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Encore loin d’un Championnat du monde junior de hockey féminin

Marie-Philip Poulin et la Tchèque Noemi Neubauerova ont échangé quelques coups en fin de rencontre, samedi soir, en demi-finale du Mondial de hockey féminin, à Utica.
Marie-Philip Poulin et la Tchèque Noemi Neubauerova ont échangé quelques coups en fin de rencontre, samedi soir, en demi-finale du Mondial de hockey féminin, à Utica. BILDBYRÅN via Reuters Connect
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2024-04-16T04:05:00Z

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UTICA, New York | L’écart entre les puissances du hockey féminin et les autres pays rétrécit, mais ce n’est pas de sitôt qu’un Mondial junior des moins de 20 ans, un tournoi très populaire du côté masculin, sera présenté.

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«On le veut, mais on n’est pas prêt, a admis le président de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG), Luc Tardif. Il y a trois équipes capables de le faire: les États-Unis, le Canada et la Finlande. Bientôt la Suède, mais c’est tout. Mais on va le faire, un jour.»

Actuellement, la FIHG organise un Mondial des moins de 18 ans, ainsi que quatre championnats pour les autres divisions. Au total, 32 pays y participent, dont l’Afrique du Sud, le Mexique, la Turquie, l’Australie et Taïwan. Le hockey se joue au féminin partout sur la planète.

C’est du sérieux

La Tchéquie, la Finlande, la Suisse, la Suède et l’Allemagne ne sont pas loin derrière le Canada et les États-Unis. Et un autre groupe, composé notamment de la Chine, du Danemark et du Japon, lutte pour les rejoindre.

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«Maintenant, les équipes européennes investissent et prennent ça au sérieux. [...] Les fédérations ne font pas ça juste pour dire qu’on s’occupe des filles. Elles font ça avec des buts précis, a soutenu Tardif, un Québécois né à Trois-Rivières qui a fait sa vie en France après être tombé amoureux en jouant en Europe il y a près de 50 ans.

L’ancien ingénieur commercial a entraîné l’équipe de son fils, puis, de fil en aiguille, il a gravé les échelons jusqu’au sommet de la FIHG, même si «ça n’a jamais été [son] objectif».

L’homme de 71 ans, dont l’accent québécois n’est jamais bien loin, a ainsi pu apprécier l’évolution du hockey féminin.

«Jacques Rogge [ex-président du Comité international olympique] avait dit après les Jeux de Vancouver [en 2010] que si ça finissait toujours avec des gros scores de 18 à 0, ou 13 à 0, on va arrêter. Ç’a fait une espèce de boost, et tout à coup, le Canada et les États-Unis se sont mis à aider les autres», s’est rappelé Tardif.

Marc Tardif, le président de la Fédération internationale de hockey sur glace, lors du Championnat du monde de hockey féminin, à Utica, dans l'État de New York.
Marc Tardif, le président de la Fédération internationale de hockey sur glace, lors du Championnat du monde de hockey féminin, à Utica, dans l'État de New York. Mylène Richard

«Frustrées de jouer contre nous»

Maintenant qu’il y a de l’argent sur la table, les formations nationales veulent jouer plus souvent.

«Nous sommes meilleures à chaque tournoi, a assuré la gardienne tchèque Klara Peslarova. Durant la saison, nous, nous n’affrontons pas le Canada ou les États-Unis. Les seules fois qu’on joue contre [ces pays], c’est au Mondial ou aux Olympiques, alors c’est difficile d’atteindre leur calibre.»

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«Il y avait de l’animosité [face au Canada samedi soir, en demi-finale] et je prends ça comme un compliment pour les Tchèques. Si les Canadiennes et les Américaines sont frustrées de jouer contre nous, c’est qu’on doit faire quelque chose de bien», a mentionné avec conviction l’entraîneuse-chef de la Tchéquie, Carla MacLeod, une Albertaine qui dirige aussi l’équipe d’Ottawa dans la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF).

«Nous apprenons à jouer à ce niveau, nous apprenons à reconnaître que nous avons notre place, qu’on appartient à l’élite. C’est un long processus», a-t-elle ajouté.

La Canadienne Carla MacLeod dirige l'équipe de la Tchéquie.
La Canadienne Carla MacLeod dirige l'équipe de la Tchéquie. AFP

LPHF et université

Au Mondial, chaque pays avait au moins une athlète qui évolue dans la LPHF ou avec une université américaine. Même la Chine, le Japon et le Danemark. Ce n’est pas suffisant pour rivaliser pendant 60 minutes avec le Canada ou les États-Unis, mais la progression est bien là.

«Les matchs sont très intenses. On voit l’évolution du hockey féminin partout dans le monde, peu importe l’équipe qu’on affronte. C’est vraiment cool», a noté Marie-Philip Poulin.

Au terme du tour préliminaire, la Tchèque Natalie Mlynkova, de l'Université du Vermont, trônait au sommet des meilleures pointeuses. L’Allemande Sandra Abstreiter, du club d'Ottawa, et la Chinoise de 18 ans Jiahui Zhan, du Collège Dartmouth, étaient dans le top 3 chez les gardiennes. De plus, la gardienne finlandaise Sanni Ahola, de l'Université d'État St. Cloud, a été choisie au sein de la formation d'étoiles du Mondial.

L'avenir s'annonce prometteur.

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