Du désastre au succès: l’histoire bizarre du hockey en Caroline
Ça fait 35 ans que le hockey est débarqué à Raleigh


Jean-Nicolas Blanchet
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RALEIGH | À quelques centaines de mètres de l’aréna des Hurricanes, c’est le Dorton Arena, un immense amphithéâtre vitré. C’est là qu’est né le hockey en Caroline. Et c’était épouvantable.
Après l’entraînement des Hurricanes, mercredi matin. J’ai marché vers cet aréna construit en 1952. Il est entouré d’un genre de parc d’attractions temporaire.
J’ai fait la marche. Je suis passé à côté du magnifique stade de football de l’Université North Carolina State, voisin de l’aréna des Hurricanes. Puis à côté du stade d’entraînement, qui est aussi superbe. J’avais le goût de demander à quelqu’un de me lancer un frisbee.

Il faisait 100 degrés. Je marchais à travers les stationnements. Effectivement, je me demandais pas mal ce que le hockey venait faire ici.
Dès 1991
Pour qu’il m’en parle, j’ai contacté Jim Powers. Lui, c’est un peu le monsieur hockey en Caroline. Natif du Massachusetts, il est arrivé à Raleigh en 1991, quand une première ligue de hockey professionnel s’est implantée. C’était la East Coast Hockey League, donc le niveau des Lions de Trois-Rivières. Ils étaient alors affiliés aux Maple Leafs.
Powers était un des meilleurs de l’équipe et est rapidement tombé amoureux de la région.
Au début, il jouait à ce fameux Dorton Arena, tout vitré. C’était épique.

Il se passait quoi, en avril et en mai, avec autant de vitres ?
Power part à rire. « C’était très intéressant, dit-il. En séries, il faisait tellement chaud que la glace devenait toute molle. Lors des arrêts de jeu, il fallait aller patiner pour enlever tout le brouillard qu’il y avait sur la glace », explique-t-il.

Néanmoins, la réponse des partisans a été excellente. « Il fallait éduquer. Les gens ne connaissaient pas vraiment ça. On était nouveau. Mais ils venaient manger deux hot-dogs, prendre une bière et voir des batailles. »
Les bagarres
Ça le consternait, d’ailleurs. Il se rappelle qu’après un match incroyable en séries, son club avait gagné 2 à 1. Il était allé rencontrer des partisans après le match et on lui disait que ç’avait été plutôt plate parce qu’il y avait seulement eu une bagarre.
Mais les temps ont bien changé, de dire Powers. Tout ça date effectivement de 35 ans.
« J’ai été ici depuis le début du hockey pratiquement. À l’époque, on ne pouvait pas dire que c’était un marché de hockey. Là, c’est devenu un super marché de hockey », poursuit-il.

Il y avait à peine 200 joueurs de hockey amateur ou mineur en Caroline quand Jim Powers est arrivé. Il y a maintenant six arénas dans la région et 8700 joueurs.
Des joueurs natifs d’ici commencent à faire carrière dans le hockey.
Oui, l’aréna est en plein milieu de nulle part. Mais c’est ainsi ici. Les transports en commun, c’est d’embarquer dans la voiture de quelqu’un. Jeudi, les stationnements du Lenovo Center vont se remplir et tout le monde va sortir son barbecue.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission d’Isabelle Maréchal, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Différent, mais unique
C’est bien différent d’une ambiance en plein centre-ville à Montréal, mais c’est un accommodement raisonnable fantastique pour adapter les traditions chéries du football, ici, à une équipe de hockey de la LNH. J’ai hâte d’aller voir ça et de vous raconter ça.
Tout ça, à côté de Raleigh, qui est une des villes américaines qui grandissent le plus vite, avec une économie technologique en explosion et une population jeune.
Il faut se rappeler que tout a failli éclater à la fin des années 90. Les Hurricanes sont arrivés en 1998, mais l’aréna n’était pas prêt. Ils ont donc dû jouer à 150 km de Raleigh, à Greensboro. Il y avait souvent des foules de moins de 5000 personnes. L’arrivée du hockey en Caroline était qualifiée de catastrophe. Il a fallu le nouvel aréna, une équipe qui se rend en finale en 2002 et qui remporte la coupe en 2006. Et tout était beau.