Émile Bilodeau, la loi 21 et la Fête nationale

Sophie Durocher
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Je suis à 100 % pour la loi 21. L’auteur-compositeur-interprète Émile Bilodeau hait tellement la loi 21 que lors de la Fête nationale de 2020, il avait porté un macaron anti-loi 21. Il l’a déjà qualifiée d’«osti de loi misogyne, islamophobe et dégradante».
Est-ce que ça veut dire que je suis contre le fait qu’Émile Bilodeau anime la Fête nationale cette année? Au contraire, je suis pour! Vive la liberté d’expression!
Par contre, j’espère que Bilodeau ne profitera pas de sa tribune pour nous faire la leçon, comme il sait si bien le faire. Le 23 juin, on est là pour fêter le Québec. Pas pour écouter un curé nous faire un sermon.
MOUVEMENT CONTRE MOUVEMENT
À mon émission de QUB radio, Marilou Alarie du Mouvement laïque québécois nous a expliqué pourquoi le Mouvement est étonné et déçu que le Mouvement national des Québécoises et Québécois ait demandé à Émile Bilodeau d’animer le spectacle du 23 juin. Ils ne le trouvent pas «rassembleur».
Le lendemain, Frédéric Lapointe du Mouvement national des Québécoises et Québécois m’a dit qu’ils ne choisissent jamais les animateurs de la fête en fonction de leurs opinions politiques.
- Écoutez l'entrevue avec Frédéric Lapointe, président du Mouvement national des Québécoises et Québécois à l’émission de Sophie Durocher via QUB radio :
J’ai demandé à Émile Bilodeau de venir à mon émission, il a refusé.
Par contre, il a accepté de parler à l’auguste Devoir. Et il a affirmé «qu’il n’a pas l’intention de prendre position contre la loi 21 le 23 juin prochain».
Ouf! Heureusement!
Mais il a ajouté qu’il allait «prendre position durant le spectacle contre l’entreprise Glencore, propriétaire de la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda».
Et voici ce que Bilodeau a ajouté:
«Nos ennemies, ce ne sont pas des femmes qui s’habillent autrement qui veulent travailler dans un domaine sous-valorisé. Ce sont les compagnies privées qui viennent ici, qui heurtent notre environnement et qui empoisonnent nos enfants.»
Mais où dans la loi 21 qualifie-t-on les employés de l’État portant des signes religieux d’«ennemis»? Ce n’est ni dans la lettre ni dans l’esprit de la loi.
Il est là le problème d’Émile Bilodeau. Il répète des clichés et des généralités au sujet d’une loi que manifestement il ne comprend pas.
ÉDITORIAL CHANTÉ
Dans sa chanson emblématique Je me souviens, voici ce que chante Émile Bilodeau: «Je me souviens très bien / D’la religion qui avait les deux mains / Dans notre société / Faque, on l’a tassée pis, on s’est modernisé.
Y a bien des choses qu’y ont changé / Mais on s’est jamais écrasé / Faque, pourquoi qu’en 2020 / On a encore plus peur de nos voisins?
- Écoutez la rencontre Nantel-Durocher diffusée chaque jour en direct 15 h via QUB radio :
La laïcité de l’État / Il faut la garder en bon état / Mais pas en dépit / De tous nos amis qui vivent ici / Depuis des décennies / Pis qui ont juste envie / D’aller travailler avec leur identité.
Si un jour ma fille / Se fait enseigner / La Révolution tranquille/ Par une femme voilée / Mais là Criss, on va le savoir / Le racisme a toujours eu tort»
Hé là là, on s’entend qu’Émile Bilodeau n’est pas un grand parolier.
Ses textes sont didactiques, pour ne pas dire démagogiques. On a l’impression de lire un laborieux travail de session d’un étudiant de cégep.
Mon plus grand reproche aux organisateurs de la Fête nationale, c’est d’avoir choisi, pour chanter la fleur de lys, un artiste qui reste... au ras des pâquerettes.