Entretien des perles: voici les erreurs à éviter absolument
Amélie Hubert-Rouleau
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Autrefois l’apanage des riches, les perles sont – heureusement! – aujourd’hui à la portée de tous les portefeuilles. Observées autant sur les passerelles que dans la rue, elles se sont réinventées plusieurs fois, mais demeurent toujours chics et glamour.
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Des colliers sautoirs aux ras-du-cou, en passant par de délicates boucles d’oreilles ou d’amusants bracelets, on a envie de s’en mettre partout! La formatrice en enfilage de perles et diplômée de l’École de joaillerie de Montréal Louison Grymonpré nous explique ce qu’il faut absolument savoir à propos de ces précieux bijoux nacrés.
Les types de perles
Pour créer une perle de culture, on introduit un corps étranger dans un mollusque. Celui-ci produira de la nacre, qui se dépose sur le corps étranger et formera éventuellement une perle. Il existe deux grandes familles de perles: les perles d’eau douce et les perles d’eau salée. Les perles d’eau douce sont cultivées — on s’en doute — dans des moules en eau douce. «On les trouve notamment dans les rivières, les lacs et les étangs», souligne Louison. La Chine est le plus important producteur de perles d’eau douce dans le monde. Composées presque seulement de nacre (souvent sans noyau), ces perles peuvent varier en forme et en taille. Leur brillance est plus douce que les perles d’eau salée. Une chose est sûre: elles grandissent beaucoup plus vite que les perles d’eau salée à cause de la température de l’eau, plus chaude qu’en mer. «C’est cette différence de température qui permet à la moule de grandir plus vite, et donc de confectionner des perles plus rapidement. Ça explique aussi le prix des perles d’eau douce; comme on en trouve beaucoup plus et qu’elles sont plus faciles à produire, elles coûtent également moins cher», précise la formatrice.
Les perles d’eau salée, quant à elles, sont cultivées dans des huîtres élevées en mer. Elles sont plus chères, puisqu’elles prennent plus de temps avant d’arriver à maturité. Un noyau rond est inséré manuellement, ce qui en augmente la rondeur, la brillance, et la valeur. «On peut produire jusqu’à 60 perles d’eau douce par moule, parce que ce sont de très gros mollusques — des invertébrés d’une trentaine, voire une quarantaine de centimètres! Les huîtres sont quant à elles beaucoup plus petites; on peut produire seulement deux ou trois perles en même temps.»
Les perles d’eau salée possèdent un lustre intense, une brillance qui est parfois qualifiée de «miroir». Parmi celles-ci, on retrouve les perles de Tahiti, des mers du Sud et les perles Akoya. Les perles de Tahiti sont les plus connues; elles prennent une couleur sombre, avec des reflets gris, verts ou bleus, et même parfois orange ou violets. Plutôt petites, elles sont produites en Polynésie française. Très prisées, les perles des mers du Sud présentent des teintes qui vont du blanc à l’argenté et au doré. Elles sont plus coûteuses puisqu’elles sont plus rares. Enfin, les perles Akoya varient du blanc au gris, en passant par le rose. On les cultive surtout au Japon, un pionnier en matière de culture des perles, mais aussi ailleurs. «On parle souvent de perles “japonaises” lorsqu’on mentionne les perles Akoya, parce que leur production a commencé là-bas, mais la culture est maintenant étendue à d’autres pays d’Asie», explique Louison.
La valeur d’une perle est déterminée en fonction de cinq critères principaux:
- forme: ronde, ovale, en goutte, en bouton, baroque, semi-baroque ou cerclée;
- diamètre, qui peut varier de 1 à 20 mm;
- brillance, évaluée à travers deux aspects: le lustre, soit la capacité de la surface à réfléchir la lumière, et l’orient, c’est‐à‐dire les jeux de lumière internes révélés par les couches de nacre;
- qualité de la surface, plus ou moins marquée par des imperfections;
- couleur, déterminée par l’espèce du mollusque et les conditions de culture.
Les précautions à prendre
Vous avez reçu un magnifique collier nacré et vous voulez être certaine qu’il ne perde pas de son lustre à travers le temps? Il faut en prendre soin, le traiter avec délicatesse. On a tendance à sous-estimer la fragilité des perles, estime la bijoutière. Elles sont sensibles à la température et à la sécheresse. «On dit souvent que la meilleure manière d’entretenir ses perles, c’est de les porter. L’humidité de la peau nourrit la perle.» Si la nacre réagit bien à l’humidité de notre épiderme, il vaut cependant mieux éviter de trop porter nos perles en été, au soleil. Les rayons peuvent assécher nos perles et, éventuellement, les faire craquer. Pendant la saison estivale, la sueur peut rendre notre peau plus acide, ce qui peut également altérer la nacre des perles. Par ailleurs, on évite le contact avec l’eau, surtout l’eau de piscine, très chlorée.
Les bons gestes
- Il n’est pas recommandé de polir les perles de nos bijoux avec les linges de polissage qu’on peut retrouver dans les bijouteries; ceux-ci sont trop abrasifs pour la nacre.
- Après les avoir portées, on nettoie nos perles avec un chiffon ou un tissu doux, pour enlever toute trace de maquillage, de parfum ou d’huile corporelle.
- Les perles peuvent se grafigner ou devenir moins lustrées au contact d’autres pierres ou du métal de nos autres bijoux. On les range donc dans un petit sac en tissu ou un écrin à part pour préserver leur surface.
- À force de porter nos colliers ou bracelets de perles, les fils de soie qui les assemblent peuvent s’étirer et s’user. Louison recommande donc de faire refaire le collier ou le bracelet tous les trois ans environ, dépendamment de la fréquence à laquelle on le porte. «Si on porte notre bijou tous les jours sans jamais l’enlever, on aura besoin de le faire ré-enfiler plus rapidement que si on ne le porte qu’à l’occasion et qu’on le range correctement après», souligne-t-elle.
- On n’hésite pas à poser des questions à notre joaillier·ière sur la provenance des perles qu’il·elle utilise, afin de s’assurer de leur qualité. «Il peut arriver que certaines perles de grande valeur — notamment les perles des mers du Sud, reconnues pour leurs teintes dorées — soient en réalité des perles d’eau douce teintées, proposées à un prix supérieur à ce qu’elles valent réellement. Il est donc essentiel de vérifier l’authenticité des pièces et de pouvoir compter sur l’expertise de son joaillier.»
Un truc de grand-mère?
Un aliment que l’on retrouve dans la majorité des garde-manger peut nous aider à prendre soin de nos perles: l’huile d’olive! On ajoute quelques gouttes d’huile sur les perles pour leur rendre leur brillance d’origine. «On peut utiliser cette technique d’entretien aux deux ans. Et on fait attention de ne pas imbiber le fil de notre collier ou de notre bracelet.»
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