La Québécoise qui veut percer le mystère de la COVID longue

Erika Aubin | Journal de Montréal
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La curiosité d’une docteure montréalaise l’a menée au début de la pandémie à s’intéresser aux symptômes de la COVID longue, elle qui espère maintenant résoudre le mystère de la maladie grâce à sa clinique de recherche, la plus importante sur le sujet au Québec.
« On a déjà une meilleure compréhension des séquelles qui peuvent se manifester et de leur évolution dans le temps. On sait que ça peut durer très longtemps : certains ont des symptômes qui perdurent au-delà de 18 mois », explique la Dre Emilia Liana Falcone, directrice de la clinique de recherche post-COVID-19.
Dans le cadre de la Journée internationale des femmes et des filles de science, Le Journal a pu visiter sa clinique à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), qui a vu son premier participant il y a un an presque jour pour jour.
L’objectif de son étude, explique-t-elle, est de bien comprendre les symptômes qui empoisonnent la vie de milliers de Québécois afin d’en expliquer les causes et de trouver des thérapies pour la COVID longue.
« Chaque patient est enrôlé dans le processus, nous rapporte ses séquelles, fait des tests sanguins, remplit des évaluations, etc. On apprend par le cas par cas, surtout avec cette maladie qui n’est pas la même pour tous », souligne-t-elle.
L’impressionnant parcours académique de la Dre Falcone la prédestinait à prendre les rênes d’un tel projet de recherche.
Un parcours unique
Après avoir terminé sa médecine à l’Université McGill, elle a obtenu une spécialisation en médecine interne à Boston. Puis elle a fait une formation en maladies infectieuses au National Institute of Health (NIH), plus particulièrement au centre dirigé par nul autre que le Dr Anthony Fauci.
Elle a ainsi eu la chance de côtoyer le principal conseiller de la Maison-Blanche sur la crise sanitaire.
Parallèlement, elle a aussi obtenu un doctorat à l’Université de Cambridge, en Angleterre.
Nouvellement arrivée à l’Institut de recherches, la Dre Falcone a suspecté très tôt dans la pandémie qu’il y aurait des complications à long terme associées à la COVID.
« Il y a beaucoup de chercheurs au NIH qui étudiaient des infections virales, et j’entendais parler des séquelles à long terme de ces infections. Dans le contexte de la COVID, tout ça n’était pas trop loin dans mon esprit », indique-t-elle.
Des hypothèses sur la table
Fatigue, troubles cognitifs, de concentration et de mémoire, essoufflement, palpitations cardiaques, perte de l’odorat : les symptômes qui perdurent sont maintenant mieux connus.
Grâce aux échantillons récoltés, la Dre Falcone explore dans son laboratoire différentes pistes qui pourraient expliquer cette maladie encore mystérieuse pour la communauté scientifique.
Trois hypothèses commencent à se dessiner et elle a bon espoir que la prochaine année sera déterminante.
C’est d’ailleurs sa curiosité et son désir de comprendre « pourquoi les choses sont ainsi » qui l’ont incitée à se lancer en médecine, avant qu’elle bifurque vers la recherche.
« Je trouve aussi qu’en tant qu’humain, j’ai une responsabilité d’aider mon prochain et c’est ma manière de le faire », confie celle qui espère apporter une piste de solution aux gens souffrant de la COVID longue.