Et la lumière fut: tout savoir sur l'installation d'un puits de lumière à la maison


Félix Desjardins
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Aucun éclairage ne peut remplacer la lumière naturelle, mais que faire lorsque notre maison est peu exposée aux rayons du soleil ? La solution ne date pas d’hier : l’installation d’un puits de lumière.
Ces fenêtres installées au plafond permettent d’accueillir la lumière naturelle et d’ajouter du cachet à votre maison. Mal posées, elles peuvent toutefois causer d’importantes infiltrations d’eau. Explications.
Le type de toit

Les puits de lumière peuvent être installés dans les maisons chevauchées aussi bien par un toit plat que par un toit en pente. « Si tu as un toit en pente, il faut éviter de l’installer à la jonction entre les deux parties du toit, puisqu’il sera plus propice à une accumulation de neige pendant l’hiver », explique Serge Rivest, président de la compagnie d’installation Ciella. Plus la « cheminée » du puits de lumière – ou encore l’espace entre les deux extrémités – est longue, plus les problèmes de condensation seront probables. Il conseille ainsi de rapprocher le puits de lumière le plus possible de la corniche pour un résultat « plus spectaculaire ».

« C’est beaucoup plus facile pour les toits plats, parce que les puits sont toujours surélevés sur une boîte. »
Pour un nouveau puits de taille minimale, c’est-à-dire de 21 po sur 21 po, on peut s’attendre à un prix environnant les 3500 $ pour un toit incliné, et de 7500 $ pour un toit plat, installation incluse, ajoute M. Rivest.
Pour une option plus abordable, les puits de lumière tubulaires, qui offrent une vue moins immersive du ciel, permettent aussi d’acheminer la lumière du soleil vers l’intérieur.
Le matériau

Les puits en acrylique et en verre sont les deux options qui s’offrent aux Québécois sur le marché. Si le prix des deux produits est similaire sur les tablettes, l’installation des puits en verre est toutefois de « 30 à 35 % plus dispendieuse ».
« L’acrylique fait la job, mais ne comprend aucune protection UV et les garanties des manufacturiers sont beaucoup plus limitées, explique M. Rivest. Si c’est pour une cage d’escalier peu fréquentée, par exemple, ça peut faire l’affaire, mais sinon, le verre est toujours préférable. »
La technologie

Une fenêtre fixe au plafond est déjà intéressante, mais elle peut atteindre une autre dimension en étant ouvrable et même électrique. En été, elle aide à faire circuler l’air de la maison et à évacuer la chaleur. Contrôlable à distance, elle peut être dotée d’un détecteur de pluie, qui la referme automatiquement en cas d’oubli.
On peut encore plus pousser la note en installant des stores motorisés pour éviter une surchauffe été et pour s’assurer de profiter des rayons du soleil pendant la saison froide.
L’installation

On a souvent entendu des histoires d’horreur d’infiltrations d’eau soi-disant causées par une installation défaillante d’un puits de lumière. Serge Rivest tient à rectifier le tir. « Dans 9 cas sur 10, le problème est dans l’isolation de la cheminée et non dans l’installation, précise-t-il. Ça crée une perte de chaleur dans l’entretoit et de la condensation, ce qui peut mener à des fuites d’eau. »
Souvent, ces problèmes se manifestent lors d’un redoux en hiver ou au printemps, lorsque le barrage de glace dans le bas du puits de lumière mal isolé se met à fondre.
Les installateurs doivent donc mettre leur chapeau tant de menuisier que de couvreur pour réaliser les travaux comme il se doit.
« Il n’y a aucune marge d’erreur dans l’installation et l’isolation pour un puits de lumière, contrairement aux fenêtres, poursuit M. Rivest. Ce n’est pas dans les compétences des couvreurs de vérifier l’isolation, donc l’expertise d’un menuisier est nécessaire. »
L’entretien (et quand remplacer son puits de lumière)

Lorsque l’installation est faite en bonne et due forme, l’entretien du puits devrait être minimal. Après une grosse tempête de neige, il pourrait être nécessaire, en fonction de l’inclinaison du toit, de le dégager pour éviter une accumulation.
Si vous apercevez une noirceur dans les coins du bas du puits de lumière, ou que la vue est obstruée fréquemment par la condensation, il est sûrement temps de le remplacer.
« Les gens attendent souvent que ça coule pour le changer... mais après 25 ou 30 ans, le puits de lumière a subi énormément de stress en raison de l’écart de température entre la partie intérieure et extérieure, conclut M. Rivest. On devrait le remplacer automatiquement quand on refait la toiture. »
