Tous les résultats
Publicité

Epstein: le monde parallèle des intouchables

L’affaire Epstein montre une classe de riches et puissants, certains d’être au-dessus des lois.
L’affaire Epstein montre une classe de riches et puissants, certains d’être au-dessus des lois. Photo Getty Images via AFP
Photo portrait de Mario Dumont

Mario Dumont

2026-02-04T05:00:00Z
2026-02-04T05:20:00Z

Partager

Je n’ai en rien en soi contre les gens qui deviennent très riches. Ceux qui y arrivent honnêtement ont inventé quelque chose ou créé une entreprise qui répond si bien aux besoins de la population que le succès tombe sur eux.

Certains ont des talents exceptionnels dans le sport, les arts ou la gestion et sont propulsés au sommet avec les revenus associés. On peut se plaindre des salaires des joueurs de baseball ou des PDG de compagnies, la réalité c’est qu’un concurrent est souvent prêt à offrir encore davantage pour les attirer. Le talent vaut quelque chose.

Mais l’argent ne peut pas tout acheter. En fait, l’argent ne doit surtout pas permettre de tout acheter. Surtout pas de s’acheter le privilège de vivre au-dessus des lois.

Homme d’influence

Tristement, c’est exactement l’image qui se dégage de toutes les révélations de la justice américaine sur l’affaire Epstein. L’histoire d’un riche, devenu encore bien plus riche parce qu’il tenait des puissants et des fortunés par les couilles (oui, oui, c’est ainsi qu’il faut le dire).

Ce que le public découvre dans ce déluge de photos et de messages, c’est une classe de riches et de puissants qui flotte au-dessus de la masse, convaincus que les lois du monde sont faites pour les autres. Profondément en eux, ils semblent habités par une certitude d’appartenir à une classe à part qui n’a pas à restreindre ses fantasmes au nom de la loi.

Publicité

Hier, le collègue Benoit Dutrizac lançait une réflexion brutale, mais criante de vérité. Lorsque des milliardaires se sont payé des montres, des fringues, des voitures, des villas, des voyages de luxe, il reste quoi comme fantaisie? Se payer des humains. De jeunes filles, des esclaves sexuelles, des humains qui deviennent des objets puisqu’on en a déboursé le prix.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Ce qui est frappant, c’est l’ampleur du réseau. L’affaire Epstein fait trembler la politique américaine, le monde des affaires, des universitaires, des grandes familles et même la royauté britannique ainsi que la royauté norvégienne.

Un haut placé du gouvernement de Slovaquie a démissionné, le président du Comité organisateur des jeux de Los Angeles a dû se confondre en excuses. Même le grand intellectuel de gauche Noam Chomsky entretenait une relation chaleureuse avec Epstein lui disant dans une correspondance qu’il fantasmait sur les Caraïbes... sans référer à l’île privée.

On passe l’éponge

Au fond, ce qui est grave là-dedans, ce n’est pas tant que cette brochette de chics haut placés se sentent au-dessus des lois du bon peuple. Ce qui est grave, c’est qu’ils ont raison. La justice va laisser tranquilles toutes les relations d’Epstein.

Le procureur général Todd Balnche l’a déjà annoncé: aucune accusation supplémentaire. Il y a des victimes, mais pas de coupables. Impensable.

Le mystère là-dedans, c’est que tant d’électeurs de Trump l’aient vu comme l’homme du peuple qui servirait de rempart contre l’élite. Lorsqu’on le voit sur des dizaines de photos avec Epstein, il a plutôt l’air de faire partie du party.

Publicité
Publicité