Et si c’était Justin qui avait raison?
L’ancien premier ministre était partisan de la ligne dure contre Donald Trump il y a un an


Guillaume St-Pierre – analyse
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OTTAWA | Les alliés naturels des États-Unis, dont le Canada, montrent finalement un peu de tonus face à Donald Trump, devant sa volonté d’annexer le Groenland, eux qui se sont surtout affairés à le flatter, en vain, depuis qu’il a fait son entrée à la Maison-Blanche il y a un an.
Pour le Canada et l’Europe, le dossier du Groenland, qui s’est imposé hier dans les discussions au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, ressemble de plus en plus à une ligne rouge à ne pas franchir.
Avec ses menaces incessantes de prendre un territoire appartenant au Danemark, Donald Trump a réussi à fédérer contre lui comme jamais, des deux côtés de l’Atlantique.

Ici, libéraux et conservateurs ont condamné le président républicain. Un sentiment partagé, à quelques nuances près, par la classe politique européenne, à gauche comme à droite.

Figure de proue de la résistance de la culture MAGA, le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom, depuis Davos, se disait consterné par le « manque de colonne » des leaders étrangers.
« Il est temps de devenir sérieux et d’arrêter d’être complices, a-t-il lancé. C’est pathétique. »
Discours percutant
Dans un discours percutant, Mark Carney a offert un cri de ralliement aux plus petits pays, comme le Canada, face aux bullies américain, russe et chinois, sans toutefois les nommer.
Les grandes puissances ne respectent plus aucune règle, piétinent à volonté les plus faibles et ne sont pas dignes de confiance, a-t-il dit en substance.
« Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si nous ne sommes pas à la table [des discussions], nous sommes au menu », a-t-il lancé.

C’est la trame narrative qui s’est dégagée de la journée d’hier à ce sommet qui regroupe le gratin mondial de la finance et de la politique : apaiser Trump en se pliant à ses quatre volontés ne fonctionne pas.
Justin souriant
Ironiquement, Justin Trudeau était lui aussi de passage à Davos pour y prononcer un discours, lui qui a toujours fait la promotion de la ligne dure envers le président.
Il a été aperçu, tout sourire, avec sa nouvelle flamme, la chanteuse pop Katy Perry, qui, pour une rare fois, était assise face à la scène.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Rappelons que l’ex-premier ministre a fait la promotion des contre-tarifs, une stratégie boudée par Mark Carney et les pays européens, qui ont préféré l’apaisement.
Or, Donald Trump menace d’imposer d’énormes droits de douane aux pays européens qui osent se lever contre ses volontés expansionnistes, même s’il a signé avec eux une entente il y a quelques mois à peine.
Pour une rare fois, l’Europe menace sérieusement de répliquer.