Du pain sur la planche pour la défensive du Rouge et Or, qui a accordé plus de 800 verges lors des deux dernières parties


Richard Boutin
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Dominante lors des cinq premières parties, la défensive du Rouge et Or de l’Université Laval en a eu plein les bras au cours des deux dernières semaines, face à deux des meilleurs quarts-arrières au pays.
Dans une défaite de 32 à 31 en prolongation face aux Carabins de l’Université de Montréal, le 12 octobre, Jonathan Sénécal a récolté 375 verges par la passe pour un total de 437 pour les Bleus.
Dimanche dernier, dans une victoire de 30 à 17, Éloa Latendresse-Regimbald a récolté 187 verges en 23 courses et les Redbirds de McGill ont terminé le match avec un total de 475 verges.
«Nous avons affronté deux très bons quarts-arrières, deux bons athlètes en pleine possession de leurs moyens et ils nous ont fait mal paraître, a résumé le coordonnateur défensif Marc Fortier. Contre McGill, on arrivait hors contrôle, on ratait des plaqués et le quart-arrière brisait les angles de poursuite.»
Pression à six joueurs
Le Rouge et Or a exercé de la pression à six joueurs et réussi huit sacs, mais Fortier ne voulait pas abuser de cette stratégie.
«La pression à six, ça allait bien, mais tu ne peux pas faire ça à tous les jeux sinon ça exerce une pression supplémentaire en couverture, a expliqué Fortier. Il faut réussir à mettre de la pression à quatre ou cinq joueurs et à contenir le quart-arrière dans la pochette.»
«Notre performance est inquiétante»
La situation est-elle préoccupante à l’aube des éliminatoires? «Notre performance défensive dans les deux dernières parties est inquiétante, a convenu Fortier, et nous sommes conscients qu’on doit faire un meilleur travail, mais on mise sur de bons joueurs et de bons athlètes. Il faut aussi remettre les choses dans leur perspective. Le quart-arrière de McGill est le meilleur porteur de ballon du RSEQ et nous ne sommes pas les seuls qui ont donné des verges. Quant aux Carabins, ils ont l’une des meilleures offensives au pays.»
«Ça serait utopique de croire qu’on peut les limiter en bas de 200 verges par la passe à chaque match, de poursuivre l’ancien demi défensif étoile des Stingers de Concordia. Il y a toutefois un milieu entre 200 et 475 verges. Dans la NCAA, on voit des gros programmes remporter des parties par des scores de 48-45. Ce n’est pas ce qu’on vise, mais c’est une réalité.»
Latendresse-Regimbald a cassé les chevilles à quelques joueurs qui s’amenaient pour le plaquer à champ ouvert. Le secondeur intérieur Justin Cloutier n’a pas connu son meilleur match.
«Ce ne fut pas l’histoire d’un seul joueur, a assuré Fortier. Éloa est difficile à arrêter quand il arrive à pleine vitesse. Tu peux seulement réussir à lui faire changer de direction et espérer qu’il y ait un autre joueur en poursuite. C’est un joueur spécial et il a cassé les chevilles à plusieurs adversaires.»
Les jeux parfaits de l’adversaire ne tracassent pas Fortier. «Notre travail est de forcer nos adversaires à réussir des jeux parfaits, a résumé le coordonnateur défensif lavallois. Chapeau s’ils réussissent. Ils vont faire des jeux, mais il faut que le jeu arrête après la réception de huit verges. Il ne faut pas que le jeu se transforme en un gain plus long et on doit réussir le plaqué.»
Des joueurs de ligne à bout de souffle
La défensive du Rouge et Or a passé plus de 40 minutes sur le terrain. Les joueurs de ligne défensive, à l’issue de la rencontre, n’ont pas caché qu’ils étaient à bout de souffle après avoir passé l'après-midi aux trousses du pivot des Redbirds. «75 jeux défensifs, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu ça, a souligné Fortier. Ce fut un marathon de correction. Je suis conscient que ce fut difficile pour les joueurs de ligne, mais c’est leur travail. C’est pourquoi on court l’été. Je comprends, mais je n'ai pas de pitié.»
De son côté, le Rouge et Or n’a obtenu que 39 jeux offensifs.