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Épidémie d’Ebola: «On est tous un peu complices», estime l'ex-présidente de Médecins sans frontières Joanne Liu

Agence QMI

2026-05-17T21:27:07Z

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L’épidémie d’Ebola qui frappe actuellement la République démocratique du Congo (RDC), inquiète les autorités sanitaires mondiales, notamment parce qu’elle présente des défis importants en raison de l’absence de vaccin, de la mobilité des populations touchées et de l’aide internationale qui a été amputée.

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La province de l’Ituri, au nord-est du pays, est l’épicentre de la flambée : plus de 240 cas suspects et environ 80 décès ont été recensés. Cette nouvelle éclosion est causée par le virus Bundibugyo, une souche d’Ebola moins connue que les précédentes, explique Dre Joanne Liu, directrice du Laboratoire sur la préparation aux pandémies et aux crises à l’Université McGill.

« On n’a pas de traitement ni de vaccins spécifiques pour endiguer ce virus du Bundibugyo », a-t-elle expliqué en entrevue à TVA Nouvelles, dimanche.

L’épidémie touche principalement les villes minières situées près des frontières de l’Ouganda et du Soudan du Sud, ce qui complique le travail des autorités sanitaires : « Ce sont des populations qui sont mobiles, qui se déplacent [...] Je crois que les éclosions vont toujours arriver ».

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« On est tous complices »

La Dre Liu rappelle que la RDC fait face à sa 17e épidémie d’Ebola et que le pays possède déjà une certaine expertise. Elle estime toutefois que les capacités de réponse demeurent fragilisées.

Elle pointe notamment du doigt les compressions dans le financement international des laboratoires et des systèmes de santé.

« Il y a des choses qui ont été faites, mais [...] pas à la vitesse qu’on voudrait [...] [en raison des] diminutions de financement de pays étrangers. Donc tout ça ensemble fait que ça donne une certaine vulnérabilité. [...] Il ne faut pas juste donner le blâme à un pays, mais tous les pays nantis ont diminué leur aide à l’international dans la dernière année, incluant le Canada. On est tous un peu complices. »

Celle qui a également été présidente de Médecins sans frontières (2013 à 2019) estime que « la meilleure façon de s’assurer que ça n’arrive pas chez nous, c’est d’être solidaire avec la République démocratique du Congo ».

« C’est collectivement qu’il va falloir s’y atteler. [...] Si on a ici des experts, des épidémiologistes, des gens qui peuvent aller prêter main-forte, ça vaut la peine parce qu’en l’endiguant où elle se trouve et en diminuant sa propagation, ça diminue aussi ses chances de passer à d’autres frontières. C’est ça la clé. »

Aucun cas au Canada

Soulignons qu’actuellement, aucun cas n’a été signalé au Canada. L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) assure suivre de près les éclosions de la maladie ailleurs dans le monde. L’agence collabore avec plusieurs partenaires internationaux, dont l’OMS, ainsi que les gouvernements des provinces et des territoires afin de prévenir une épidémie en sol canadien. Si un cas d’Ebola était détecté au Canada, l’ASPC devra rapidement le signaler à l’Organisation panaméricaine de la santé et à l’OMS, en vertu du Règlement sanitaire international.

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