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Endettée, cette mère de famille pourra-t-elle se séparer?

Illustration Adobe Stock

Emmanuelle Gril

2026-04-12T04:00:00Z

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À 38 ans, Caroline, mère de trois enfants, est à bout de souffle financièrement. Qui plus est, son couple bat de l’aile. Pourrait-elle faire face à une séparation ?

« Notre petit dernier n’était pas prévu, et cela a entraîné plusieurs ajustements sur le plan personnel, mais aussi financier », explique Caroline. En congé de maternité pour une troisième fois, la mère de famille a en effet vu ses revenus diminuer fortement. À son retour au travail, n’ayant pas été en mesure de trouver une place dans une garderie subventionnée, les frais de garde sont donc très élevés.

Partage inéquitable

Cette situation déjà précaire cache un malaise plus profond, car Caroline envisage de se séparer. L’une des raisons invoquées : un grand sentiment d’injustice sur le plan financier. « Mon conjoint gagne environ 30 000 $ de plus par an que moi, mais nous avons toujours partagé les dépenses 50-50, même durant mes congés de maternité. Il parvient à économiser, mais pour ma part, j’ai dû m’endetter pour réussir à maintenir notre train de vie commun », confie-t-elle.

Parce qu’elle reçoit dans son compte les allocations famille et enfants (850 $ mensuellement), son conjoint estime que c’est aussi à elle de payer toutes les dépenses reliées aux enfants. Ces sommes sont non seulement insuffisantes pour couvrir les frais, mais leur montant est déterminé en se basant sur les deux revenus du ménage, en tenant pour acquis que les deux parents contribuent, ce qui n’est pas le cas ici.

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Malgré des discussions répétées avec son conjoint, celui-ci fait la sourde oreille et ne veut pas modifier la répartition des frais. Résultat, Caroline a accumulé des dettes de 36 000 $ sur ses cartes de crédit, sa marge de crédit et son prêt personnel. N’ayant aucune flexibilité budgétaire, la mère de famille se demande s’il existe une porte de sortie pour elle, et si sa situation financière serait viable en cas de séparation.

Montant fixe durant 60 mois

Élizabeth Spinozzi, conseillère en redressement financier chez Raymond Chabot, a analysé le dossier de Caroline et a rapidement constaté qu’il y a peu d’options à sa disposition. « Elle n’a pas la capacité de rembourser ses dettes, car il ne lui reste pas assez d’argent dans ses poches à la fin du mois. Elle ne possède aucun actif, elle est locataire et sa voiture est en location », précise-t-elle.

La faillite aurait pu être une solution, mais elle souhaitait pouvoir rembourser ses créanciers le plus possible. Elle a donc choisi la proposition de consommateurs en vertu de laquelle elle leur versera un montant fixe durant 60 mois. Ce dernier tient compte de sa capacité budgétaire, et au terme de l’entente, elle sera débarrassée de la totalité de ses dettes.

« Grâce à la proposition, Caroline a pu déménager et aller de l’avant. Elle lui offre la stabilité financière nécessaire pour amorcer cette nouvelle étape de vie », indique Élizabeth Spinozzi, qui ajoute qu’il n’est pas rare que des femmes dans la même situation que Caroline se présentent dans ses bureaux. Elle recommande d’explorer des façons d’assurer un partage équitable des dépenses au sein du couple et d’aller chercher rapidement de l’aide en cas d’endettement.

SA SITUATION FINANCIÈRE

Actif :
  • Hyundai Tucson 2022: valeur de 23 670 $, financé
Dettes :
  • Prêt auto : 25 600 $
  • Cartes de crédit : 17 000 $
  • Prêt personnel : 14 000 $
  • Marge de crédit : 5000 $

TOTAL DES DETTES : 61 600 $

Revenus mensuels :
  • Revenus d’emploi : 3075 $
  • Allocations enfants et famille : 850 $*

TOTAL DES REVENUS : 3925 $

*Ces montants pourraient varier après la séparation. Une pension alimentaire pour les enfants pourrait également s’ajouter aux revenus.

Dépenses mensuelles
  • 3730 $ (incluant loyer, électricité, télécommunications, épicerie, prêt-auto, assurances, essence, permis et immatriculation, etc.)
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