Engouement pour le hockey féminin: Hockey Québec devra offrir un produit de proximité aux jeunes filles


Richard Boutin
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Très heureux de l’engouement suscité par la LPHF, Pascal Dufresne pense que cette ferveur va se traduire par une augmentation des inscriptions des jeunes filles à moyen terme et il espère que Hockey Québec sera prête à répondre à la demande.
«On en parle entre nous et c’est vraiment tripant, et je pense que ça peut aider le membership dans quelques années, mais Hockey Québec devra être présent pour développer la structure, a expliqué l’entraîneur-chef des Titans de Limoilou. Si les inscriptions augmentent, il faudra être capable d’accueillir les jeunes comme l’Ontario le fait.»
Dufresne souhaite que les jeunes filles M-9 et M-11 puissent évoluer ensemble dans leur région. Actuellement, on ne retrouve qu’une poignée d’équipes M-11 totalement féminines dans la région de la Capitale-Nationale.
«Les jeunes filles voudront reproduire le modèle des équipes professionnelles en jouant dans des équipes composées uniquement de filles, a mentionné Dufresne. Dans l’équipe de mon gars, il y a trois petites filles qui jouent. Personne n’est encore en mesure de répondre à ma question: pourquoi les filles ne jouent pas avec les filles dès leurs débuts comme au soccer? Les filles doivent évoluer avec les gars si elles veulent jouer à proximité.»
«Le plus grand défi du Québec est d’offrir une structure intéressante à proximité à nos jeunes filles, ajoute Dufresne. Les jeunes et les parents ne veulent pas se rendre au Lac Saint-Louis pour un match.»
Le Québec compte une ligue provinciale à huit équipes dans les catégories M-13, M-15 et M-18. «Il y a quatre ans, on avait 12 ou 13 filles dans le pee-wee AAA. Cette année, il y avait environ 50 filles et on a tenu un camp de sélection. Quand les filles sont coupées, elles retournent toutefois avec les gars, faute de structure.»
Un autre monde à Ottawa
Tout juste de retour d’Ottawa pour un tournoi, Dufresne a constaté une fois de plus le grand écart entre le Québec et l’Ontario. «Pour une population similaire à Québec, Ottawa compte quatre bonnes équipes M-22 comparativement à une pour Québec. Dans cette seule équipe, on doit miser sur des filles de l’extérieur de la région.»
Présent au Centre Bell, le 20 avril dernier, pour le match de la Victoire, qui avait établi un record d’assistance pour un match féminin avec une foule de 21 105 spectateurs, Dufresne sera dans les gradins du Centre Vidéotron, dimanche, en compagnie de ses joueuses.
Dose d’amour à prévoir
«On a déplacé en soirée notre match contre André-Laurendeau, a-t-il indiqué. À Montréal, l’an dernier, j’ai pogné quelque chose quand j’ai vu Marie-Philip sur l’écran géant. Mes deux petits gars ont aussi vécu de belles émotions avec cette dose d’amour, qui va sûrement déferler encore à Québec. Les amateurs ont une admiration sans bornes pour Marie-Philip. Ils la connaissent et s’identifient à elle.»
«La clientèle est beaucoup féminine, différente de la Ligue nationale et de la LHJMQ, poursuit Dufresne. Les filles ne pratiquent pas nécessairement le hockey, mais elles sont accrochées à leurs vedettes.»
Québec pourrait-elle accueillir une franchise d’expansion si la LPHF élargissait ses cadres? «Comme entraîneur de hockey, je prendrais une équipe universitaire à Québec avant un club professionnel, a affirmé Dufresne. Avec le départ d’Ottawa et de Carleton, le réseau universitaire québécois ne compte plus que quatre équipes et c’est difficile de vendre cette option à nos filles. Ottawa est devenu moins attrayant pour nos filles dont les parents allaient les voir jouer Montréal. Encore plus de filles quitteront pour la NCAA.»