Élections de mi-mandat aux États-Unis: l’illustration de la mise en difficulté de Donald Trump en 3 courses

Julien Corona
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Les républicains espéraient une vague rouge mardi soir. Ce n’est absolument pas le cas à la vue des résultats qui continuent de s’accumuler depuis la fin du vote de ces élections de mi-mandat.
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Si la tendance se maintient, le Sénat pourrait rester sous le contrôle des démocrates et aucun des grands médias américains ne se risque à faire une projection pour le moment pour la Chambre des représentants.
hard to believe this wasn’t a winning message pic.twitter.com/UIl3b6Dafk
— Aaron Rupar (@atrupar) November 9, 2022
Pour Christophe Cloutier-Roy, chercheur postdoctoral et directeur par intérim de l’Observatoire sur les États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand, «cette soirée est la meilleure performance pour un président en mi-mandat depuis Bush en 2002. Ce n’est absolument pas le massacre attendu.»
Son collègue David Dubé voit aussi dans ces résultats «une possibilité pour Biden de continuer à imprimer sa marque politique nationale et internationale si le contrôle du congrès devient partager entre les deux partis.»
- La carte blanche Foisy - Bureau diffusée chaque jour en direct 8 h 05 via QUB radio :
Par contre, ces résultats sont aussi une marque de la perte d’influence de Donald Trump sur la politique américaine. Et quoi de mieux que 3 courses pour comprendre cela.
Kari Lake – les électeurs n’offrent pas le triomphe escompté au «grand mensonge»
Figure marquante du déni électoral, pro-Trump assumée, ancienne vedette locale de télévision, membre de la nouvelle garde du Parti républicain et candidate prête à tout pour l’emporter, les électeurs n'offrent pas pour le moment le triomphe auquel elle s'attendait. Pour le moment, la course reste serrée, mais son adversaire démocrate Katie Hobbs continue de posséder une maigre avance alors que la fin du décompte des voix approchent.
In the 61,076 votes reported from Maricopa County: @katiehobbs 54% - @KariLake 46%
— Cody Lillich (@CodyLillich) November 10, 2022
Hobbs now leads by 13,067@azfamily #Election2022 #azgov
Jusqu’à récemment, Kari Lake expliquait que le seul moyen de gagner pour ses adversaires était la tricherie.
Kari Lake: “The truth is Joe Biden did not win with 81 million votes, and if you believe he did then you are the conspiracy theorist.” pic.twitter.com/2OTBsfU5bI
— PatriotTakes 🇺🇸 (@patriottakes) November 2, 2022
Elle a aussi admis aux journalistes qu’elle les ferait souffrir si elle gagnait l’élection au poste de gouverneur de l’Arizona.
Kari Lake to reporter:
— Daily Wire (@realDailyWire) November 8, 2022
"I’m going to do two terms. I’m going to be your worst frickin' nightmare for 8 years, and we will reform the media as well. We are going to make you guys into journalists again. So, get ready. It’s going to be a fun 8 years."pic.twitter.com/UeaSoeOKoD
Sa campagne a été parsemée de nombreuses polémiques aux tendances racistes et antisémites.
Kari Lake embraces AZ senator who promotes white Christian nationalism, racist conspiracy theories and election fraud claims https://t.co/X1Hbt4lBEC
— Raw Story (@RawStory) November 7, 2022
Elle a par exemple, à de nombreuses reprises, montré sa haine envers la famille de John McCain, jusqu’à porter de nombreuses remarques aux tendances haineuses contre la famille du défunt sénateur de l’Arizona.
“We don’t have any McCain Republicans here do we? Well, get the the hell out!” - Kari Lake before she called McCain a loser and white nationalist Wendy Rogers a hero.
— Tony Cani (@tcani) November 5, 2022
https://t.co/CSKSmVNwsU https://t.co/9CpgicLxny pic.twitter.com/T7PtGnOXUS
Elle serait donc en train d’échouer à se faire élire au poste de gouverneure de son État. Sa défaite, ou une victoire étriquée, pourrait représenter un désaveu pour Donald Trump et ses soutiens, comme Steve Bannon, qui se sont tous présentés auprès d'elle.
The historical references were flying in Arizona on Tuesday night:
— The Recount (@therecount) November 2, 2022
Gubernatorial nominee Kari Lake (R) introduces former Trump adviser Steve Bannon as "a modern-day George Washington." pic.twitter.com/Z8Al3yuLxG
Lauren Boebert – les électeurs pourraient dire stop aux comportements outranciers
Si les démocrates ont le «squad», le surnom du groupe de représentants se regroupant autour d’Alexandria Occasio-Cortez, Boebert, elle, faisait partie de l’équipe de pro-Trump réunie autour de Marjorie Taylor Greene.
