Ce samedi, des milliers de personnes convergeront vers Québec pour la sixième édition de la Marche mondiale des femmes. Sous le thème «Encore en marche pour transformer le monde», elles dénonceront la pauvreté, la violence et la crise environnementale, trois fronts sur lesquels il est urgent de se mobiliser.
Tous ensemble, dans l’intérêt de tous. Car la lutte des femmes est indissociable de la lutte pour notre avenir collectif.
Les données démontrent que les sociétés plus égalitaires sont des sociétés plus respectueuses de l’environnement, plus prospères et qui ont un indice de bonheur plus élevé. Ne laissons pas la désinformation nous berner!
Constats sociaux et économiques
Avant, nous n’avancions pas assez vite. Maintenant, nous reculons avec entrain.
La montée des discours machistes et masculinistes, spécialement chez les jeunes, alimente un environnement social hostile où les droits des femmes sont remis en cause.
Qui aurait cru qu’un jour le modèle de la femme soumise à son mari referait surface ici sous le nom de «tradwife»!
Sans compter que le nombre de femmes victimes de violence augmente. Les experts sont clairs: ce n’est pas seulement parce qu’elles dénoncent plus. Il y en a plus!
Sur le plan économique, malgré des décennies de luttes acharnées et des progrès tangibles, les femmes demeurent moins rémunérées que les hommes et plus nombreuses dans des emplois précaires.
La féminisation de la pauvreté est d’autant plus préoccupante qu’elle coïncide avec une détérioration des services publics essentiels à l’autonomie des femmes. Il n’y a qu’à regarder les garderies, les soins de santé et les services sociaux.
Car oui, encore aujourd’hui, les femmes s’occupent davantage de la famille que les hommes. Elles constituent aussi la majorité des proches aidants.
C’est d’ailleurs souvent pour s’occuper des autres qu’elles acceptent des emplois moins bien payés.
Constat environnemental
En environnement aussi, on recule dangereusement!
Nos gouvernements préfèrent le profit privé à court terme plutôt que la prévention des désastres, qui coûtent pourtant très cher à toute la société.
C’est plus vrai que jamais depuis l’élection de Trump. Comme si son déni de l’urgence environnementale légitimait des reculs ici aussi!
Pendant ce temps, le monde brûle. Littéralement. Et nous figeons, comme des chevreuils aveuglés par les phares.
Idem face aux menaces de l’intelligence artificielle. Nous sommes dans le déni total!
Ce n’est pourtant pas dans notre intérêt! A-t-on oublié les batailles de nos mères et de nos grands-mères? Mais aussi celles de tous les hommes qui ont lutté avec elles à différentes époques pour l’intérêt collectif?
Unir nos pas et nos voix
Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que des sociétés sont séduites par des discours autoritaires et font fi des menaces. Avant la Deuxième Guerre mondiale, même dans des pays alliés, certains leaders admiraient ouvertement Hitler au nom de l’ordre et de la stabilité.
L’histoire nous le rappelle: quand on cesse de défendre les libertés, elles reculent.
L’avenir se bâtit par chaque geste de solidarité, chaque dialogue, chaque refus de céder à la haine et à l’indifférence.
Se mobiliser ensemble est un acte de résistance et d’espérance.

