Enfin une tour pour bien voir le centre-ville!
Notre chroniqueur a visité le chantier de la Tour du Port, d’où l’on pourra admirer la silhouette de Montréal


Louis-Philippe Messier
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À l’intérieur de Montréal, le journaliste Louis-Philippe Messier se déplace surtout à la course, son bureau dans son sac à dos, à l’affût de sujets et de gens fascinants. Il parle à tout le monde et s’intéresse à tous les milieux dans cette chronique urbaine.
Tandis que je visitais les blocs d’Habitat 67 pour une précédente chronique, je m’émerveillais de la vue qu’on y a sur Montréal et je me scandalisais du fait que seule une poignée de gens trop bien nantis y aient droit.
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Eh bien, cette injustice sera une chose du passé dès le printemps prochain, car une nouvelle tour de 15 étages a été érigée sur le Grand Quai du Port de Montréal, anciennement nommé « jetée Alexandra ». Située non loin du Centre des sciences, la tour permettra au grand public de profiter d’une perspective complète sur le cœur de la métropole, ainsi que d’une vue à 360 degrés.
Attention, les activités pour visiteurs près de l’endroit relèvent surtout du Vieux-Port, donc beaucoup auront tendance à parler fautivement de la « Tour du Vieux-Port ».
Or, c’est bel et bien du Port de Montréal (qui normalement s’occupe des activités maritimes commerciales) que relève ce Grand Quai, qui a décidé de se réinventer.
Terrasse-jardin
Pour apercevoir de très près les mastodontes des mers que sont les bateaux de croisière qui viennent y débarquer ou embarquer leurs passagers, on aura accès à une terrasse-jardin semée de 24 000 plantes aromatiques, avec des trottoirs de bois, qui permettra aux curieux de s’en approcher. Dans la plupart des ports du monde, le grand public n’a pas accès d’aussi près à ces débarquements.
« Notre but était de permettre aux Mont-réalais de se réapproprier ce quai qui leur était auparavant interdit, de leur ériger un poste d’observation pour admirer leur propre ville et pour se rappeler qu’ils sont sur une île, chose facile à oublier », explique Philippe Bertout, le directeur du Grand Quai.

J’ai enfilé des bottes à cap d’acier et un casque protecteur pour suivre l’architecte Sonia Gagné sur le chantier. C’est elle qui a tout conçu. Elle s’occupe maintenant de la tour, mais elle a déjà transformé tout le reste ces dernières années.
Nous passons à côté d’une grande sculpture qui représente les coiffes de trois pionnières de Montréal (Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys et Marguerite d’Youville) pour arriver sur la place des Commencements (parce que Ville-Marie est née près d’ici), qui est en pente... une pente qui descend presque jusqu’au fleuve.
« Pour reconnecter nos visiteurs à l’eau, j’ai abaissé cette partie du quai de plusieurs mètres, de sorte que lorsque le niveau du fleuve monte, certaines des marches se retrouvent couvertes », dit Mme Gagné.
La Tour du Port fait 65 mètres. C’est un peu plus haut que le sommet des clochers de la basilique Notre-Dame. Avec un ascenseur ultrarapide, le visiteur arrivera au 13e étage en 20 secondes. Lors de ma visite du chantier, il a fallu gravir les quelque 260 marches à pied.
Fierté
Je peux sentir la joie et la fierté du directeur du Grand Quai et de l’architecte, qui savent très bien qu’ils sont en train de bâtir quelque chose qui enrichira l’expérience montréalaise d’une foule de gens, d’ici et d’ailleurs.
« Nous avons fixé un prix de 15 $ par personne, ce qui est relativement abordable si on se compare à d’autres activités du genre, et à 45 $ pour une famille de quatre », dit M. Bertout.
Même un jour de pluie, la vue était spectaculaire. Imaginez quand il fera beau !