Comment une femme de 45 ans choisit la sobriété pour changer de vie: voici le sujet de «Bibitte à sucre», le nouveau roman d'Élyse A. Héroux

Marie-France Bornais
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Après avoir offert Quatre clémentines éparpillées à ses lecteurs, Élyse A. Héroux propose ce printemps, dans Bibitte à sucre, une savoureuse histoire de remise en question, de nouveau départ et de grands changements de vie sur fond de desserts alléchants. À travers le parcours de Julie Romain, 45 ans, pâtissière dans le quartier Villeray, les lecteurs vont découvrir avec bonheur et grandes émotions ce qu’on doit parfois traverser pour se donner la chance d’avoir une nouvelle vie et de se réaliser pleinement.

Depuis trois ans, Julie Romain fait des gâteaux, des biscuits, des muffins, des pâtisseries extraordinaires au café de Gaston, dans le quartier Villeray. Elle adore son travail, les clients se régalent et tout le monde aime se gâter en savourant quelque chose de bon.
Mais ils ne connaissent pas l’histoire de Julie, qui a retrouvé une vie douce et simple après avoir traversé des années de tempêtes. Lorsqu’elle annonce son départ, c’est la catastrophe. Mais Julie a décidé de partir, de se réinventer ailleurs, pour se retrouver, elle. Et elle se donne l’espace pour que le changement opère.
Des émotions et de la sincérité
«Quatre clémentines éparpillées était doux et joyeux et Bibitte à sucre est un peu plus trashy. Il y a des émotions qui sont plus intenses», commente Élyse A. Héroux, en entrevue. «Je suis très sincère dans ce livre, j’avoue... Quasiment trop, des bouttes. Il y a des fois où ça a été difficile à écrire.»
«Avec ce livre, je voulais aborder la peur du changement. C’est mon thème pivot. On présente une galerie de personnes qui sont à la veille d’un changement, d’une façon ou d’une autre. Les inquiétudes qu’on peut avoir par rapport à ça, la pérennité des liens. L’espèce de sentiment que tu ne peux t’asseoir sur rien dans la vie, parce que le changement est omniprésent.»
Pour illustrer ça, elle parle du départ de Julie, mais aussi un grand changement qu’elle a vécu dans sa vie quelques années auparavant: choisir la sobriété.
Les peurs...
«Julie a peur de perdre des liens», précise-t-elle. «Tous les personnages qu’on présente dans Bibitte à sucre sont déjà liés. C’est un tricot, il y a des interactions, des interdépendances. C’est toute une galerie de personnages qui se connaissent et qui interagissent.»
«C’est un personnage très tricoté qui va quitter cet environnement où elle est très entourée. Elle a peur de perdre quelque chose. Elle dit: je vais faire un trou dans le foulard...», illustre l’écrivaine.
Les grandes questions
Au fil de l’histoire, beaucoup de questions existentielles surgissent. «Est-ce que j’ai le droit de prendre une décision, dans ma vie, qui fait que les gens autour de moi auront peut-être l’impression que je les abandonne? Est-ce que j’ai le droit de choisir pour moi? Est-ce qu’on va comprendre mes choix? Ce sont des questions qu’elle se pose.»
«La beauté de cette histoire, je trouve, c’est que Julie se pose des questions parce qu’elle ne veut pas heurter les gens qu’elle aime.»
Julie part quand même. «Elle a choisi ça. Elle s’assure que tout le monde soit correct et va prendre son départ quand même. Et ça, c’est difficile à faire, je trouve, pour les femmes particulièrement parce qu’on aime bien ça que tout le monde soit correct. Souvent, on ne s’écoute pas parce qu’on veut prendre soin des autres avant de prendre soin de soi.»
Julie s’en va: elle a fait son choix. «C’est important qu’on ait des modèles comme ça parce qu’il y a tellement de femmes qui s’empêchent de prendre des chemins de vie différents par peur de peiner ou par peur de blesser les gens autour.»
Bibitte à sucre
Élyse A. Héroux
Éditions Édito
Environ 320 pages
- Élyse A. Héroux a longtemps vécu à Montréal et a récemment déménagé dans les Cantons-de-l’Est.
- En 2023, elle a publié Quatre clémentines éparpillées, qui a connu beaucoup de succès.
- Bibitte à sucre est son quatrième roman.
«Dans la petite salle en avant, il y a dix tables à peine, dépareillées. Ça sent les brioches. Le bacon. Le pain grillé. Surtout quand c’est frisquet dehors, c’est magique ce que ça fait, entrer chez Gaston pour déjeuner. Tu peux amener ta gang manger du pain doré. Attraper ta caféine sur le fly. Prendre trois quarts d’heure pour boire un espresso, tout seul dans ton coin, la face dans ta tablette. On viendra pas t’écœurer. Ici on est en famille, même si on connaît personne. Les clients quittent pas mal toujours la place avec une petite envie d’y revenir.»
- Élyse A. Héroux, Bibitte à sucre, Éditions Édito
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