EN VIDÉO | Semaine sainte: l'administration Trump affiche sa foi chrétienne
AFP
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En pleine Semaine sainte, durant laquelle les chrétiens commémorent les derniers jours du Christ avant sa résurrection à Pâques, des représentants religieux ont été accueillis à la Maison Blanche pour un déjeuner de prière.
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« (Père), vous avez élevé Donald Trump. Vous l’avez porté pour un moment comme celui-ci. Et Père, nous te prions de lui accorder la victoire », a déclaré le pasteur évangélique Franklin Graham, selon une vidéo publiée brièvement sur la chaîne YouTube de la Maison Blanche puis supprimée.
La séquence a suscité une levée de boucliers sur les réseaux sociaux.
De Washington à Jérusalem, Dieu invoqué en temps de guerre
La prière se déroule il y a une dizaine de jours à la Maison Blanche, dans le cadre solennel du Bureau ovale.
Donald Trump est entouré de représentants religieux, certains la main posée sur son épaule ou l’avant-bras. Le moment est grave. Il s’agit d’invoquer la foi en Jésus-Christ pour donner au président américain de la force en ces temps de guerre.
Le conflit en Iran n’a rien d’une guerre de religion mais à Washington, il prend parfois des accents bibliques.
En Israël, le premier ministre Benyamin Nétanyahou multiplie également les références bibliques depuis le début de la guerre le 28 février, comme mercredi avant la Pâque juive où il a comparé la campagne militaire à l’émancipation des Israélites dans l’Égypte ancienne.
Frappé au milieu du ramadan, l’Iran est, lui, une théocratie dirigée depuis des décennies par un guide suprême, aujourd’hui l’ayatollah Mojtaba Khamenei, qui a remplacé son père tué dans une frappe israélienne au début du conflit et reste invisible depuis.
Aux États-Unis, pays officiellement laïc, religion et politique ne sont jamais très éloignées. Mais avec la guerre en Iran, cela prend une dimension toute particulière et de plus en plus polémique.
Des prières « au nom de Jésus-Christ »
La dimension chrétienne est omniprésente dans la communication du gouvernement américain depuis le début de l’offensive, qui de facto implique les trois grandes confessions chrétiennes, juive et musulmane.
Son représentant le plus marquant est le ministre de la Défense Pete Hegseth. Il brandit régulièrement sa foi chrétienne, appelant à prier pour les militaires américains déployés dans le Golfe « au nom de Jésus-Christ ».
« Chaque jour, à genoux, en famille, dans vos écoles, dans vos églises, au nom de Jésus-Christ », a-t-il dit lors d’une récente conférence de presse au Pentagone, occultant d’autres cultes.
Il cite aussi allègrement la Bible. Lors de cette même conférence de presse, il a récité le psaume 144: « Béni soit l’Eternel, mon rocher, qui exerce mes mains au combat, mes doigts à la bataille ».
Interrogé récemment sur la chaîne CBS, il a expliqué combattre des « fanatiques religieux qui cherchent à se doter d’une capacité nucléaire en vue d’un Armageddon religieux ».
Avant d’être ministre, M. Hegseth a été officier d’infanterie puis présentateur sur la chaîne Fox News. Il a servi en Irak et en Afghanistan, y décrochant deux prestigieuses médailles militaires.
L’homme arbore de nombreux tatouages, dont un sur la poitrine représentant la croix de Jérusalem, symbole chrétien apparu au temps des Croisades.
Il est l’auteur d’un ouvrage publié en 2020, « American crusade », un pamphlet contre la gauche américaine mais aussi un appel à défendre la civilisation occidentale qu’il estime en déclin.
« Consacrer à nouveau l’Amérique à Dieu »
Le mélange des genres interpelle toutefois. Qu’un « supérieur hiérarchique impose une vision confessionnelle en faisant preuve de favoritisme, au mépris de la diversité des confessions représentées au sein de l’armée et de la nation, est, au minimum, un manque de respect et de négligence, et, au pire, un abus de pouvoir« », dit à l’AFP l’ancien aumônier militaire du Pentagone, Kenneth Williams, aujourd’hui enseignant à l’université Georgetown.
Dans son homélie du dimanche des Rameaux, le pape Léon XIV a parlé, lui, d’« un Dieu qui refuse la guerre, que personne ne peut invoquer pour justifier la guerre ».
Interrogée par l’AFP, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a jugé lundi qu’il était au contraire « très noble » de prier pour les militaires.
Dans l’entourage de Donald Trump, la démonstration de la foi est quotidienne.
Le vice-président JD Vance, catholique converti, a ainsi appelé à la prière pour les troupes lors d’un Conseil des ministres et annoncé la sortie prochaine d’un nouvel ouvrage, « Communion », consacré à sa foi.
Et le président américain prévoit le 17 mai 2026 à Washington un rassemblement de prières pour « consacrer à nouveau l’Amérique à Dieu ».