Essais olympiques: «Si je n'étais pas allée à Tokyo, je ne serais plus dans l'eau»


Richard Boutin
Partager
TORONTO Sélectionnée au sein de l’équipe olympique canadienne dans un rôle de soutien en 2021 à Tokyo, la nageuse Mary-Sophie Harvey entre cette fois-ci par la grande porte.
Avec deux sélections individuelles au 100m papillon et au 200m libre en plus des relais 4X100m et 4X200m libre, Harvey n’aura pas le temps de chômer à Paris.
Le grand manitou de la natation canadienne John Atkinson estime que l’expérience acquise par Harvey dans la capitale nippone a contribué à l’éclosion de la nageuse native de Trois-Rivières.
«À Tokyo, on avait amené Mary-Sophie pour nous couvrir dans les séries des relais, mais elle s’est améliorée par la suite en participant à des événements relevés et en gagnant plusieurs médailles aux Jeux panaméricains, a raconté le directeur de la haute performance et entraîneur-chef de l’équipe canadienne. Au cours des derniers mois, on a pu voir sa progression lors de trois ou quatre compétitions et je m’attendais à de belles choses aux Essais.»
Un tremplin pour la suite
Harvey est en parfait accord avec Atkinson. «Si je n’étais pas allée à Tokyo, je ne serais pas ici et je ne serais plus dans l’eau, a-t-elle confié. J’étais plus effacée et c’était difficile de croire en moi. Ma sélection à Tokyo m’a donné espoir et m’a incité à me dépasser.»
Une déception
Les Essais ne se sont pas conclus dimanche soir de la façon souhaitée par Harvey. Même si elle a réussi le standard olympique et abaissé son record personnel à 2 min 09 s 57, Harvey a conclu le 200 QNI en 3e place derrière Summer McIntosh (2 min 07 s 06) et Sydney Pickrem (2 min 07 s 68). Même la 4e nageuse à toucher le mur à réussi le standard dans une course très relevée.
Le 200m QNI est une épreuve que Harvey adore. «Ça fait plus mal de ne pas me qualifier, a exprimé Harvey qui a réussi le meilleur temps des préliminaires en matinée. Je n’ai pas aimé ma course même si j’ai réussi mon meilleur temps. Je prévoyais le descendre plus.»
«J’aurais voulu terminer les Essais comme je les avais débutés, mais ça démontre que je suis humaine et que je ne peux pas réussir des temps de fou à chaque course, de poursuivre Harvey. Je suis déçue et amère pour le moment, mais ça va disparaître. Summer et Sydney ont été incroyables.»
Harvey avait en effet retrouvé son plus beau sourire quand elle a reçu sa veste de l’équipe canadienne et sa carte d’embarquement pour Paris lors de la présentation des nageurs sélectionnés pour les Jeux.
Des regrets de s’être retirée du 400m QNI, jeudi où sa place pour Paris était pratiquement assurée? McIntosh a établi un record du monde, mais Harvey était en excellente posture pour terminer en seconde place.
«C’est l’épreuve où j’avais le plus de chances de médaille à Paris, a-t-elle reconnu, mais c’est une course qui exige beaucoup d’entraînement. J’ai fait cinq fois le 400 QNI au cours des trois dernières années. En voyant les filles partir très vite aux Jeux, cela aurait été difficile. Je ne dis pas non toutefois pour l’an prochain.»
Une équipe expérimentée
La génération en or de la natation canadienne est encore bien présente avec les Maggie Mac Neil, Kylie Masse, Taylor Ruck et Penne Oleksiak qui vivront leurs 3e Jeux en plus de la grande vedette Summer McIntosh qui à seulement 17 ans participera à ses deuxièmes.
Qualifiée dans cinq épreuves individuelles en plus des relais, McIntosh devra possiblement faire des choix en fonction de l’horaire. «Les Jeux sont un sprint et tu dois être aussi bon la 9e journée que la première, a expliqué Atkinson. Au sommet de la pyramide, l’écart est vraiment mince et ce ne sont pas toujours les plus rapides qui gagnent, mais ceux qui ont le mieux géré leur emploi du temps et réussi à récupérer. Ce n’est pas une tâche facile.»
«C’est impressionnant le nombre de performance de calibre mondial dans de nombreuses épreuves que nous avons vues aux Essais, de poursuivre Atkinson. Réussir des performances de ce genre dans une situation aussi stressante me donne confiance que nous sommes à une bonne place. On veut continuer de s’améliorer et être encore meilleurs aux Jeux. À Rio et à Tokyo, nous avons remporté six médailles et nous avons plus de profondeur cette année. On peut envisager d’en gagner plus.»
Un rêve de petit gars
En plus de Harvey, Patrick Hussey du club de Pointe-Claire s’est qualifié pour le relais 4X200m.
Dans un 100m papillon très relevé, dimanche soir, où les trois premiers ont réussi le standard olympique, Hussey a pris le 4e rang. «De participer à mes premiers Jeux, ça signifie beaucoup, a souligné celui qui débutera sa maîtrise en comptabilité à l’Université de la Caroline du Nord en septembre tout en portant les couleurs des Tar Heels. Je rêve à ce moment depuis que j’ai sept ou huit ans et je suis très excité. Il s’agira de ma troisième compétition internationale après les mondiaux de 2022 et 2023 et j’espère que nous allons atteindre la finale A.»
Le Canada n’a pas compté sur un relais masculin au 4X200m libre depuis les Jeux de Londres en 2012.
Natif de Montréal, Ilya Kharun complète le trio de Québécois, mais il a toutefois déménagé aux États-Unis avant même de célébrer son premier anniversaire où il s’est initié à la natation à l’âge de quatre ans.