Espionnage dans le sport: cinq cas célèbres

Philippe Asselin
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Canada Soccer et le Comité olympique canadien (COC) sont les dindons de la farce à l’aube de l’ouverture des Jeux olympiques.
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Empêtrées dans un scandale d’espionnage avec un drone, les instances ne sont toutefois pas les premières à devoir composer avec la honte de s’être fait prendre la main dans le sac.
Voici cinq autres scandales d’espionnage dans le monde du sport.

Patriots de la Nouvelle-Angleterre
Dans la NFL, il n’y a pas de scandale d’espionnage plus connu que le «Spygate» impliquant les Patriots de 2007.
Sous la gouverne de l’entraîneur-chef Bill Belichick, les «Pats» s’organisaient pour filmer les signaux des entraîneurs adverses pendant les matchs.
Il ne s’agit pas en soi d’une procédure illégale dans la NFL, car il existe des zones désignées par la ligue pour ce type de «tournage». Cependant, les «Pats» filmaient les instructeurs rivaux depuis leur propre ligne de touche pendant le match, ce que le commissaire Roger Goodell a jugé inacceptable en regard des règles de la ligue. Après une enquête, la NFL a infligé une amende de 500 000$ à Belichick, une sanction de 250 000$ aux Patriots et il a retiré à l’équipe sa sélection de première ronde au repêchage 2008, qui aurait eu le 31e choix au total.
La NFL a aussi exigé que les Patriots remettent toutes les notes et vidéos relatives à l’enregistrement des signaux. Parce que les bandes vidéo ont été immédiatement détruites et jamais examinées en profondeur, l’ampleur du «Spygate» reste largement inconnue.
McLaren – F1
Visiblement, l’espionnage était populaire en 2007... Cette année-là, l’écurie de F1 Ferrari dépose une plainte contre l’un de ses employés: le manager technique Nigel Stepney. Ce dernier est accusé d’avoir communiqué des informations à McLaren, une écurie rivale.
Après de longues semaines d’enquête, la responsabilité de McLaren dans cette histoire est également démontrée. Stepney est évidemment congédié par Ferrari, et McLaren est définitivement exclue du championnat des constructeurs pour la saison en cours. L’écurie britannique se voit infliger une amende de 100 M$.
Ce sont par ailleurs plusieurs dénonciations à l’interne, dont celle du pilote Fernando Alonso, qui ont mené à l’inculpation de McLaren dans cette affaire.
Liverpool
Retournons dans le merveilleux monde du soccer avec un scandale impliquant des équipes de la Premier League. En 2013, Manchester City a accusé deux de ses anciens recruteurs partis à Liverpool d’avoir eu accès à leur base de données «plusieurs centaines de fois» en quelques mois.
Les deux hommes n’ont pas piraté le logiciel de recrutement de Manchester City, puisqu’ils ont simplement utilisé le code d’accès d’un ancien collègue.
Pour «s’excuser», Liverpool a dû payer un million de livres sterling à Manchester City.

Astros de Houston
La conquête de la Série mondiale de 2017 des Astros sera à tout jamais teintée par un scandale de vol de signaux.
Le stratagème a été révélé par le lanceur Mike Fiers en novembre 2019. Il consistait à utiliser un système de caméras et d’avertissements sonores (notamment frapper sur une poubelle de métal...) pour avertir les frappeurs du type de lancer utilisé par l’artilleur adverse.
L’enquête du baseball majeur a ensuite mené à la suspension pour un an du directeur général Jeff Luhnow et du gérant A.J. Hinch. De plus, les Astros ont été privés de leurs choix de premier et de deuxième tour pour les repêchages de 2020 et de 2021. Ils ont aussi reçu une amende de 5 M$, soit le montant maximum permis par la convention collective de la ligue.
Cardinals de St. Louis
Les Astros se sont retrouvés de l’autre côté d’un scandale d’espionnage. En 2017, l’ancien directeur du recrutement des Cardinals Chris Correa a été condamné à 46 mois de prison pour avoir piraté la base de données du club texan.
Les gestes reprochés à l’homme sont survenus entre 2013 et 2014. Durant cette période, il a consulté à plusieurs reprises des informations confidentielles trouvées dans les bases de données de dépistage des Astros. Par exemple, il a étudié la page qui identifiait les espoirs au repêchage et qui expliquait comment les recruteurs de Houston avaient évalué ces joueurs.
En agissant de la sorte, Correa a enfreint une loi fédérale qui interdit l’accès non autorisé à l’ordinateur d’une autre entreprise dans le but de voler des données de cet ordinateur. Cela explique la sentence de prison. Le coupable a aussi été banni à vie du baseball majeur.
De leur côté, les Cardinals ont été condamnés à payer 2 M$ en dédommagement aux Astros et à leur céder leurs deux premiers choix au repêchage de 2017.