En amour avec un sport brutal: elle aime sentir les dommages sur le visage de ses adversaires


Richard Boutin
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Malgré son retour en arts martiaux mixtes, Jade Masson-Wong n’a pas l’intention d’abandonner la boxe à mains nues malgré les lacunes de la jeune organisation qui a vu le jour en 2018.
Impliquée dans une décision partagée en septembre 2024 dans un combat où le titre mondial était à l’enjeu, la combattante de Québec maintenant établie à Miami espère obtenir une deuxième opportunité de se battre pour une ceinture à l’été.
« J’aime le risque et sentir les dommages que je fais dans le visage dans mes adversaires, a-t-elle raconté pour expliquer son amour du sport. J’aime l’intensité. C’est impressionnant parce que ça se termine souvent dans le sang. »
La pandémie qui a mené à la fermeture de TKO a incité Masson-Wong à accepter la proposition de la BKFC. « Je n’avais pas d’offre et je me suis dit pourquoi pas, a-t-elle souligné. Je suis tombée en amour avec le sport. On verra ce qui va se passer à Los Angeles pour mon retour en arts martiaux mixtes, mais je pense qu’il serait possible de concilier les deux sports. »
Si elle adore son sport, la combattante est consciente que des problèmes doivent être résolus. « Entre mon combat pour le titre mondial et mon dernier en février, il s’est passé un an et demi. C’est pour ça que j’ai fait quelques combats de boxe. Il fallait que je reste active, mais ce n’est pas payant. À 1000 $ le combat, tu payes au final pour te battre. »
La sécurité pointée du doigt
La sécurité ne semble pas la priorité pour BKFC. Dans son combat face à Christine Ferea, le promoteur a exigé que les deux boxeuses retournent sur le ring circulaire pour présenter leurs excuses aux amateurs parce qu’il était insatisfait du spectacle offert.
« Ça ne faisait pas notre affaire, a-t-elle indiqué. Il voulait même réduire nos bourses pour le prochain combat. Tout le monde s’attendait à une guerre sur le ring, mais ça ne s’est pas passé comme prévu. Toutes les autres filles ont peur de Christine qui semble tout droit sortie de prison. J’étais certaine de me retrouver à l’hôpital, mais je n’ai rien eu sauf quelques bleus. De son côté, elle n’a eu que deux, trois points de suture. »
« Le président veut des combats spectaculaires, d’ajouter la pugiliste de 33 ans. Il veut du sang même si les boxeurs ne sont pas bons. Quand tu es plus technique, tu prends moins de risques pour rien. »
Présent dans le coin de Masson-Wong, son entraîneur Samuel Décarie-Drolet n’en revient toujours pas. « J’ai perdu beaucoup de respect pour l’entreprise quand les filles ont dû présenter des excuses. Ils préfèrent des boxeurs moins techniques, mais qui peuvent conclure le combat d’un seul coup de poing. Ils ne veulent pas voir d’abandon sinon les filles risquent de ne pas être rappelées. »
« Je ne comprends pas une telle approche qui met la sécurité des boxeurs en jeu, de poursuivre Décarie-Drolet. J’ai la santé de mes boxeurs à cœur. C’est un sport barbare. »
La décision partagée n’a pas fait le bonheur du clan québécois. « J’avais clairement gagné les trois derniers de cinq rounds, mais mon adversaire est la femme de la match-maker. Mon rêve d’être championne du monde est toujours là. »