Du hockey dans l'Himalaya : un couple de Québécois en mission pour réaliser le rêve d’un jeune Indien décédé


Marc-Antoine Malo
Partager
Le rêve d’un jeune Indien d’amener le hockey dans une région reculée de son pays perdure après sa mort prématurée grâce à un couple de Québécois qui s’est engagé à y transporter de l’équipement dans quelques semaines.
«C’est une aventure. On se lance dans quelque chose de spécial», a lancé en entrevue Guy Desautels, un résident de Bromont qui a été très touché par le récit d’un proche.
• À lire aussi: Complices depuis le junior majeur: l’artiste des masques de Marc-André Fleury dit au revoir à son meilleur client
L’homme de 67 ans a effectué de nombreux voyages en Asie durant sa vie, notamment en compagnie de son bon ami Marcel Poulin. Le fils de la compagne de ce dernier, Jigmet Namgial, a commencé à faire pratiquer aux habitants du Ladakh le hockey sur glace, mais la vie ne lui a pas donné de chance.
«Ce garçon [de 23 ans] est décédé en 2021 d’une maladie orpheline, c’est-à-dire une maladie pour laquelle il n’y a pas de médication. Tashi et Marcel sont revenus au Québec dans le coin de Bromont et elle nous a parlé du projet de son fils d’amener le hockey au Ladakh. Ma conjointe Brigitte et moi avons repris la balle au bond», a expliqué M. Desautels.

Ainsi, le retraité du domaine de l’approvisionnement s’est lancé à la recherche d’équipement de hockey en 2023. Son objectif: s’assurer que les jeunes du Ladakh puissent apprendre ce sport, et ce, en toute sécurité.
«Je quitte [à la mi-septembre] avec un équipement de gardien complet, beaucoup de chandails, des bas... J’ai une quarantaine de paires de patins, plus d’une trentaine de bâtons, a-t-il énuméré. [...] Actuellement, on a à peu près 160 kilos d’équipement de hockey qui partiront vers l’Inde [à la mi-septembre].»
Un climat qui s’y prête
Contrairement à la majorité du territoire de l’Inde, le Ladakh est propice à la pratique du hockey. Il est situé dans la partie la plus au nord du pays, dans la chaîne de montagnes de l’Himalaya, à 200 kilomètres du K2, le deuxième plus haut sommet de la planète.
La capitale de cette région qu’on surnomme le «Petit Tibet», Leh, est à 3800 m d’altitude. En hiver dans ces terres au panorama enchanteur, il fait des températures similaires à celles du Québec.

«Il n’y a pas de patinoire intérieure. Les jeunes jouent sur les étangs d’eau gelés durant l’hiver. L’idée, c’est juste de les aider à s’amuser. Il n’y a pas beaucoup d’activités sportives pendant la période hivernale parce qu’il fait très, très froid et qu’il n’y a pas de neige», a indiqué M. Desautels.

La table est mise, mais comment déplacer ce qui sera à terme près de 200 kg de matériel en tout genre? Il faudra tout livrer par cargo, ce qui sera un vrai défi.
«C’est la raison pour laquelle nous avons lancé un GoFundMe, parce que ça va coûter autour de 3000 $. [Il faut] transporter l’équipement par avion de Montréal à New Delhi, en Inde. Il y a peut-être des frais de douane que nous ne connaissons pas encore. De là, l’équipement va être acheminé au Ladakh par voie terrestre. C’est pas loin de trois jours de transport et il va falloir payer pour ça», a lancé l’homme qui a été guide touristique en Asie durant les années 1980.
«Tout l’argent amassé va au transport, mais s’il en reste, on achètera de l’équipement additionnel», a-t-il ajouté.
Toute aide est la bienvenue
Guy et Brigitte comptent ainsi sur la générosité des gens pour financer cet admirable projet. Ils ont notamment reçu un don du réalisateur Ricardo Trogi, pour qui le Bromontois a préparé la venue au Népal l’automne dernier à l’occasion du tournage de 1995.
Un autre allié de taille est le joueur du Wild du Minnesota Frédérick Gaudreau, qui a entre autres accepté de donner des patins et des gants.

«Fred est un p’tit gars de Bromont qui est allé à l’école avec mes enfants. Via un ami, on l’a sollicité à participer au projet. Il l’appuie au maximum et il a été très généreux de son temps», a mentionné M. Desautels.
Des associations de hockey mineur, des écoles secondaires et des magasins d’arénas du coin ont ajouté leur grain de sel en fournissant de l’équipement usagé. Le sexagénaire, lui, s’occupera de redistribuer le matériel dans les petits villages du Ladakh et montrera aux jeunes les rudiments du hockey.

«Il n’y a pas de ligues organisées. Ils s’arrangent avec les moyens du bord. Ils font comme nous en séparant les bâtons au milieu et ils se font des équipes», a évoqué Guy Desautels avec une pointe de nostalgie.
Pour contribuer au GoFundMe : https://www.gofundme.com/f/equipements-de-hockey-usages-pour-les-jeunes-au-ladakh?qid=392925388f4765a6e4843939f8a2d4c5