Ébranlé par la défaite en prolongation, Juraj Slafkovsky était en furie

Jonathan Bernier
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SEATTLE | Comme c’est souvent le cas après une défaite aussi amère, surtout en pleine course aux séries éliminatoires, les mines étaient basses dans le vestiaire du Tricolore.
«Ce soir, de la façon dont nous avons joué, je pense que sans [Jakub] Dobes, on n’aurait pas récolté un seul point», a sèchement lancé Patrik Laine, de retour au jeu après une absence de deux matchs.
Le Finlandais est bon joueur, car le gardien recrue a offert les deux premiers buts au Kraken en raison de sorties hasardeuses loin de son filet.
«Je suis en furie, a lancé Juraj Slafkovsky, le suivant à se présenter devant les médias. On avait besoin de cette victoire. On l’a échappée à la toute fin.»
Il faut dire que les troupiers de Martin St-Louis devaient encore être ébranlés par ce qui venait de se passer. Après avoir vu le Kraken combler un écart de deux buts en fin de troisième période, ils ont à peine cligné des yeux que la prolongation était terminée.
Quatre secondes. C’est ce qu’il a fallu à Brandon Montour pour sceller l’issue du match. Le défenseur du Kraken a volé le départ, dès la mise en jeu initiale, laissant Lane Hutson penaud derrière lui.

«C’était assurément un jeu préparé. Il a bougé avant que la rondelle soit déposée. J’étais déjà hors course parce qu’il avait déjà décollé, a raconté le défenseur du Canadien, première recrue à récolter 50 points cette saison dans la LNH. C’est à moi d’être prêt.»
Une analyse avec laquelle son entraîneur-chef était bien d’accord.
«Si le gars triche, tu dois tricher aussi. Sinon, tu joues avec le feu. C’est un apprentissage pour un jeune joueur», a-t-il déclaré.
Quatre points sur huit
Le Canadien rentre donc à Montréal, aujourd’hui, après avoir récolté quatre points sur une possibilité de huit. En temps normal, on parlerait d’un voyage réussi. Mais dans la situation actuelle où chaque point est important, est-ce satisfaisant?
Tout dépend de la personne à qui on pose la question.
«Ce n’est définitivement pas assez. On aurait pu en avoir plus. On n’aurait pu en avoir six, peut-être même huit. Quatre... a laissé tomber Slafkovsky. On doit gagner samedi [lors de la visite Panthers]. On doit gagner pas mal tous les matchs d’ici la fin de la saison.»
Encore une fois, l’attaquant slovaque parle avec la fougue d’un jeune de 20 ans. À cet âge, on a parfois le nez trop collé sur l’arbre pour voir la forêt.
Son entraîneur, quant à lui, semblait poser un regard plus positif sur ce périple de quatre rencontres.
«Ce n’est pas facile d’aller gagner sur les patinoires adverses à ce temps-ci de l’année. Quatre points sur huit, contre Vancouver, Edmonton et Calgary, qui se battent également pour une place en séries, et contre Seattle, une équipe énergique, ce n’est pas un échec», a soutenu St-Louis.
Le pilote du Canadien soutient que c’est la façon dont l’équipe joue qui rend ce voyage satisfaisant et rassurant.
«On a perdu deux de ces matchs en prolongation. L’autre, c’est une défaite de 1 à 0. Si on avait ramassé quatre points sans jouer le genre de hockey qu’on joue présentement, je serais plus nerveux», a-t-il indiqué.
«Je trouve qu’on se donne une chance à tous les matchs. Il n’y avait rien de parfait ce soir, mais on a trouvé une façon d’aller chercher un point», a-t-il poursuivi.
Samedi, idéalement, il faudrait trouver une façon d’aller en chercher deux.
*Hutson est devenu le quatrième défenseur recrue à récolter au moins 50 points en une saison depuis 1993-1994. Les autres sont Moritz Seider (50 en 2021-2022), Quinn Hughes (53 en 2019-2020) et Cale Makar (50 en 2019-2020).