En Grand Chelem ou non: Félix Auger-Aliassime doit viser chaque fois le titre, selon Toni Nadal

Jessica Lapinski
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TURIN | Désormais, chaque fois que Félix Auger-Aliassime se présentera à un tournoi du Grand Chelem, le Québécois devra viser le titre. Rien d’autre.
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Ces paroles confiantes et assumées, ce sont celles de Toni Nadal, conseiller du Québécois depuis bientôt deux ans, mais aussi, oncle et ancien entraîneur d’un certain Rafael, détenteur de 22 trophées majeurs.
Les champions, M. Nadal connaît donc bien ça. C’est lui qui a aidé « Rafa » à conquérir 16 de ses titres du Grand Chelem.
Il peut s’améliorer encore
Évidemment fier de la récente séquence de succès de son protégé, « oncle Toni » assure malgré tout que Félix peut encore perfectionner son jeu et continuer à grimper les échelons du tennis masculin.
« Félix est un joueur avec un très grand potentiel. Je crois que de tous les joueurs actuels, il est celui qui peut encore le plus s’améliorer », a pointé M. Nadal dans une généreuse entrevue accordée en français au Journal, lundi, dans un corridor du Pala Alpitour de Turin.
« La vérité, c’est que peu de joueurs sont capables de remporter trois tournois de suite [comme l’a fait Auger-Aliassime à Florence, Anvers et Bâle], a ajouté l’homme de tennis. Même à Paris, il a très bien joué. Cela signifie que nous sommes devant un joueur qui peut aspirer à tout. »
Un grand défi
Mais attention, prévient l’Espagnol de 61 ans : le top 10 mondial regorge actuellement de talent et le défi sera grand.
Et M. Nadal ne parle pas seulement de son neveu ou de Novak Djokovic. Il y a cette nouvelle génération qui est bien installée au sommet : les Daniil Medvedev, Alexander Zverev... et Félix, aussi, qui est maintenant tout près du top 5, au sixième rang.
« Si je pense que son potentiel est aussi haut, c’est parce qu’il a un physique incroyable, qu’il est fort mentalement et que c’est un joueur calme », s’est-il expliqué.
Récemment, le joueur de 22 ans a affirmé qu’il aspirait à grimper au premier rang mondial. Bon, ce fut toujours l’objectif du Québécois, mais ses résultats du mois d’octobre lui ont confirmé que son but était atteignable.
« Sans brûler d’étapes, sans me mettre trop de pression, je pense que j’ai ce qu’il faut pour être éventuellement numéro 1 mondial dans ma carrière », a déclaré « FAA » (ou « Oxford », son nouveau surnom), la semaine dernière.
Leur première discussion
Ces aspirations, ce fut l’une des premières discussions qu’ont eues Toni Nadal et Félix Auger-Aliassime lorsqu’ils ont amorcé leur partenariat, en avril 2021.
« La première fois que je l’ai rencontré, je lui ai demandé ce qu’il souhaitait atteindre dans sa carrière. Il m’a dit : “Je veux être premier.” Je lui ai répondu : “Ouf, ce n’est pas facile ! Je crois que tu as besoin d’apprendre beaucoup de choses.” »
« À l’époque, il y avait des choses qu’il ne faisait pas bien. Mais maintenant, parmi les joueurs qui peuvent être premiers, je crois qu’il y a [Carlos] Alcaraz, Zverev, et lui. Après, on verra. On ne sait jamais. Mais il doit penser aux Grands Chelems, au premier rang. À des choses très hautes. Pas qu’au top 10. Car il y est. »
Évidemment, cette route vers les plus grands honneurs sera ponctuée de défaites, a ajouté « tonton Nadal ». Un processus normal qu’il juge normal.
« Mais s’il joue bien, il peut gagner n’importe où », a-t-il assuré.
L’oncle sera dans le box du Québécois cette fois
À Roland-Garros, ce fut l’un des sujets chauds avant ce match de ronde des 16 qui allait opposer Félix Auger-Aliassime à Rafael Nadal. Où Toni Nadal, le conseiller de Félix, mais aussi l’oncle de « Rafa », allait-il s’asseoir dans les estrades du Philippe-Chatrier ?
M. Nadal avait finalement opté pour un siège en terrain neutre. Mais ici à Turin, il n’y aura pas de débat. « Oncle Toni » sera dans le box du Québécois pour l’affrontement face à son neveu, prévu ce matin vers 8 h, heure du Québec.
« C’est différent pour moi, cette fois, a-t-il expliqué. À Roland-Garros, c’était la première fois que Félix jouait contre mon neveu. C’était Roland-Garros, aussi [là où Nadal a triomphé 14 fois]. Je me disais que ce serait peut-être la dernière fois que Rafa disputerait ce tournoi. »
L’Espagnol avait eu le dessus dans ce match, au terme d’un duel enlevant de cinq manches.
« Ici, si Félix gagne, ce ne sera pas mauvais pour moi. Et si Rafa gagne, ce ne sera pas mauvais pour moi non plus. Mais ce n’est pas comme à Paris. »
Pas inquiet pour son « Rafa »
Félix se mesurera au favori du tournoi, ce matin. Mais un favori qui en arrache. Après avoir pris une longue pause à la suite de son forfait juste avant les demi-finales de Wimbledon, Nadal n’a joué que sept derniers matchs. Quatre se sont soldés par des défaites.
Dont dimanche, contre Taylor Fritz. D’entrée de jeu dans cette finale de l’ATP, le puissant américain l’a écrasé en deux manches, 7-6 (1) et 6-3.
« Tonton Nadal » ne dit toutefois pas s’inquiéter pour son neveu. Ce type de tournoi ne sied pas très bien à « Rafa », a-t-il pointé.
« Normalement, dans un tournoi, comme ceux du Grand Chelem par exemple, les premiers matchs lui servent de préparation, a expliqué M. Nadal. Il commence par des matchs moins difficiles et s’il se rend à la deuxième semaine, on peut penser à la victoire. »
« Ici, tu commences par affronter de très bons joueurs. Déjà que tu n’as pas beaucoup de rythme, tu joues tout de suite contre un top 10 ! »
Brandir le poing
L’entourage d’Auger-Aliassime n’est pas des plus expressifs durant les matchs. Mais dimanche, alors que le Québécois est parvenu à obtenir un 40-40 sur le service de Casper Ruud au second set, on a aperçu Toni Nadal en train de brandir le poing.
« Moi, je ne suis jamais quelqu’un de très calme ! Quand je suis dans le box, j’aime m’impliquer, a-t-il pointé. Je ne suis pas l’entraîneur principal de Félix, mais j’aime beaucoup parler. Parce que je sais qu’il faut transmettre nos émotions aux joueurs. »
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