Éclipse totale dans la grande région de Québec: «C’est comme un rêve»

Vincent Desbiens
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Rassemblés par milliers dans des parcs et des stationnements de centres commerciaux ou assis dans leur voiture coincée dans le flot de la ruée vers l’éclipse totale, les résidents de la grande région de Québec ont été émerveillés, parfois jusqu’aux larmes, par le spectacle rarissime qui a défilé sous leurs regards ébahis lundi après-midi.
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Dans la région, «l’épicentre» de cet événement historique se trouvait du côté de Saint-Georges, en Beauce, où une foule de plus de 10 000 personnes équipées de lunettes réglementaires a pu assister à l’éclipse totale depuis une zone d’observation mise en place dans le stationnement du Carrefour Saint-Georges.

«Le déplacement en valait la peine. Une heure de route ce n'est rien pour voir ce spectacle-là. C'est comme un rêve!» s’émerveille Michel Groulx, de Québec.

«Ça commence à ressembler au signal de Batman!» lance une mère à son jeune fils assis au sol pour l’intéresser au phénomène qu’il ne reverra probablement pas de son vivant alors qu’il ne reste qu’un tout petit croissant du Soleil derrière la Lune.
Les derniers rayons qui étaient visibles avant 15h26 ont laissé place à l’excitation et aux larmes de joie lorsque la pénombre s’est installée l’espace de quelques minutes. Des applaudissements et des cris de stupéfaction ont résonné devant ce spectacle «magique» et plus grand que nature.
«C'était unique et magistral, il fallait être là», exulte Frédéric Morel, qui a fait la route depuis Saguenay pour cette chance d’une vie.

D’autres rassemblements majeurs ont eu lieu plus au sud-ouest de la province, comme en Estrie ou à Montréal. L’éclipse totale a duré plus de trois minutes à certains endroits. Dans la métropole, plus de 100 000 personnes ont pris place au parc Jean-Drapeau pour prendre part à la fête qui a attiré les foules de partout dans le monde.

La «folie furieuse» à Québec
Du côté de la Vieille Capitale, des milliers d’astronomes en herbe s’étaient donné rendez-vous dans différents endroits accessibles au public. Des observateurs rencontrés sur le stationnement du centre commercial Fleur de Lys ne s’attendaient pas à telle ruée.
«C’est la folie furieuse, constate André Thériault aux côtés de sa femme, Pauline. On avait prévu aller voir ça en Beauce, mais quand on a entendu à la radio qu’il y avait un trafic épouvantable, on a viré de bord et on est venu ici.»
- Écoutez l'entrevue avec Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) au micro d’Alexandre Dubé via QUB :
Le campus de Québec de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) avait préparé une grande «fête de l’éclipse» devant le centre d’achat.
La professeure du Département des sciences de l’éducation Audrey Groleau a avoué qu’elle ne «s’attendait pas à un tel achalandage» devant une file d’attente qui s’étirait sur plusieurs centaines de mètres pour mettre la main sur des lunettes d’observation.

Contrairement à la Beauce, Québec n’a pas eu le droit à une disparition totale du Soleil derrière la Lune. Malgré tout, la foule massée à Fleur de Lys et celle qui prenait place au sommet du cégep Limoilou ont «vécu un moment inoubliable», ponctué de «wow» et de «oh my god» qui leur échappaient çà et là.
Roxane Léveillée, une étudiante en langues vêtue d’un t-shirt de la NASA pour l’occasion, s’est dite surprise de l’obscurité entraînée par l’éclipse qui était à 98,66% sur le toit du cégep.

«J’étais fébrile, c’est un once in a lifetime, souligne-t-elle. Je croyais que le ciel resterait plus clair que ça».
«C’est le plus beau jour de ma vie!»
Que ce soit avec leurs parents ou à l’école, des enfants ont passé par toute une gamme d’émotions et ont poussé de grands cris en regardant le ciel à travers leurs lunettes protectrices.

«C’est le plus beau jour de ma vie!» s’exclame Azel, six ans, avec un grand sourire.
«Je trouve ça vraiment impressionnant, je ne pensais pas que ça allait m’intéresser autant», conclut Florence Chamberland, 8 ans, installée dans la cour de récréation de l’école primaire des Sentiers, à Saint-Apollinaire, sur la Rive-Sud de Québec.
-Avec la collaboration de Jean-Philippe Guilbault, Catherine Bouchard et Daphnée Dion-Viens
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