Comme cette dernière, elle s’est fait connaître aussi pour de nombreuses polémiques liées à son comportement en chambre, ses propos haineux, ses positions proarmes et antiavortement, et, bien évidemment, ses affirmations comme quoi Joe Biden avait volé l’élection présidentielle de 2020.
These before and after photos at @laurenboebert’s election party are giving me life pic.twitter.com/IqYaI9MxK9
— Keith Edwards (@keithedwards) November 9, 2022
On se souvient par exemple de ses cris et autres propos outranciers à la Chambre lors d’un récent discours de l’état de l’Union de Joe Biden.
See it again: At the State of the Union address Tuesday, Rep. Lauren Boebert yelled out at President Biden while Biden was in the midst of discussing how many American troops stationed in Iraq and Afghanistan suffered from burn pits. https://t.co/73UIB2aLBG pic.twitter.com/erudHhiXCe
— The Hill (@thehill) March 4, 2022
Son comportement a amené le magazine Salon à aller à la rencontre des électeurs de son comté. Plusieurs ont répondu qu’ils souhaitaient la voir partir.
C’est aussi une personnalité qui lie la place des armes dans la société américaine à la sainteté de Jésus Christ. Elle a par exemple l’habitude de célébrer Noël à l’aide de fusils d’assaut.
The Boeberts have your six, @RepThomasMassie!
— Lauren Boebert (@laurenboebert) December 8, 2021
(No spare ammo for you, though) pic.twitter.com/EnDYuXaHDF
Quant au groupe des proches d’Occasio-Cortez, elle préfère l’appeler non pas le «squad», mais le «Jihad Squad».
“Oh sweet little Jihad Squad”
— PatriotTakes 🇺🇸 (@patriottakes) March 4, 2022
Despite claiming to have “apologized” for past anti-Muslim comments, Lauren Boebert has been caught again referring to Ilhan Omar, Rashida Tlaib, and their allies as the “Jihad Squad.” pic.twitter.com/mJvPupHRyf
Alors que son élection devait être assurée vu la composition de son comté, elle est sur la voie d'être défaite ce soir, lorsque l'ensemble des votes de son comté seront comptabilisés.
Mehmet Oz – même une candidature institutionnelle est à risque si Trump la soutient
Mehmet Oz avait tout pour lui malgré les différentes casseroles qui lui collaient à la peau pour de nombreux commentateurs politiques.
En effet, si les critiques de parachutage électoral ou sa déconnexion avec l’électeur moyen pouvaient jouer contre lui, Oz avait le soutien institutionnel de l’ensemble du Parti républicain.
Hannity: "They successfully portrayed Oz as someone that lived in New Jersey, you know, out of touch 'crudite' instead of a veggie platter, and Oprah turned out not to be a friend of Oz ... It's a tough loss, and it's -- I think that's the only way that I can explain that" pic.twitter.com/9Dj47oEp5O
— Brendan Karet (@bad_takes) November 9, 2022
Sa personnalité médiatique lui permettait en plus d’être un régulier des apparitions sur Fox News, renforçant ainsi un effet chambre d’écho qui devait être à même de pouvoir l’aider à motiver son électorat le 8 novembre.
No Democratic candidate faced the Fox noise machine more than John Fetterman in PA-SEN. The network was obsessed with taking him down in favor of the Hannity-backed Mehmet Oz. But Fetterman romped to victory on election night.
— Matthew Gertz (@MattGertz) November 9, 2022
Il n’en a pas été ainsi.
Plusieurs sondages de sorties d’urnes ont montré que finalement les problèmes de santé de son adversaire, John Fetterman, n’étaient pas le sujet majeur de l’urne. C’était en fait la défense du droit à l’avortement.
CBS Pennsylvania Exit Poll:
— Political Polls (@PpollingNumbers) November 8, 2022
Which ONE of these issues mattered most to your vote?
Abortion 36%
Inflation 28%
Crime 11%
Gun policy 10%
Immigration 8%
Alors qu’Oz a pu recevoir le soutien sans faille de Donald Trump, les électeurs ont préféré se tourner vers son adversaire démocrate.
The fact that Republican @DrOz is staffing his #PASen campaign with #Jan6 attendees and Big Lie sympathizers should disqualify Oz from public office. https://t.co/5Zv8pkRKdP
— American Bridge 21st Century (@American_Bridge) November 2, 2022
Les fortunes des candidats républicains pro-Trump n’ont pas été celles qui étaient escomptées. Une personne doit cependant être heureuse en Ron DeSantis, alors qu’approche la primaire du parti pour 2024.