En échec scolaire en raison de la pandémie
Une élève craint de ne pas réussir son année alors qu’elle avait une moyenne de 85 % l’an passé


Daphnée Dion-Viens
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Une élève de quatrième secondaire qui a toujours eu d’excellents résultats scolaires se retrouve aujourd’hui en échec dans plusieurs matières, une situation qu’elle attribue à la pandémie et qui touche plusieurs autres jeunes.
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«J’ai toujours eu des bonnes notes à l’école, mais cette année, j’ai vraiment de la misère. J’ai coulé beaucoup d’examens, ça ne m’était jamais arrivé avant. Avec les jours d’école à la maison, c’est vraiment dur de suivre la matière et d’être motivée».
Juliette Proulx avait une moyenne d’au moins 85% depuis le début du secondaire. Au fil des ans, elle a même reçu plusieurs méritas pour son implication, sa motivation et ses résultats scolaires, raconte sa mère, Lyne Guérin.
Mais la pandémie est venue tout chambouler. À la mi-octobre, Mme Guérin a reçu des appels de plusieurs enseignants qui l’ont informée que sa fille était «en échec solide» dans presque toutes les matières.
«C’était comme une vague en pleine face. Comme parent, je n’ai rien vu venir du tout», lance-t-elle. Impliquée depuis des années dans le réseau scolaire, Mme Guérin a multiplié les démarches afin d’obtenir de l’aide supplémentaire pour sa fille.
De son côté, Juliette raconte que ses problèmes scolaires ont commencé en début d’année, alors qu’elle a dû s’isoler à la maison après avoir été en contact avec une personne de sa famille qui avait contracté le virus.
«Ça m’a clairement nuit, lance-t-elle. J’ai été deux semaines en isolement alors qu’on pouvait encore aller à l’école tous les jours. Je n’avais pas de cours en ligne, pas d’explications des profs, je recevais juste les notes de cours et les devoirs. Je faisais ce que je pouvais.»
Le stress causé par la présence du virus dans sa famille n’a pas aidé, ajoute la jeune fille de 15 ans, qui fréquente une école publique de Montréal.
Le passage en mode hybride, une journée sur deux en ligne, n’a fait qu’empirer les choses par la suite. «C’est vraiment difficile de se concentrer à la maison», dit Juliette, qui aimerait pouvoir être en classe plus souvent.
La jeune fille appréhende le premier bulletin, prévu à la fin janvier, qui comptera pour 50% de son année scolaire.
«C’est vraiment beaucoup de stress. La première étape est difficile, on a eu beaucoup de changements, c’est beaucoup d’adaptation. J’ai vraiment pas envie de couler une matière. Si ça m’arrive, je sais que ça va faire mal.»
Sa mère n’en revient pas que la pondération accordée au premier bulletin soit si élevée cette année. «Ça n’a pas de bon sens pour aucun enfant sur la planète d’avoir deux bulletins qui comptent pour 50%. Si tu t’enfarges dans le premier, c’est fini», lance-t-elle.
Avec une telle pondération, un élève en échec à 50% au premier bulletin devra obtenir 70% au deuxième pour réussir son année scolaire.
«C’est inquiétant non seulement pour ma fille, mais aussi pour des milliers d’enfants qui sont en train de jouer leur avenir», affirme Mme Guérin, qui tient à préciser qu’elle ne jette pas le blâme sur l’école, bien au contraire. «C’est le contexte, le problème», lance-t-elle.
Le Journal rapportait récemment que le taux d’échec au secondaire est trois fois plus élevé cet automne, étant passé de 10% à 30% selon les directions d’école.
À la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), on indique avoir reçu plusieurs appels de parents inquiets à ce sujet.
Motivation en chute libre
Selon un sondage réalisé auprès de 4600 parents, le taux de motivation de leur enfant face à l’école est passé de 72% à la rentrée à 51% à la fin novembre.
«Le taux de motivation est en chute libre depuis les dernières semaines. Ça va être quoi, en février? C’est sûr que ç’a un impact sur la réussite scolaire», affirme Kévin Roy, président de la FCPQ.
Plusieurs acteurs du réseau de l’éducation demandent à Québec de réduire la pondération du premier bulletin. Les directions d’école craignent une vague de décrochage scolaire si des élèves en échec n’ont pas la chance de se reprendre au deuxième bulletin.
De son côté, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’a pas fermé la porte à d’éventuels ajustements au besoin.