteinte en quelques semaines à peine, de quoi mettre un brin de chaleur sur les décideurs de la Ligue nationale.
Et même si ceux-ci ne ressentent aucunement la chaleur de Québec, les partisans du retour des Nordiques devraient continuer de vanter leurs mérites, de démontrer leurs charmes...
Avant longtemps la Ligue nationale aura 34 équipes. C’est inévitable et directement lié au pouvoir économique. Gary Bettman a créé un monstre de revenus, il doit assurer la pérennité en période très hostile. Il va aller chercher de l’argent neuf ou elle se trouve, dans les poches de nouveaux propriétaires.
Je suis de ceux qui prédisent une expansion à 34 équipes depuis avant la pandémie. J’avance ce soir que d’ici 10 ans ce n’est pas 34, mais bien 36 équipes qui vont composer les cadres de la Ligue nationale.
Du nombre, 8 seront des équipes canadiennes, la huitième étant la grande absente à ce jour, la ville de Québec.
Voilà pourquoi il faut continuer d’entretenir la flamme et de militer, notre tour va finir par revenir.