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ÉCO: un projet libéral difficile à comprendre et énergivore

Photo portrait de Nicolas Lachance
2022-09-12T13:01:50Z
2022-09-13T00:18:36Z

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LAVAL | La cheffe libérale admet qu’elle devra faire de la pédagogie d’ici le vote afin que les Québécois comprennent et adhèrent à son complexe projet ÉCO, un chantier économique axé sur l’hydrogène vert. Pour le réaliser, elle souhaite trouver 170 térawattheures, représentant des investissements de 85 G$, et ce, sans construire de nouveaux barrages.

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Dominique Anglade a choisi la Centrale de la Rivière-des-Prairies, à Laval, pour faire la promotion de son projet ÉCO lundi matin. Une quatrième visite de l’île Jésus pour la cheffe libérale depuis une semaine.  

Sous un soleil de plomb, elle a tenté une xième fois d’expliquer son projet ÉCO, un chantier qui doit mener le Québec vers la carboneutralité d’ici 2050, grâce à des investissements publics et privés de 100 milliards $.  

Mais, il faudra énormément d’électricité afin de développer cette filiale (voir plus bas). 

Dévoilé à l’ouverture du congrès de son parti en novembre 2021, le projet ÉCO est connu depuis bientôt un an. En 10 mois à l’Assemblée nationale, elle a en a peu parlé.  

Mais, depuis le début de la campagne électorale, elle martèle son slogan : «ÉCO pour écologie, ÉCO pour économie». Tous les jours, dès que l’occasion se présente. 

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Malgré tout, le concept semble difficile à expliquer et à comprendre. L’hydrogène vert reste une technologie abstraite pour la population en général. Sur le terrain, même les militants peinent à l’expliquer.  

«C’est un liquide que tu peux utiliser, que tu mets dans ton camion», a simplement expliqué Mme Anglade lundi matin, soutenant qu’elle fait «activement» un travail de pédagogie.  

Ce liquide est écologique parce qu’il «a été produit à partir de l’eau, de l’électricité», précise-t-elle. «C’est une source d’énergie qui te permet d’utiliser ton camion lourd comme n’importe quelle source d’énergie, mais qui n’émet pas de GES.» 

Ce sont d’ailleurs les transports qui émettent le plus de gaz à effet de serre au Québec, rappelle la cheffe. 

Prudence

De son côté, le gouvernement de la CAQ a décidé d’être prudent avec son plan stratégique d’hydrogène vert.  

Un plan sobre dévoilé en mai dernier qui doit permettre à long terme au Québec d’atteindre son autonomie énergétique. 

Dominique Anglade a soutenu que le gouvernement manquait de vision qu’il s’agissait d’une «stratégie sans ambition».

Pourtant, les experts en environnement ont salué l’approche de la CAQ. 

«C'est bien de voir que le gouvernement n'est pas tombé dans le panneau de présenter l'hydrogène comme une solution miracle pour le climat ou l'économie. Il faut prioriser la sobriété et l'efficacité énergétique, puis mettre la bonne énergie au bon endroit», avait indiqué à notre Bureau parlementaire Émilie Boisseau-Bouvier, analyste des politiques climatiques chez Équiterre. 

Grand projet

Peu importe, Mme Anglade n’en démord pas, l’ingénieur de formation estime qu’ÉCO sera «le plus grand projet économique du Québec» depuis ceux du 20e siècle. 

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Elle souhaite poursuivre l’électrification des transports. Mais impossible, dit-elle, pour les transports lourds, ferroviaires, maritimes et aéronautiques, car le poids des batteries est trop élevé pour être efficace. 

«Ce n’est pas tout qui s’électrifie», plaide la cheffe du PLQ qui désire nationaliser cette nouvelle forme d’énergie. 

Selon elle, l’hydrogène vert représente la meilleure solution énergétique et environnementale pour ces secteurs afin de compléter la transition énergétique, souligne-t-elle.  

Assez pour convaincre les électeurs? «Les gens saisissent que la lutte aux changements climatiques, c’est le défi du 21e siècle», réplique Mme Anglade.  

21 Romaines

Pour y arriver, Mme Anglade souhaite trouver 170 térawattheures pour réussir son projet ÉCO. C’est énorme. Il s’agit de la production annuelle de 21 Romaines.  

De ce nombre, elle vise à récupérer 16 TWh grâce à l’économie d’énergie.  

L’heure n’est cependant pas aux grands barrages comme l’espère la CAQ de François Legault, croit-elle, mais à l’économie d’énergie.  

«Le chantier de l’économie d’énergie, du solaire, de l’éolien et de l’hydrogène vert, c’est le chantier d’une génération. Ce n’est pas avec des barrages qu’on va faire ça, c’est de cette manière-là qu’on va le faire», signale la cheffe du PLQ.  

Des investissements de 500 M$ par TwH, pour un total estimé à 85 G$. L’autre 15 G$ servira aux investissements en hydrogène.   

C’est également ce que souhaitait Hydro-Québec en novembre dernier à la suite d’une révision de son plan d’approvisionnement 2020-2029, alors que l’organisation signalait que le temps des surplus était révolu. 

Cependant, la Société d’État estime qu’elle aura besoin de trouver au minimum 4 térawattheures (TWh) de plus en énergie et en puissance que ce qui avait été prévu au départ. Un chiffre qui est très loin des objectifs de Mme Anglade.  

Tout le monde devra changer ses habitudes de vie pour y arriver, indique la cheffe, mais surtout les propriétaires de bâtiments énergivores.  

Mme Anglade refuse toutefois de s’avancer sur les moyens. Ce plan sera dévoilé mardi matin, jure-t-elle.  

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