Le gouvernement du Québec, un État gourmand, dépensier et endetté
Selon des chercheurs, les finances publiques au Québec se sont détériorées par rapport à la «seconde moitié» des années 2010


Michel Girard
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En proportion du PIB, les revenus et les dépenses du gouvernement du Québec sont plus élevés que ceux de la grande majorité des provinces canadiennes.
Dans l’édition 2024 du Panorama des finances publiques que viennent de publier Michaël Robert-Angers et Frédérick Hallé-Rochon, avec la participation de Luc Godbout de la Chaire en fiscalité et en finances publiques, les auteurs affirment que les finances publiques au Québec se sont détériorées par rapport à la «seconde moitié» des années 2010.

Je vous rappelle que lors des années 2015 à 2018 du gouvernement libéral de Philippe Couillard, le Québec accumulait les surplus budgétaires. Sous le gouvernement caquiste de François Legault, c’est le contraire. On empile les déficits à la queue leu leu.
Bien que le Québec n’est pas la seule province dans cette situation de détérioration des finances publiques, disent les auteurs de Panorama , la dette nette y demeure nettement plus élevée que celle de la moyenne des provinces.
LES REVENUS
Pour l’année financière 2022-2023, les revenus totaux (revenus autonomes, plus transferts fédéraux) du gouvernement du Québec atteignent 26,5% du PIB de la province, soit 5,8 points de pourcentage de plus que la moyenne pondérée des provinces. Pour vous montrer à quel point Québec est gourmand, on devance le gouvernement de l’Ontario par 8,1 points de pourcentage!
Quand on ajoute les recettes des administrations locales (villes, municipalités) à celles des provinces, l’écart empire. Les recettes consolidées du Québec atteignent 33,4% du PIB. C’est 8,8 points de pourcentage de plus que l’Ontario et 7,1 points de plus que la moyenne de 26,3 % pour l’ensemble des provinces. Seules les provinces de l’Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick sont plus «gourmandes» que nous.
Au chapitre des transferts fédéraux par habitant, on arrive au 5e rang avec un montant de 3204$ par tête de Québécois, ce qui comprend 1578$ de péréquation, 1216$ de transfert en santé, 410$ de transfert de programmes sociaux. En Ontario, Terre-Neuve-Labrador, Saskatchewan, Alberta et Manitoba, aucune péréquation fédérale n’a été versée.
LES DÉPENSES
En matière de dépenses gouvernementales, le Québec arrive dans le peloton de tête avec des dépenses totalisant 27,6% de son PIB, soit 7,1 points de pourcentage de plus que la moyenne pondérée des provinces. Seule l’Île-du-Prince-Édouard nous devance avec 30,5% de son PIB.
Le gouvernement du Québec est, entre autres, nettement plus dépensier que le gouvernement ontarien, dont les dépenses représentent seulement 19% de leur PIB, soit 8,6 points de pourcentage de moins que chez nous. L’écart est encore plus grand avec la Saskatchewan (11 points de moins que le Québec) et l’Alberta (13,6 points de moins).
LA DETTE
Le Québec affiche l’une des dettes nettes (après déduction des actifs financiers) les plus élevées parmi les provinces canadiennes. De 38,3% du PIB à la fin de mars 2023, la dette nette du Québec a grimpé à 39,0% en mars 2024 et devrait atteindre les 40,3% en mars 2025. C’est 9 points de pourcentage de plus que la moyenne pondérée des provinces. Le Québec détient la 2e dette nette la plus élevée au sein des provinces canadiennes, après Terre-Neuve-et-Labrador.
«Bien que le Québec montre l’une des dettes nettes les plus élevées parmi les provinces, le contrôle exercé sur son endettement contribue à expliquer que sa cote de crédit soit la 3e plus favorable lorsqu’on considère à la fois les cotes offertes par Moody’s, Standard & Poor’s et DBRS», de conclure les auteurs du Panorama des finances publiques 2024.
Cela dit, de toutes les provinces canadiennes, c’est l’Alberta qui présente la plus saine gestion des finances publiques.
COMPARAISONS DES REVENUS, DES DÉPENSES ET DE LA DETTE NETTE
Au 31 mars 2023 | en % du PIB
Québec
- Revenus: 26,5%
- Dépenses: 27,6%
- Dette nette: 38,3%
Ontario
- Revenus: 18,4%
- Dépenses: 19,0%
- Dette nette: 38,2%
Alberta
- Revenus: 16,6%
- Dépenses: 14,0%
- Dette nette: 10,7%
Moyenne/provinces
- Revenus: 20,7%
- Dépenses: 20,5%
- Dette nette: 29,1%
Source: Panorama des finances publiques 2024