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Duhaime adopterait une loi sur le plafonnement des dépenses

Un expert considère que ce genre de mesure manque de flexibilité

Le chef du PCQ, Éric Duhaime
Le chef du PCQ, Éric Duhaime Photo Agence QMI, Gabriel Côté

Gabriel Côté

2022-09-08T16:58:49Z
2022-09-08T18:56:08Z

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MONTRÉAL | S’ils prennent le pouvoir, les conservateurs adopteront une loi obligeant le gouvernement à trouver un dollar d’économie pour chaque dollar dépensé, une mesure qui manque de souplesse aux yeux d’un économiste. 

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La loi que propose Éric Duhaime limiterait les dépenses en exigeant du gouvernement qu’il trouve des fonds pour de nouvelles mesures dans les budgets existants plutôt que d’augmenter la dette et les impôts, à l’instar d’une mesure mise de l’avant par le candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre.  

Le chef conservateur en a fait l’annonce jeudi au Palais des congrès de Montréal, dans une allocution devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. 

Photo Gabriel Côté
Photo Gabriel Côté

Cette loi exempterait le financement dans les situations d’urgence et les augmentations budgétaires déjà prévues. «Mais les nouvelles mesures de dépenses qui n’ont pas été budgétées, elles vont nécessiter des économies correspondantes ailleurs dans notre budget.»   

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Éric Duhaime estime qu’une telle loi enverrait un bon signal dans le contexte de la hausse du coût de la vie. «Le gouvernement donnerait l’exemple, il se serrerait la ceinture [...]. Les taux d’intérêt ont augmenté, les Québécois vont devoir se serrer la ceinture, eux aussi. 

Photo Gabriel Côté
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Un tel contrôle des dépenses de l’État permettrait au Québec de revenir rapidement à l’équilibre budgétaire, croit le chef conservateur, qui n’a toutefois pas précisé en combien de temps il penserait être en mesure d’y arriver.  

Un gouvernement du Parti conservateur du Québec s’engagerait également dans un vaste chantier visant à réduire la bureaucratie. «Les PME croulent sous une masse de réglementation qui les étouffe et qui nuit à l’économie, a déploré Éric Duhaime. Ce chantier analyserait le rapport coûts-bénéfices des réglementations et éliminerait celles qui nuisent sans apporter de bénéfices tangibles.» 

«On veut réduire la bureaucratie et permettre l’éclosion de plus de concurrence pour le bénéfice des consommateurs», a-t-il poursuivi.  

Manque de souplesse 

Selon certains économistes, les mesures visant à fixer toute augmentation des dépenses gouvernementales ont souvent le défaut de manquer de flexibilité. 

«Ce qui compte, ce ne sont pas tant les dépenses du gouvernement en termes de dollars, estime Florian Mayneris, professeur au Département des sciences économiques de l’UQAM. Il vaudrait mieux dire que les dépenses gouvernementales ne devraient pas dépasser plus qu’une certaine proportion du PIB.» 

C’est que le gouvernement doit se garder de la marge de manœuvre pour dépenser en cas de besoin, par exemple pour des situations d’urgence, comme le prévoit la proposition des conservateurs, ou encore pour la réalisation de projets d’infrastructures. La question de savoir ce que ferait le gouvernement en situation de surplus budgétaire se pose également, selon M. Mayneris. 

«Pourquoi forcer toujours le gouvernement à économiser et à réduire la dette? Si demain la croissance au Québec est importante et que l’État a plus de revenus, pourquoi ne pourrait-il pas dépenser une partie de ces revenus supplémentaires pour offrir de meilleurs services aux citoyens?» s’interroge-t-il. 

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