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Un nouveau départ pour Mélissa Désormeaux-Poulin

«Mea culpa», mardi à 21 h, à Radio-Canada.

Michèle Lemieux

2026-01-23T10:10:00Z

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Après une année bien remplie où elle a voyagé seule, vu ses filles continuer de s’épanouir et accepté de jouer au théâtre — une première dans sa carrière —, Mélissa Désormeaux-Poulin confirme que 2026 sera aussi une année remplie de défis. Avec la fin de Mea culpa, l’actrice se concentrera sur Le comte de Monte-Cristo ainsi que sur les projets personnels qu’elle souhaite mener à terme. Gageons que l’année à venir nous permettra de la rencontrer là où nous ne l’attendions pas.

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Mélissa, en cette deuxième saison de Mea culpa, qu’est-ce qui attend Bérénice, ton personnage?

À la fin de la première saison, Bérénice a accepté de prendre le dossier d'une femme qui a tué son chum, et cette fille va devenir très, très insistante. Il va se passer quelque chose avec ce personnage, interprété par Geneviève Boivin-Rossy. C’est un cas complexe. Mettre ses limites sera un enjeu pour Bérénice cette année. Dès le début de la saison, elle vit un drame épouvantable et on craindra pour sa vie. On ne sait pas si elle survivra à ça. David (Maxim Gaudette) reviendra faire son tour. On s'intéressera aussi aux amies de Bérénice et à ses parents. C’est Dorothée Berryman qui joue ma mère. Elle est formidable! C'est une belle saison.

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On a annoncé que ce sera l’ultime saison. Comment abordes-tu la fin de ce projet?

Je l'ai su trois semaines avant que les tournages se terminent. C'est sûr qu'il y a eu un petit deuil à vivre: le deuil de ce personnage et de tout ce qu'on a créé. Mais en même temps, je suis habituée. C'est comme si ça faisait partie de ma vie. Je suis dans un vide, mais le vide apporte toujours quelque chose, et je le pense sincèrement.

«Mea culpa»
«Mea culpa»

Tu es une optimiste de nature?

Peut-être, mais ça fait longtemps que je fais ce métier-là. Pour que les deuils ne me fassent pas mal, je me dis que quelque chose d’autre m’attend. Le théâtre m'attend et ce projet est un défi qui m'occupera beaucoup. Je vois donc la fin de Mea culpa très positivement. Si on a l'impression d’être allé au bout de quelque chose, il ne faut pas étirer la sauce. Je crois que l’auteure, Chantal Cadieux, savait que ça allait être la dernière. Quand la série va se terminer, on verra que tout fait sens.

Parlons de ce défi qui t’attend avec Le comte de Monte-Cristo, un premier rôle au théâtre dans ta longue carrière.

C’est une offre que je ne pouvais pas refuser. Je pense que j'avais besoin d'un défi. Je suis habituée à faire de la télé et du cinéma, je vais donc être déstabilisée, et c’est parfait. J'approche le projet avec humilité. Je connais mon métier, mais c’est comme si je retournais à l’école. J'ai hâte d'être avec la gang, de vivre les longues répétitions et la tournée. Et avec Serge (Denoncourt), je me sens en sécurité. Je sais qu'il ne va pas me faire faire n'importe quoi. Mercedes, c’est le personnage féminin principal, qui est l'amour de jeunesse de Monte-Cristo. Il sera emprisonné, mais il n'est coupable de rien. Pour moi, cette femme représente la noblesse, l'amour pur, le droit chemin.

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J'aimerais qu'on revienne sur ton année 2025. Comment la résumerais-tu?

J’ai vécu six mois très intensifs à cause de Mea culpa. J’ai quand même eu trois mois sans travail, mais comme je savais que j'allais avoir quelque chose par la suite, je n'étais pas anxieuse. J’ai un peu profité de la maison. J'ai développé des projets, des choses plus personnelles en arrière de la caméra. J’ai fait des rencontres. Au début de l’année 2025, je suis partie toute seule au Costa Rica. Ça faisait longtemps que je voulais le faire, et j’avais une fenêtre d’opportunité, car j’avais un mois devant moi. C’est mon chum qui m’a incitée à partir: il a acheté des billets pour moi. Ça m'a donc forcée à le faire, et je suis partie une semaine. Pour moi, c’était un beau défi. Ça m’a permis de réaliser certaines choses. Je fantasmais sur l'idée de partir seule, mais j’ai compris que je ne suis peut-être pas une solitaire. J'avais envie de faire du yoga intensivement, alors j'ai suivi trois ou quatre cours par jour. Ç'a été révélateur. Autant j'ai tripé à être toute seule, autant je me suis ennuyée de ma petite famille et de mes amis.

Est-ce que ta famille t'a aussi manifesté son ennui?

Pas du tout! (rires) Les filles m’encourageaient à m’amuser. Je me suis rendu compte que, sans être une solitaire, je suis bien avec moi-même. Je croyais que j’avais besoin d’être seule, mais c'est une fausse idée que je me faisais de moi-même. Ce n'est pas tout le monde qui a besoin de solitude. J’ai réalisé que c’est mon cas. J’aime partager.

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Que ton chum t'ait encouragée à partir, c'est de l'amour, ça!

C’est vrai que c’était généreux de sa part. Je ferais la même chose pour lui. (sourire)

Tu disais profiter de ta vie personnelle. Comment fais-tu pour y parvenir?

Il ne faut pas que la pause soit trop longue, mais j’aime avoir le temps de me ressourcer, voir des films, lire, être présente, ne pas avoir à apprendre des textes, car ça me demande beaucoup de temps. Juste être là et ne pas penser au lendemain, tout en sachant que j’ai quelque chose au programme, c’est déjà beaucoup. J’ai eu la chance de me déposer quelques mois. Peut-être qu'en vieillissant ce genre de pause sera de plus en plus doux. Je sens que j’en ai plus besoin. À la fin de l’année, je me sentais fatiguée.

