Essence: le litre à 2$ d’ici la fin de semaine?
Depuis le début de cette guerre, menée par Israël et les États-Unis en Iran, les prix du pétrole ont bondi d’environ 50 % en trois semaines.


Martin Jolicoeur
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Les craintes d’une remontée en flèche du prix de l’essence, à plus de 2 $ le litre à la pompe d’ici la fin de semaine, ont gagné en force hier sous le poids d’attaques continues contre les infrastructures de production d’hydrocarbures dans plusieurs pays du golf Persique.
Le conflit, déclenché en février par les attaques coordonnées des forces israéliennes et américaines sur l’Iran, a franchi une nouvelle étape jeudi en frappant massivement de multiples sites de production, en plus de navires, de réservoirs et de terminaux pétroliers et gaziers, déjà visés par les bombes au cours des trois dernières semaines.

Il n’en fallait pas plus pour que le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenne plus de 10 %, s’approchant pour un moment de 112 $ US, et pour que le baril du WTI américain bondisse de plus de 5 % pour dépasser brièvement 100 $ US.
L’effet sur le prix à la pompe au Québec fut quasi immédiat. Au petit matin, comme l’ont constaté des milliers d’automobilistes, l’essence ordinaire se détaillait à plus de 1,88 $ le litre d’essence en moyenne dans la région de Montréal.
En milieu d’après-midi jeudi, le prix avoisinait 1,77 $ dans la région de Québec, tandis qu’il atteignait 1,92 $ dans le Nord-du-Québec, selon le relevé des prix mis à jour en continu par la Régie de l’énergie du Québec.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
À quand 2 $ le litre ?
À ce rythme, le prix pourrait-il dépasser 2 $ le litre d’ici la fin de semaine ou le début de la semaine prochaine ?
Si nul ne peut l’assurer, nul ne peut non plus l’exclure, à partir du moment où des analystes comme Aditya Saraswat, de Rystad Energy, cité hier par l’Agence France-Presse (AFP), envisagent déjà pour bientôt un baril de Brent à plus de 120 $ US.

« Comme toujours, et encore plus dans le contexte actuel, il serait excessivement hasardeux de se risquer à la moindre prédiction », a confié au Journal Carol Montreuil, vice-président de l’Association canadienne des carburants pour l’est du Canada. Mais à moins d’un revirement rapide et complet de la situation géopolitique actuelle, tout indique que la tendance haussière que les automobilistes peuvent constater à la pompe se poursuivra. Nul ne peut prédire quand on atteindra ce prix. Mais si rien ne change, à très court terme, il n’est pas exclu qu’on l’atteigne. »
50 % de plus en trois semaines
La dernière fois que le prix du litre d’essence a atteint un tel niveau au Canada remonte à 2022, au moment des premières attaques armées de la Russie contre l’Ukraine. Au Québec et en Colombie-Britannique, où le carburant est le plus taxé au pays, le litre d’essence avait atteint 2,14 $ avant de redescendre rapidement.

Ces attaques répondaient à celles qui, la veille, avaient été menées par Israël contre le gisement de gaz iranien de South Pars, la plus grande réserve connue au monde. Téhéran a aussitôt répliqué en lançant des frappes de missiles contre une installation qatarie abritant la plus grande usine d’exportation de gaz naturel liquéfié au monde.
Peu après 16 h jeudi, le prix du baril de Brent avait progressé d’environ 0,80 % pour dépasser 108 $ le baril ; le WTI avait reculé d’environ 1 %, dépassant 95 $ US.

Depuis le début de cette guerre, il y a trois semaines, le prix du pétrole a bondi d’environ 50 %, le conflit avec l’Iran ayant fermé le détroit d’Ormuz et incité les principaux producteurs du Moyen-Orient à réduire considérablement leur production.
– Avec Louis Deschênes, David Descôteaux, Mathieu Boulay et l’Agence France-Presse
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