Exaspérée de voir des Québécois profiter de vacances au soleil alors que le système de santé est sous forte pression en raison de la montée dramatique des cas de COVID-19, une intensiviste québécoise a réclamé des explications et des excuses au premier ministre Justin Trudeau dans une lettre écrite sur sa page Facebook.
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La Dre Amélie Boisclair, interniste intensiviste œuvrant en zone COVID à l’hôpital Pierre-Le Gardeur de Terrebonne, a raconté son quotidien et fait le parallèle avec les voyages dans le sud.
Elle montre son visage bouffi par le port continu de masque N95, et non pas par des coups de soleil, le corps en sueur après avoir porté des vêtements imperméables, et non pas par la chaleur du soleil, ou encore la difficulté à se rappeler toutes les manœuvres effectuées dans une journée, non pas parce qu’on fait la fête, mais parce qu’il y en a tellement.
En plus de permettre aux Canadiens de voyager, même si les voyages essentiels ne sont pas recommandés, ces voyageurs qui une fois de retour au pays doivent se placer en quarantaine ont droit à 1000$ en raison de la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE).
Les travailleurs de la santé pour plusieurs n’ont pas été en mesure de prendre des vacances au cours de la période des Fêtes.
«Le 31 décembre, les infirmières ont appris qu’elles perdaient toutes leurs vacances en raison de l’arrêté ministériel. L’ambiance était lourde», a-t-elle détaillé en entrevue sur LCN.
Elle considère qu’aujourd’hui, offrir 1000$ aux voyageurs qui doivent rester en quarantaine (selon certains critères) «c’est un peu comme donner une récompense à des gens qui ont triché, dit-elle en parlant des gens qui partent en voyage d’agrément.
Elle confirme par ailleurs la hausse des cas COVID dans les hôpitaux, en soulignant qu’elle doit soigner beaucoup de jeunes, pas seulement des personnes âgées.
«Depuis six semaines et plus, c’est un combat, un jeu de dominos. On se demande toujours où on va mettre le patient. Je n’avais eu à faire face à ça avant», a ajouté la Dre Boisclair.
La Dre Amélie Boislcair qui œuvre depuis mars en zone COVID a écrit ce message sur sa page Facebook.
En moins d’une heure, son message a été partagé un millier de fois. Vers 17h, samedi soir, son message a été partagé près de 9000 fois en trois heures.
«Salut Justin,
Là , c’est assez.
Ça fait 10 mois qu’on vit un calvaire. Non seulement on traite de pauvres gens très malades, mais en plus, on a toujours la crainte de tomber malade nous aussi.
Voici mon sud à moi. Tu vas voir, je rayonne.
Voici ma face après des heures de N95. Ce ne sont pas des coups de soleil, mais des plaies.
Voici la sueur d’avoir passer un bon moment en suit impermeables. On avait fait quoi ce jour là? Intubation? Broncho? Tracheo? Réanimation? Je ne sais plus. Ce n’était pas parce qu’on dansait la lambada.
Voici le suit de travail qu’on met pour éviter de se contaminer. Tsé, mine de rien, ce n’est pas si simple à gérer de prendre soins de malade et de toujours espérer ne pas tomber malade à son tour... ou contaminer quelqu’un que j’aime ou alors un autre patient.
Devine qui a besoin de vacances??? TOUT le monde.
J’aimerais avoir des explications. Pis des excuses. Et un retrait de cette décision absurde.
Cordialement.
- Amélie Boisclair, médecin de soins intensifs en zone COVID depuis mars.
Et de l’ensemble du réseau de la santé et de tous ceux qui souffrent de cette pandémie et qui respectent les consignes de la santé publique.
P.S.: j’encourage tous ceux qui souffrent de cette pandémie, mais qui respectent malgré tout les consignes de la santé publique (merci à vous!!!!!) À écrire un message semblable et à écrire à vos députés fédéraux votre indignation.





