Enfin une équipe qui ne dépend pas que de son gardien


Marc de Foy
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Vous avez vu la victoire du Canadien à Dallas, jeudi soir? C’est comme si cette sacrée équipe n’avait plus rien à son épreuve. Les Stars ont frappé tôt dans le match, le Tricolore a répliqué tout de suite. La troupe de Martin St-Louis trouve des façons de gagner. On dit que c’est le signe d’une bonne équipe.
C’est renversant lorsqu’on pense que cette formation n’arrivait toujours pas à sortir des bas-fonds de la Ligue nationale pendant le premier quart de la saison. Mais Serge Savard, à qui j’ai parlé de Lane Hutson et du Tricolore il y a deux jours, ne pense pas que ce tour de force relève de la magie.
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Explications.
«Je me demande si c’est si incroyable que ça», nuance-t-il.
«Oublions les matchs où l’équipe s’est fait détruire plus tôt cette saison. Elle n’était pas capable de marquer. Si ton équipe marque un but de plus par match, tes chances de gagner vont s’améliorer.»
La preuve: le Canadien montre une fiche de 10-2-4 en pareilles circonstances. Pour l’entièreté de la saison dernière, elle a subi 27 défaites par un écart d’un but, dont 16 en bris d’égalité.
Pas plus gros que l’équipe
Nonobstant ces statistiques, Savard est surtout content de voir que les succès du Tricolore ne dépendent plus uniquement de ses gardiens.
«Depuis trop longtemps, c’étaient les gardiens, les gardiens, les gardiens!» lance-t-il.
«Je ne les ai jamais considérés [comme] plus gros que l’équipe. Je n’ai jamais eu pour mentalité de placer tous mes espoirs sur les gardiens. Samuel Montembeault répond aux attentes que les gens de hockey voyaient en lui quand il a été repêché. Il est bon.»

«Mais au début de la saison, on ne savait pas encore qui était le gardien numéro 1 chez le Canadien. Cayden Primeau a été repêché en septième ronde et tout le monde le disait ordinaire. Mais on s’obstinait à [se demander] s’il était un numéro un ou un numéro deux. Ça ne marche pas comme ça.»
Savard est d’accord pour dire que Carey Price a été le meilleur gardien de son époque.
«Mais quand les séries commençaient, l’administration précédente de l’organisation disait que l’équipe aurait peut-être des chances de gagner si Price était à la hauteur», ajoute-t-il.
L’administration précédente, c’était celle de Marc Bergevin à qui Savard a adressé beaucoup de reproches pour ses dernières années à Montréal.
Quatre gros marqueurs
Mais ne disait-on pas la même chose de Patrick Roy avec qui Savard a remporté ses deux coupes Stanley à titre de directeur général du Tricolore?
«On misait aussi sur quatre marqueurs de 80 points ou plus», s’empresse d’ajouter Savard.
«On avait Vincent Damphousse (97 points), Kirk Muller (94), Brian Bellows (88) et Stéphan Lebeau (80). Les gardiens ont beau être bons, ils ne peuvent pas tout faire. Ils ne peuvent marquer des buts.»
C’est ce que font Nick Suzuki, Cole Caufield et Patrik Laine aujourd’hui.
«Laine a l’un des meilleurs tirs de la ligue. On voit ce qu’il apporte à l’attaque à cinq», enchaîne Savard.

«Quand tout se met à bien y aller pour une équipe, tous les joueurs sont meilleurs. Quand on avait de bonnes équipes dans le temps, tous les joueurs étaient meilleurs, sans exception.»
«Le Canadien actuel mise sur quelques bons joueurs. L’équipe a plus de maturité. Il faut être capable d’analyser le potentiel. Il y a trois semaines, tout le monde demandait la tête de Martin St-Louis.»
La lumière au bout du tunnel
Savard estime aussi que la défensive s’est améliorée avec l’arrivée de Hutson et l’acquisition d’Alexandre Carrier.
«L’an dernier, on disait que la défense était bonne, mais ce n’était pas le cas», dit-il.
«Depuis que le kid [Hutson] est là, ils sont plus solides. Carrier n’est pas spectaculaire, mais il apporte de la stabilité. Il est capable de faire plusieurs choses, il est polyvalent.»
À ce stade-ci, on peut penser que le meilleur est à venir, même si, comme le mentionne Savard, l’équipe traversera encore des périodes de turbulences.
«C’est encourageant, il y a aussi Demidov qui s’en vient», reprend-il
«Ça fait 30 ans qu’on attend. C’est normal que l’on voie enfin quelque chose qui a du bon sens.»
En effet.