VIDÉO | «Elle va nous tuer»: Ricardo dénonce la taxe de recyclage imposée aux magazines et aux journaux québécois
De passage vendredi à «Salut bonjour», Ricardo a dénoncé la taxe de recyclage imposée aux magazines et aux journaux québécois

Guillaume Picard
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Ricardo Larrivée monte au front et affirme que la politique tarifaire touchant au recyclage des magazines et des journaux préférés des Québécois est « dramatique » pour ceux qui les produisent et les distribuent.
De passage vendredi sur le plateau de Salut bonjour, l’homme d’affaires qui est à la tête de Ricardo Média a expliqué à l’animatrice Eve-Marie Lortie que l’écosystème dans lequel évoluent les magazines ainsi que les journaux québécois est chaque année plus compliqué.
« On est dans un environnement qui est de plus en plus difficile. La publicité s’en va vers les plateformes américaines, les GAFAM, il y a de moins en moins de possibilités de diffusion des magazines et des journaux, qui ne sont plus aux caisses, beaucoup, des épiceries, avec tout ce qui est libre-service. Le coût qui augmente. Et là, tout à coup, on augmente les frais [de recyclage] », a dit Ricardo, en précisant bien que l’industrie « n’est pas contre le recyclage, il faut recycler le papier ».

Là où le bât blesse, c’est que cette taxe imposée par Québec cible malheureusement un support essentiel à la diffusion de la culture québécoise.
« Nous, on considère que c’est injuste parce que, normalement, un magazine, tu ne jettes pas ça comme ça. Les journaux non plus. Du contenu, ce n’est pas une boîte d’Amazon », a dit Ricardo, qui a fourni des chiffres inhérents au poids de l’imprimé dans les bacs de recyclage.
« Ce que ça représente dans le bac, c’est 0,5 %, c’est rien, c’est inexistant dans les finances du Québec. Mais pour un magazine, c’est sa survie, des centaines d’emplois. »
Il a évoqué des augmentations de 77 % à 200 % des frais liés au recyclage, qualifiant le tout de « racketing ».
« Ça n’a pas de sens, alors qu’on sait que c’est de la culture. Les livres ne sont pas inclus dans ça parce qu’on considère justement que c’est de la culture. Un magazine, un journal, c’est la culture québécoise qui est véhiculée comme ça. C’est pas vrai qu’on est tous numériques. Il y a des millions de Québécois qui veulent avoir, que ce soit Le Journal de Montréal en papier, ou un magazine, que ce soit le mien ou celui d’un autre. Ces gens-là sont pénalisés, on ne peut pas augmenter les prix indéfiniment. »

Ricardo interpelle Christine Fréchette
Ricardo veut que la nouvelle première ministre du Québec, Christine Fréchette, et la ministre de l’Environnement, Pascale Déry, prennent conscience que la culture québécoise est malmenée par cette politique tarifaire.
« La nouvelle ministre de l’Environnement, Mme Déry, pourrait faire un geste concret pour son partenaire en Culture [Mathieu Lacombe] qui ne coûterait rien à l’État. Il faut enlever ces frais-là qui sont abusifs et changer cette réglementation-là. Ce sont des centaines d’emplois qui sont en jeu. Moi, je suis chanceux, j’ai un magazine qui est encore dans les plus populaires, mais il y en a plusieurs que c’est leur survie qui en dépend. »
D’autres provinces, comme l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique, ne tarifent pas le recyclage des magazines et des journaux comme le Québec le fait, mais, en plus, elles « financent leur contenu local », s’insurge Ricardo.
« Nous, on n’a pas de subvention, on n’en demande pas – on aimerait ça, mais on n’en a pas –, mais ça, cette taxe-là supplémentaire, ça ne passe pas, c’est exagéré, puis elle va nous tuer. »
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