Tu te déposes avec toute cette expérience acquise et sans te demander si tu as encore ta place?

Oui, peu importe s'il y a quelque chose après ou non. Je pense que, de plus en plus, je vais y arriver. C'est plus doux à l'intérieur. Je ne me remets pas en question, mais la vérité, c’est que je vais toujours avoir l’inquiétude de ne pas retravailler.

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Après combien d'années, Mélissa?

Après... 35 ans?

Dire que plusieurs sont à la retraite après 35 ans de métier et toi, tu te demandes encore si tu vas travailler à nouveau...

C’est vrai, mais ce n'est pas la même chose pour les travailleurs autonomes. On n'a pas de sécurité, mais ce n'est pas anxiogène.

Peut-être qu’avec le temps, on découvre que la véritable sécurité est intérieure?

Ah, c'est beau! Tu as raison. Même à 20 ans, j'avais l'impression que j'étais très riche. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours eu ce feeling-là. Je me disais que si je mangeais, tout était correct: j’étais riche.

Tu n’avais pas des besoins démesurés?

En vieillissant, mon seul besoin, c'est de voyager. C'est quand même un luxe. Sinon, je n’ai pas besoin de plein de choses.

Donne-nous des nouvelles de tes filles. Où en sont-elles?

Léa, ma grande de 20 ans, fait sa vie. Elle ira étudier à San Diego pour apprendre l’anglais. C'est vraiment chouette. Elle poursuivra ensuite ses études en communication à l’université. Quant à Florence, qui a 13 ans, nous voulons qu'elle se concentre sur l'école, et ça va bien. Elle est de L'œil du cyclone, et est encore aussi bonne. Elle vieillit, elle a plein d'autres champs d'intérêt, chose importante pour nous. Je trouve que les filles vieillissent bien, et je me trouve chanceuse. Je pense que c'est pour cette raison que je me sens riche.

Sens-tu que ton rôle de mère a évolué?

Absolument: je ne suis plus la même maman. C’est une étape où on se retrouve, comme personne, comme couple. Mes filles font leur vie. Parfois, je veux planifier quelque chose avec elles, mais elles ont leur programme. Cet été, je suis allée au zoo avec Florence et nous nous sommes dit que c’était la fin. Nous ne sommes plus là, c'est terminé. Ça fait drôle de réaliser ça...

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Julien Faugere / TVA Publications
Julien Faugere / TVA Publications

Mélissa, nous avons survolé l’année qui vient de se terminer, mais comment s'annonce l’année 2026 pour toi?

On dirait que je me souhaite toujours la même chose: de l'équilibre. Je veux aussi du temps pour moi. Sinon, je rêve que mon projet, dont je t’ai parlé, se réalise. Je rêve d'être à la base d'un projet: l’initier, le porter, prendre des décisions. Ça m’intéresse. Je veux continuer de porter les mots des autres, mais j’aimerais partir le projet, être de toutes les décisions.

En pleine quarantaine, tu te donnes la possibilité d'évoluer encore?

Ce sont les désirs qui changent. En vieillissant, on prend confiance. Je pense que je suis dans une étape normale. J'ai l'impression que je suis dans mes bonnes années, il faut que j'en profite.

Pourtant, tu as des modèles de femmes qui poursuivent leur carrière bien au-delà de la cinquantaine et même de la soixantaine.

Oui, je pense entre autres à Élise Guilbault, Anne Dorval, Guylaine Tremblay, Danielle Proulx, France Castel, Kate Winslet. Il y a plein de femmes un peu plus vieilles que moi qui continuent de travailler. Dorothée Berryman est un super exemple. Elle a vraiment eu une belle vie et elle continue de travailler.

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Il y a eu des rencontres significatives pour toi sur le plan professionnel?

Il y en a eu plein. Quand j’étais petite, il y a eu Micheline Lanctôt. C'est tout un exemple de femme. C'est elle qui a donné mon nom pour Jamais deux sans toi. Elle m’avait dit: «Toi, tu vas faire ça dans la vie.» Elle est allée voir mes parents en leur disant que j’avais vraiment quelque chose. C'est comme si elle m'avait donné confiance. C’est plus tard que j'ai réalisé ce qu'elle m'avait dit. Par la suite, tout au long de ma carrière, il y a toujours eu des femmes importantes. Des hommes aussi. Je pense, entre autres, à Sébastien Ricard et à Frédéric D’Amour, que j'ai retrouvé dans Mea culpa. Les relations qui se poursuivent, les liens qu’on tisse, ça me plaît. Moi, je suis une fille de long terme partout dans la vie. J’aime que ce soit aussi le cas dans mon travail.

As-tu le sentiment d'être rendue à une étape de transmission à certains égards?

Je sens que je le fais régulièrement quand il y a un nouveau comédien qui arrive sur le plateau. Je prends soin des gens, particulièrement des nouveaux. C'est tellement insécurisant comme travail. Il y a encore des femmes qui m’écrivent pour me dire qu’elles sont avocates parce qu’elles ont aimé mon personnage dans Ruptures. C'est étrange, parce que je suis comédienne, pas avocate. Je suis consciente que ce n’est pas moi qui les ai marquées, mais les rôles que j’ai tenus.

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Mea Culpa, mardi à 21 h, à Radio-Canada. Le comte de Monte-Cristo sera présentée à Montréal, Gatineau et Québec à l’été 2026. Infos et billets: agentsdoubles.ca. Mélissa est porte-parole de la Fondation Marie-Vincent. Infos: marie-vincent.org.

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