Ebola: portrait d’un virus tueur

AFP
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Malgré quelques arrivées de vaccins et traitements ces dernières années, le virus Ebola, au cœur d’une nouvelle épidémie en République démocratique du Congo, et à l’origine d’un décès en Ouganda, demeure un tueur redoutable pour l’être humain, avec plus de 15 000 morts de cette fièvre hémorragique depuis 50 ans en Afrique.
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D’où vient le virus ?
Le virus Ebola — dont le nom scientifique est Orthoebolavirus zairense — est identifié pour la première fois en 1976 en République démocratique du Congo (RDC, à l’époque Zaïre). Ce virus de la famille des filoviridae (filovirus) doit son nom à une rivière du nord du pays, près de laquelle la première épidémie a éclaté.
Six « sous-types » distincts ont depuis été répertoriés : Zaïre, Soudan, Bundibugyo, Reston, Forêt de Taï et Bombali. La souche Zaïre est à l’origine de l’immense majorité des cas depuis 2014.
Comment se transmet-il ?
Le virus circule parmi les chauves-souris mangeuses de fruits, considérées comme l’hôte naturel d’Ebola et qui ne développent pas la maladie.
D’autres mammifères, comme les grands singes, les antilopes ou les porcs-épics, peuvent le véhiculer puis le transmettre à l’humain.
Lors d’une épidémie, Ebola se transmet entre humains par contacts directs et étroits. Une personne saine est contaminée par les fluides corporels d’un malade : sang, vomissures, matières fécales...
Les rites funéraires, avec un contact direct avec la dépouille d’un malade, peuvent jouer sur la transmission.
Comme ce virus ne se transmet pas par voie aérienne, Ebola est moins contagieux que de nombreuses maladies virales.
Mais il est redoutable par son taux de létalité très élevé : entre 40 % et 70 % par exemple pour les épidémies les plus récentes en RDC, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
D’après une étude publiée en 2021 dans la revue Nature, le virus pourrait rester dormant dans l’organisme de survivants, se réveiller des années plus tard et déclencher de nouvelles flambées.
Quels symptômes ?
Après 2 à 21 jours d’incubation, Ebola se manifeste par une brusque fièvre, avec une faiblesse intense, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête et de gorge.
Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d’éruptions cutanées, d’une atteinte rénale et hépatique et parfois d’hémorragies internes et externes.
Des séquelles sont fréquemment observées chez les survivants : arthrite, problèmes de vue, inflammation de l’œil et troubles auditifs.
Vaccins, traitements
Seule la version « Zaïre » du virus compte deux vaccins validés — Ervebo de Merck et Zabdeno de Johnson & Johnson.
Contre la version « Soudan », pour laquelle n’existe ni traitement ni vaccin approuvé, trois candidats-vaccins sont testés depuis fin 2022-début 2023 en Ouganda, après feu vert de l’OMS. Et il n’existe pas de vaccin contre les deux autres versions, plus rares.
Deux anticorps monoclonaux, qui réduisent fortement les risques de décès pour les malades et nouveau-nés des mères malades, sont aussi disponibles contre la souche Zaïre.
Dans tous les cas, des traitements des symptômes (réanimation, réhydratation, transfusion...) sont fortement recommandés.
La pire épidémie (2013-2016)
Partie du sud de la Guinée en décembre 2013, l’épidémie la plus violente de l’histoire d’Ebola a frappé l’Afrique de l’Ouest jusqu’en 2016.
Elle a coûté la vie à plus de 11 300 personnes sur près de 29 000 cas enregistrés, essentiellement au Liberia, Sierra Leone et Guinée. L’OMS a déclaré l’épidémie terminée en mars 2016.
Nombreuses flambées en RDC
La RDC, vaste pays d’Afrique centrale de plus de 100 millions d’habitants, a connu plus d’une quinzaine de flambées épidémiques depuis 1976, faisant plus de 3000 morts au total, selon des chiffres de l’OMS.
L’épidémie d’Ebola la plus meurtrière y a fait près de 2300 morts pour 3500 malades entre 2018 et 2020. Le dernier épisode jusqu’alors dans le pays, déclaré en août 2025, a causé au moins 34 morts.
Si le pays a une grande expérience dans la gestion d’Ebola, la riposte à une épidémie est souvent un défi. La province de l’Ituri, où a éclaté la nouvelle épidémie, connaît ainsi d’importants mouvements de population liés à l’activité aurifère et l’accès à certaines zones, en proie à des violences menées par une myriade de groupes armés, est difficile pour des raisons sécuritaires.