«Effet Trump», inflation: les voyages organisés aux États-Unis en forte baisse, selon les tour-opérateurs français

AFP
Partager
Le nombre de voyages organisés aux États-Unis depuis la France a fortement baissé en 2025, une tendance partie pour se poursuivre en 2026, a indiqué jeudi le représentant des tour-opérateurs français, qui l'explique par un «effet Trump» et l’inflation aux États-Unis.
• À lire aussi: Destruction de 80 ans d’alliances: «L'administration Trump, la faiblesse déguisée en force», dit le gouverneur de Californie
Du 1er novembre 2024 au 31 octobre 2025, les entreprises membres du Syndicat des Entreprises du Tour Operating (Seto) ont enregistré une baisse de 14,6% des «voyages à forfait» - les voyages organisés - de la France vers les États-Unis par rapport à l’année précédente.
Au 31 décembre 2025, les réservations vers les États-Unis pour l’été 2026 étaient même en baisse de plus de 29%.
«Il y a un effet Trump, on va pas le nier», a affirmé devant la presse Patrice Caradec, le président du Seto, pour qui «on ne peut pas dire que Trump soit le meilleur ambassadeur du tourisme aux États-Unis».
Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain et son administration ont régulièrement rudoyé les Européens, avec pour dernier épisode en date, la volonté affichée par Donald Trump de s'emparer du Groenland, territoire autonome danois.
Plus spécifiquement, l'administration Trump mène une politique peu incitative pour les touristes, et a récemment déclaré vouloir exiger des visiteurs étrangers exemptés de visas - parmi lesquels figurent les Français - qu'ils fournissent l'historique de leurs activités sur les réseaux sociaux depuis cinq ans.
«La complexité des Esta ne va pas arranger nos affaires», a noté Sophie Baillot, d'Un Océan de croisières, agence de voyages membre du Seto, à propos de la procédure d'autorisation destinée aux touristes exemptés de visa, qui pourrait bientôt être alourdie par les États-Unis, qui souhaitent exiger davantage de renseignements.
Mais ce n'est pas la seule cause de cette baisse de fréquentation, ni même la plus importante, estime Patrice Caradec, notant par ailleurs que «la politique» n'avait «jamais empêché les Français d'aller à Cuba (...), en Chine, ou au Vietnam».
«L'augmentation des prix» aux États-Unis est selon lui centrale: «Trouvez-moi un petit-déjeuner à moins de 40 $ US (par personne)», a déclaré le président du Seto pour illustrer ce qu'il considère comme un frein au tourisme, alors que «le vacancier français a un budget très contraint».