Essais libres du Grand Prix du Canada: le monde à l’envers
Fernando Alonso réalise le meilleur chrono des essais libres marqués par la pluie


François-David Rouleau
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On attendait les Ferrari, les McLaren et les Red Bull dans les premiers tours de roue aux deux séances d’essais libres du Grand Prix du Canada. Mais ce fut plutôt le monde à l’envers. Sous deux séances perturbées par la pluie, les amateurs ont vu les gros canons rouler au ralenti tandis que les écuries Aston Martin, Haas et RB Honda ont roulé dans le top 10.
C’était donc le monde à l’envers dans cette première journée sur le circuit Gilles-Villeneuve. Si Lando Norris a démarré en force en bouclant le plus rapide tour de piste de la première séance en début d’après-midi, Fernando Alonso a dominé la seconde séance.

Et pourtant, l’écurie britannique qui connaît des ratées cette saison n’a pas placé la barre très haute en prévision du Grand Prix ce week-end. Selon les dires des pilotes et du directeur Mike Krack, le bolide est mal balancé et ne leur permet pas de livrer bataille aux meilleurs du plateau.
Les averses sur Montréal durant l’après-midi ont toutefois changé la donne. Roulant sur des pneus à gomme tendre avant la pluie, Alonso a signé un chrono de 1 min 15,810 s. Il a ainsi devancé la Mercedes de George Russell par près d’une demi-seconde.
«C’était une journée imprévisible en raison des conditions météorologiques, a expliqué l'Espagnol double champion du monde. Demain, il sera important d’aller en piste au bon moment. On a vu que les conditions changeaient rapidement et si on ne poussait pas sur le bon tour, les données n’étaient pas les mêmes. C’est vraiment difficile d’en tirer des conclusions.»
Son coéquipier Lance Stroll a réussi le troisième temps à 6,5 dixièmes de seconde derrière lui.

Ferrari en maraude
Deux semaines après son titre dans ses rues de Monaco, Charles Leclerc a réalisé le quatrième chrono, non sans quelques soucis sur la piste détrempée. Il a entre autres échappé sa rutilante monoplace rouge à l’épingle, sans dégât toutefois.

Carlos Sainz a roulé derrière, accusant près d’une seconde de retard sur son coéquipier.
Figurant parmi ceux qui ont tourné le plus lors de la deuxième séance, le septuple champion au Canada, Lewis Hamilton, a signé le septième chrono.
«On est prêt. C’est une piste sur laquelle il faut rouler et rouler pour l’apprivoiser, car il y a tant de sautillements. C’était une bonne journée», a indiqué celui qui est exclu du top 5 depuis le début de la saison.
Problèmes chez Red Bull
La situation est très différente dans le garage de l’écurie championne en titre. Le triple champion Max Verstappen, qui vise une troisième victoire consécutive à Montréal, n’a complété que quatre tours durant la seconde séance d’essais.

La raison?
La RB-20 a souffert d’ennuis avec son système de récupération d’énergie (ERS). Ce qui expliquait la légère fumée blanche s’échappant de l’unité de puissance. Non, cela ne signifiait pas l’élection d’un nouveau gourou de l’ingénierie au sein de l’écurie de Milton Keynes, au Royaume-Uni!
Mais elle annonçait des problèmes dès les essais libres dans une troisième épreuve de suite. La RB-20 avait mal démarré les escales à Imola et Monaco en étant incapable de rouler dans le top 3.
Si Verstappen a réalisé le 17e temps, Sergio Perez a tout juste pointé le nez dans le top 10, derrière la Williams d’Alex Albon.
En débarquant à Montréal, Red Bull sentait la pression de leurs rivaux. Serait-ce la fin de sa domination ou le résultat d’une véritable mauvaise séquence ? Dans les deux cas, le Dr Helmut Marko, réputé consultant de l’écurie, estime que l’écart s’est considérablement réduit depuis plusieurs courses. Il pointe entre autres les évolutions technologiques chez Ferrari et McLaren.
Red Bull aura beaucoup de travail à faire dans les heures menant aux qualifs, samedi après-midi.
– Avec la collaboration de Mylène Richard