Élection américaine: la Caisse de dépôt sur ses gardes en cas de victoire de Trump

Gabriel Côté
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La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) prépare une analyse des risques liés à l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, et considère qu’une victoire de Kamala Harris offrirait davantage de «continuité» pour les sociétés dans son portefeuille.
«On voit plus de profils de risque avec une élection de Donald Trump qu’avec Mme Harris», a affirmé la vice-présidente de la CDPQ, Kim Thomassin, en entrevue avec le Journal, en marge d’un déjeuner de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

En particulier, le gestionnaire du fonds de pension des Québécois craint une augmentation des «tarifs à l’import», advenant une victoire du candidat républicain le 5 novembre prochain.
«Cela ferait en sorte que nos sociétés québécoises se fassent frapper comme par le Department of Commerce (DOC) il y a quelques années, où tout produit canadien dans l’aérospatial avait un tarif imposé de x centaines de pourcent», a expliqué Mme Thomassin.
«Ça, ça crée des frais à l’exportation de nos sociétés», a-t-elle aussitôt ajouté. «Alors, c’est dans ce sens-là qu’on regarde autant que possible l’impact que les décisions de M. Trump pourraient avoir.»
Des «inquiétudes» à la BDC
La Banque de développement du Canada est, elle aussi, sur le qui-vive. «Effectivement, il y a de l’inquiétude», a noté la vice-présidente exécutive de sa division d’investissement, BDC Capital, Geneviève Bouthillier.

«On pense effectivement qu’un gouvernement Harris serait plus dans la continuité qu’un gouvernement Trump. Là, il y a plus d’inconnu», a-t-elle ajouté quand on lui a demandé si elle partageait le constat de la CDPQ.
«Mais ça peut aller d’un côté comme de l’autre, a poursuivi Mme Bouthillier. Bien malin est celui qui peut déterminer l’issue de l’élection, alors les deux scénarios sont envisagés.»
Pas d’analyse «systématique» chez Investissement Québec
De son côté, Investissement Québec ne procède pas à une «analyse systématique» des scénarios d’une victoire de l’un ou l’autre des candidats, a fait savoir la PDG de l’organisation, Bicha Ngo, en entrevue.

«On ne fait pas d’analyse systématique, mais on regarde ce qu’on peut faire pour nos entreprises québécoises. C’est la rencontre des chefs de poste à Québec cette semaine. On va se demander comment faire pour être moins dépendant des exportations aux États-Unis, et comment faire pour accompagner les entreprises pour se positionner ailleurs», a-t-elle expliqué.
Selon Mme Ngo, les politiques de Donald Trump et de Kamal Harris pourraient toutes les deux faire augmenter l’inflation. «Mme Harris parle beaucoup d’augmenter la réglementation, d’augmenter les taux d’impôt», a-t-elle souligné. «Et au niveau de Trump, on a parlé des tarifs de 10%, c’est énorme.»
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