En ligne avec Perry Giannias: je n’ai jamais rencontré Gary Carter


Rodger Brulotte
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Perry Giannias est tombé amoureux des Expos pour la première fois lorsque ses parents, immigrants grecs, ont commencé à l’emmener voir les matchs au parc Jarry dans les années 1970. Lorsque c’est devenu de plus en plus évident que les Expos déménageraient, il ne souhaitait pas assister aux funérailles de son équipe favorite. Il est devenu obsédé par la préservation de leur mémoire et a commencé à compiler un vaste hommage au club. Il a même retrouvé un objet délicat ayant appartenu à l’as des Expos, Steve Rogers.
Lors d’un événement, il y a quelques années, il a osé demander à Steve Rogers de signer le caleçon long qu’il portait dans les années 1980 avec les Expos. Steve l’a regardé d’un drôle d’air en signant le caleçon en lui rappelant qu’il désirait ne plus jamais revoir la pièce de vêtement.
La passion de Perry était sa famille et les Expos. Cependant, en juillet 2015, sa vie a été bouleversée. Sa nièce de cinq ans, Kat, est décédée des suites d’un cancer. Depuis, il organise le Gala des célébrités au profit de la Fondation Kat D DIPG de l’Hôpital pour enfants de Montréal, car Perry souhaite que la mort de sa nièce Kat ne soit pas vaine.
Tes parents sont des immigrants grecs.
Mon père, Peter, a mis sur pied son commerce de restauration à Laval avant de retourner en Grèce pour marier ma mère, qui est décédée il y a quelques années. Mon père, qui a 92 ans, demeure avec nous, mon épouse, Voula, et moi.
Tu es très reconnaissant envers ton épouse.
Voula s’occupe de mon père comme s’il était le sien. Elle utilise les mêmes recettes de ma mère pour lui préparer ses repas.
Tu es natif de Pont-Viau.
J’ai fréquenté l’école primaire Lester B. Pearson et fait mon secondaire à la Laval Catholic High School. Aujourd’hui, je me plais à dire que j’étais un des rares Grecs à fréquenter cette école, tout comme à jouer au baseball mineur à compter de l’âge de cinq ans.
Encore aujourd’hui, tu ne sais pas patiner.
Mon père, contrairement aux autres Grecs, n’était pas un passionné de hockey, mais plutôt de baseball. Alors, nous allions voir les Expos ensemble, mais je ne jouais pas au hockey ou à d’autres sports.
Qu’est-ce que tu faisais l’hiver ?
Je mangeais beaucoup, car mon père était le propriétaire de Pierre sous-marin à Vimont.
Je suppose que ton premier emploi était au restaurant de ton père.
Absolument ! À l’âge de 11 ans, j’étais préposé à la caisse et la tension entre mon père et moi était intense.
Pourquoi ?
Tout d’abord, c’est toujours intense de travailler avec son père lorsqu’il est le patron. Cependant, en travaillant pour un père grec qui est le propriétaire du restaurant, l’intensité augmente pendant les heures de pointe.
Tu étais un passionné de musique.
Un des policiers du légendaire poste 10 au centre-ville de Montréal était propriétaire du bar Le Terminal. Mon rôle était d’engager des bands pour divertir les clients.
Tu avais ton groupe de musique rap francophone.
Imagine-toi, un Grec de Laval qui a fondé un des premiers bands RAF, c’est-à-dire Mouvement Rap Francophone.
Le groupe a eu une audition avec CBS Records.
Nous étions ravis, car c’est Bill Rotary, qui avait découvert Céline Dion, qui allait assister à notre audition.
Comment l’audition s’est-elle déroulée ?
Assez rapidement. Peu de temps après le début de notre numéro, il nous a recommandé de trouver une autre carrière.
Qu’est-ce que tu as fait après ton audition ?
J’ai décidé d’étudier en journalisme à l’Université Concordia. Après une rencontre, le conseiller en orientation m’a recommandé d’étudier en littérature.
L’amour, l’école, le travail.
J’ai rencontré l’amour de ma vie à l’université et je l’ai épousé. Aujourd’hui, depuis 32 ans, nous sommes propriétaires d’une garderie pour enfants à Vimont. C’est la meilleure façon de décrire ces belles années avec mon épouse.
Ton premier objet de collectionneur.
J’étais en troisième année et Stacey, la fille du recruteur des Expos Stan Deneka, m’a demandé quelle balle autographiée d’un joueur des Expos je désirais avoir.
Une balle signée d’Ellis Valentine.
À ma grande surprise, elle est arrivée en classe avec une balle signée d’Ellis. Plus de 30 ans plus tard, lors d’un gala des célébrités, j’ai demandé à Ellis de signer la même balle. Il était étonné d’y voir sa signature datant de plusieurs années auparavant.
Tu n’as jamais rencontré Gary Carter.
De milliers de partisans des Expos ont soit un autographe de lui ou une photo avec lui, mais moi, l’un des plus grands collectionneurs d’articles des Expos, je n’ai aucun souvenir de lui avec moi. Je ne lui ai jamais parlé.
Après sa retraite, est-ce que les choses se sont améliorées ?
Du tout. Cependant, j’ai la chance de m’être lié d’amitié avec son épouse, Sandy, qui appuie tellement ma cause.
Andre Dawson et les Guerrero sont tes idoles.
Dans ma jeunesse, c’était Dawson et aujourd’hui, c’est les Guerrero. Leur appui inconditionnel m’a permis de recueillir plus d’un million de dollars pour la Fondation Kat D DIPG de l’Hôpital pour enfants de Montréal.
Un nouveau défi t’attend.
Je me suis engagé à récolter deux millions de dollars pour le Pavillon Kat Demes, en mémoire de ma nièce. Cette maison est gratuite pour les familles dont les enfants reçoivent des soins à l’Hôpital pour enfants de Montréal.