Une réaction rare : allergique à l'activité physique
Des personnes allergiques à des aliments ont subi un choc anaphylactique en bougeant après un repas


Héloïse Archambault
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Faire de l’exercice après avoir mangé peut déclencher une réaction allergique, un phénomène peu commun mais bien réel.
Le simple fait de courir, rouler à vélo ou même marcher rapidement peut soudainement déclencher des symptômes de réaction allergique.
« C’est sûr que c’est déconcertant si les gens n’ont pas eu de conseils de vigilance, commente Marie-Josée Francoeur, allergologue. Ça reste quand même un phénomène rare. Mais (...) c’est important que les gens le sachent. »

La plupart du temps, l’exercice physique agit comme un facteur de déclenchement chez des patients qui ont déjà une allergie connue (aliments, piqûres, médicaments).
Parfois, le sport déclenche aussi soudainement une réaction après l’ingestion d’un allergène. C’est ce qui est arrivé à une femme de 55 ans. Même si elle était déjà allergique aux crustacés, elle a mis du temps avant de découvrir qu’elle avait une allergie au blé, déclenchée par le sport.

« Ça m’a mystifiée »
« Je revenais de ma course et ça s’est mis à me gratter. Je ne comprenais pas, se rappelle Rachel Laverdure. Je n’avais pas mangé de crustacés. Ça m’a mystifiée pendant un an. Quand je mangeais juste du yogourt, il ne se passait rien. »
En 2014, cette grande sportive a compris ce qui se produisait : avant un entraînement, elle avait mangé un croissant.
• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
« Après 12 minutes, ça commençait à me piquer sur la tête, dans le cou. Je ne me sentais pas bien. Je commençais à être inquiète. J’essayais de marcher doucement. J’ai pris du Benadryl. J’avais mon EpiPen près au cas où, j’avais la lèvre qui enflait. »
« C’était la même chose que quand j’avais mangé des crevettes. J’ai fait le lien, c’était le croissant au blé », souligne la résidente de Saint-Lambert.

Depuis ce jour, la professeure en francisation essaie d’avoir une alimentation sans gluten autant que possible. Normalement, l’ingestion de l’allergène au moins quatre heures avant de faire du sport ne pose pas de risque.
« C’est tellement anxiogène une crise, tu ne veux pas faire ça, jure la mère de famille. Je fais attention, je suis habituée et je veux avoir l’esprit tranquille. »
« Mais, si je ne fais pas d’effort, je peux me bourrer de blé, il ne se passera rien », ajoute-t-elle.
Des aliments à risque
Le blé, la pêche, le céleri, les crustacés et la moutarde sont les aliments les plus fréquemment associés à des réactions liées à l’activité physique, indique la Dre Francœur.
Souvent, l’allergie à l’effort se manifeste par des plaques d’urticaire et des difficultés respiratoires. Les trois quarts des cas touchent les femmes. L’âge moyen d’apparition de l’allergie est de 26 ans.
« On ne peut pas prévoir des réactions imprévisibles, mais de bien faire de l’enseignement aux gens qui sont identifiés comme étant à risque, c’est très important », dit la spécialiste.
D’ailleurs, la médecin recommande aux gens qui ont une allergie connue de ne pas faire de sport seul, ou de traîner leur cellulaire et d’avoir accès à un auto-injecteur d’épinéphrine en tout temps.