«Nous ne sommes pas des tricheuses, nous sommes de maudites bonnes joueuses»: Équipe Canada s’accroche à sa vie malgré les sanctions de la FIFA


Kevin Dubé
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«Nous ne sommes pas des tricheuses, nous sommes de maudites bonnes joueuses.»
Pas de doute, même les plus grands détracteurs vont devoir commencer à donner raison à Vanessa Gilles. En pleine tourmente, le Canada a défait la France in extremis par la marque de 2 à 1, dimanche au stade Geoffroy-Guichard de Saint-Étienne, pour demeurer en vie et maintenir ses chances d’accéder à la ronde éliminatoire, et cela, malgré la sanction de six points imposée par la FIFA.
«On a beaucoup pleuré», a lancé Vanessa Gilles, auteure du but victorieux à la 101e minute, avec émotion au micro du réseau CBC après le match. «Ce n’est pas la situation idéale pour être à notre meilleur, mais on a continué de se tenir. Ce qui nous a donné de l’énergie, c’est nous, notre détermination, la fierté de prouver aux gens qu’ils ont tort, notre fierté de représenter notre pays malgré toute la merde qui se dit sur nous à propos de nos valeurs, de la façon dont on représente le Canada. Je l’ai dit souvent et je vais le répéter: nous ne sommes pas des tricheuses, nous sommes de maudites bonnes joueuses et une maudite bonne équipe et on l’a prouvé ce soir.»
C’est une semaine catastrophique pour le soccer canadien à plusieurs niveaux, il faut l’avouer. Le scandale d’espionnage a terni l’image de Canada Soccer et du Canada en général, au tout début des Jeux olympiques.
Mais, sur le terrain, on n’a d’autre choix que d’avouer que les joueuses de l’équipe canadienne sont en mission: démontrer au monde que ce n’est pas à cause d’un drone qu’elles ont acquis la réputation internationale dont le Canada jouit depuis plusieurs années.
Et que ce n’est pas non plus à cause d’un drone qu’elles ont remporté l’or aux derniers Jeux, à Tokyo en 2021.
Résilience
Dimanche, elles étaient acculées au pied du mur. En raison de la sanction de six points imposée par la FIFA dans la foulée du scandale, le Canada pointait au dernier rang du groupe A avec un total de -3 points au classement, avec deux matchs à jouer dont celui de dimanche face aux puissantes Françaises, deuxièmes au monde.
Il n’existait qu’une seule option si elles désiraient demeurer en vie: une victoire. Avec une défaite, ou même un match nul, c’en était fini de leurs chances d’accéder à la ronde des médailles.
Et après une demie, c’était 1-0 pour les Françaises grâce à un but de Marie-Antoinette Katoto, inscrit à la 42e minute de jeu.
Un retour spectaculaire
Mais les Canadiennes, résilientes, sont revenues en force après la mi-temps. La capitaine Jessie Fleming a tout d’abord créé l’égalité lors d’un but qui a eu raison du match de la gardienne française Pauline Peyraud-Magnin, blessée à un œil. Puis, Vanessa Gilles a marqué un but héroïque à la 101e minute pour propulser le Canada vers une victoire de 2 à 1.
La formation canadienne a donc rattrapé le retard causé par la sanction de la FIFA et se retrouve à 0 pt après deux matchs. Elles concluront la phase de groupe avec un duel face à la Colombie mercredi, dans un autre match qu’elles devront absolument gagner. Si elles le font, elles accéderont à la ronde suivante.
«J’y crois», a assuré Évelyne Viens à Radio-Canada. «Je ne serais pas ici si je n’y croyais pas. Je pense que c’est la même chose pour l’équipe. On a toujours été unies. [...] On a gagné la médaille d’or la dernière fois parce qu’on était unies et qu’on a travaillé en équipe. C’est ce qu’on va faire encore une fois.»